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Gretel & Hansel: une vieille histoire qui demeure actuelle

Gretel & Hansel évoque les tensions qui parasitent... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Gretel & Hansel évoque les tensions qui parasitent la relation entre une fillette et son frère cadet, une histoire parfois terrifiante et parfois belle que les comédiens Catherine Dajczman et Jean-Philip Desbien relateront une nouvelle fois samedi à 13h 30, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Daniel Coté
Le Quotidien

Les classiques, c'est comme les clichés. Ils ont l'air de débiter des évidences, des vérités cent fois entendues, mais c'est justement ce qui leur permet de s'incruster dans la mémoire collective. Ainsi en est-il de l'histoire de Hansel et Gretel, dont une nouvelle version est articulée dans la pièce pour enfants Gretel & Hansel.

Cette création du Carrousel, du Théâtre du Vieux-Terrebonne, de Muni-Spec et du Théâtre Scène Nationale de Narbonne a été présentée vendredi, devant plus de 300 enfants rassemblés à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. En plus de cette séance réservée aux écoles, un second rendez-vous, accessible au grand public, aura lieu samedi à 13h 30.

Le titre donne la couleur du spectacle. Gretel, la grande soeur, est nommée en premier afin d'illustrer son ras-le-bol face au frérot. Celui-ci est bien gentil, mais son arrivée a perturbé le monde soyeux et prévisible dans lequel l'aînée évoluait dans un état proche de la félicité.

Dès l'accouchement, les cris du bébé ont énervé Gretel. Pire encore, elle n'a pas eu droit à sa ration de soupe, un plaisir que la comédienne Catherine Dajczman évoque en déployant des trésors de volupté. La pièce est destinée aux enfants âgés de six ans et plus, mais on pourrait utiliser le même ton pour exprimer des désirs de grandes personnes.

Évoluant dans un décor formé de chaises hautes, lesquelles sont manipulées pour recréer une forêt, ainsi que la maison d'une sorcière, le duo complété par Jean-Philip Desbien reproduit une dynamique familière: Gretel voit son frère comme un intrus, refusant même de l'appeler par son nom. Lui ne comprend pas et se contente de subir.

Elle déroule le fil de leur courte vie jusqu'au moment où, pour une raison qui n'est pas claire, leurs parents les abandonnent en forêt, à la merci des loups qui hantent le secteur. C'est là que l'histoire devient terrifiante et combien actuelle.

On ressent l'effroi des enfants. Ils se sentent abandonnés et réalisent que leur sort tient à un fil, une situation dont l'actualité est si prodigue. Imaginez-les sur une coquille de noix flottant vers l'Europe, ou encore dans les rues d'un bidonville, tremblant à l'idée que des prédateurs sont maîtres de leur destin. C'est la même affaire.

Les effets visuels se résumant à la manipulation des chaises hautes, ainsi qu'à des jeux d'éclairage, c'est par le verbe que cette histoire est racontée. Parfois, vendredi, on a perdu des mots, des bouts de phrases, surtout quand les petits spectateurs se mettaient à gigoter, mais ce ne fut pas suffisant pour briser la magie.

Ainsi, quand la sorcière a voulu faire rôtir Hansel et que Gretel s'est demandé qui elle pousserait dans le four, son frère ou la vieille femme, on a senti une réelle tension. C'est le moment où le spectacle a basculé du côté de la bonté, de la compréhension et du bonheur retrouvé, preuve qu'on n'est jamais trop jeune pour savourer un «happy end».

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