• Le Quotidien > 
  • Arts 
  • > Exposition Une vie, un regard, au CNE : rencontre degénérations 

Exposition Une vie, un regard, au CNE : rencontre degénérations

Anick Fortin a choisi de photographier Yvette, une... (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Anick Fortin a choisi de photographier Yvette, une mésange à la main. La rencontre entre les deux femmes a inspiré la photographe. Après des années de dévouement et des épuisements, Yvette a confié avoir choisi de prendre soin d'elle. Elle se sent maintenant libre. Comme les mésanges à sa fenêtre, elle a des ailes.

Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Tristesse, bonheur, préoccupation, sérénité, rêve. La vie en images, captées par de jeunes photographes, au moment où l'heure du bilan a sonné pour leurs sujets. Voilà ce que propose Une vie, un regard, exposition présentée dans l'Espace Hall du Centre national d'exposition de Jonquière.

La photographe Karyne Gagné a été transformée par... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 1.0

Agrandir

La photographe Karyne Gagné a été transformée par le projet « Une vie, un regard ».

Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Cinq photographes de la relève âgés entre 25 et 35 ans ont capté en un cliché le témoignage d'une vie, livré par des aînés âgés entre 75 et 104 ans. Ils partagent avec le public le fruit d'une rencontre en images et en mots.

L'objectif premier du projet signé Jim&Jane productions consistait à créer des liens intergérationnels. Ainsi, les photographes Karyne Gagné, Marylin Bouchard, Jean-Michel Décoste, Simon Émond-Doyle et Anick Fortin ont rencontré des aînés de la Maison d'Un Nouvel Élan de Kénogami. Une première rencontre a d'abord été organisée. C'était l'occasion de créer un premier contact avec Marie-Anna, Marie-Louise, Yvette, Rita et Thérèse. Quelque temps plus tard, au cours d'une même journée, chaque photographe a passé 45 minutes avec chacun des sujets. En lui ouvrant la porte de sa résidence, l'aîné le laissait entrer dans son intimité. Le résultat parle de lui-même. Les générations se sont rencontrées.

En cinq clichés, le visiteur du CNE tente de deviner le sujet. En cinq textes, il le découvre, par parcelles.

Avec un même sujet, les propos et les perceptions varient, d'un photographe à un autre. La relation qui a pu être établie entre chaque aîné et chaque photographe diffère. On le perçoit facilement.

Certaines rencontres ont mené à des confidences livrées sans retenue. D'autres sont demeurées plus en surface.

Le portrait d'ensemble permet de voir se détacher la personnalité des sujets, mais aussi celle des photographes. Par la lumière, la couleur, le choix du plan, on sent l'identité de chacun.

Certaines photos sont émouvantes. C'est le cas du portrait de Marie-Anna, 86 ans, capté par Anick Fortin. La dame, dont les parents sont décédés lorsqu'elle était enfant, tient entre ses mains un livre résumant sa vie. Elle confie l'importance de l'une de ses pages. Celle contenant la lettre laissée par son père malade avant sa mort.

D'autres fascinent par leur lumière ou le bonheur qui se dégage d'un sourire. La perte d'un enfant, le besoin de liberté, l'amour sous toutes ses formes. Les grandes peines et les grandes joies, mais aussi les plus petites, les espoirs, les déceptions...

Sur un des murs, une seule photo présente Marie-Louise. C'est la rencontre de groupe organisée en début de projet qui a permis d'obtenir un cliché de Marie-Louise. La dame âgée de 104 ans s'est éteinte en cours de projet. Aucun des photographes n'aura eu le temps de lui rendre visite. Elle avait pourtant promis aux participants de leur livrer son secret de longévité. Elle se sera envolée avec lui.

«On s'est demandé si on devait ajouter une autre personne. Finalement, Stéphanie Gagné, initiatrice de la démarche artistique, a jugé que non, justement, le projet nous avait placés en face de la fragilité de la vie. Ce choix vient renforcer l'idée de l'exposition. C'était le bon choix», estime Karyne Gagné, photographe participante, qui affirme avoir été transformée par le projet.

«Ces rencontres ont été exceptionnelles, nous ont permis de voir ces femmes pas si différentes de nous. On a souvent l'impression qu'un ravin nous sépare de la vieillesse, mais c'est tout proche finalement.»

La démarche fait l'objet d'un documentaire de 15 minutes qu'il est possible de visionner sur place.

L'exposition est présentée jusqu'au 28 avril.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer