De DJ à JukeBoxEnLigne.com

Jean Sasseville a exercé le métier de disc-jockey... (Photo courtoisie)

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Jean Sasseville a exercé le métier de disc-jockey au sortir de l'enfance, à Roberval.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Il est loin, le temps où Jean Sasseville faisait le disc-jockey à Roberval. Il était âgé de 12 ans lors de ses premières expériences à la polyvalente locale, ainsi qu'au café chrétien, mais d'une certaine manière, cette activité demeure présente dans sa vie par le truchement de JukeBoxEnLigne.com.

Cette entreprise est née il y a une dizaine d'années et jusqu'à tout récemment, il s'agissait d'un hobby. Tout en faisant carrière à la radio, le Jeannois avait investi 5000$ dans ce projet qui, pour l'essentiel, consistait à offrir de la musique d'ambiance adaptée aux besoins des commerces.

«Au fil du temps, j'ai injecté 300 000$ là-dedans et la firme qui vient d'évaluer mon site dit que sa valeur dépasse aujourd'hui le million$», a raconté Jean Sasseville mercredi, à la faveur d'une entrevue téléphonique accordée au Progrès-Dimanche.

Établi à Beauport, JukeBoxEnLigne.com amorce une phase de développement qui coïncide avec l'engagement du fondateur à temps plein. Il a quitté le monde de la radio afin de veiller plus étroitement aux destinées de l'entreprise, laquelle se sent d'attaque pour augmenter ses parts de marché.

«Il y a cinq agences qui gèrent les droits d'auteurs au Canada et nous avons conclu des ententes avec chacune d'elles. Nous verserons 70% des revenus aux artistes, tandis que nos clients paieront moins cher. Je crois que plusieurs en profiteront pour cesser de fonctionner au noir», estime Jean Sassville.

Un marché à conquérir

Un autre atout de JukeBoxEnLigne.com tient à sa souplesse d'utilisation. Si un commerce possède un ordinateur, c'est suffisant pour faire entrer la musique. Comme le dit le nom de l'entreprise, tout se passe en ligne. «Installer du matériel, c'est dépassé», tranche le patron.

À l'échelle du pays, c'est le géant Stingray qui domine avec 77 000 clients. Comme il y a 150 000 clients potentiels, ça laisse une marge de croissance à JukeBoxEnLigne.com, qui ne fait pas mystère de ses ambitions. «Nous nous donnons cinq ans pour aller chercher 5000 abonnements», précise Jean Sasseville.

En plus des commerces, l'entreprise cible les bars, les discothèques, les restaurants, les centres d'entraînement et plein d'autres établissements. Ils ont le choix entre 200 radios proposant autant de cocktails musicaux dont la composition varie constamment.

«D'une journée à l'autre, le ton demeure le même, mais nous mélangeons les chansons. Ce que nous offrons est donc différent d'une ''playlist'' et si tel est le voeu du client, nous pouvons intégrer des publicités», fait valoir le Jeannois.

Pour mesurer le chemin parcouru depuis la polyvalente, il n'a qu'à écouter certains contenus offerts par JukeBoxEnLigne.com. «Nos ''playlists'' des années 1970 ressemblent à ce que je faisais jouer dans le temps», confirme Jean Sasseville d'un ton amusé.

Grandeurs et misères de la radio

Pendant 30 ans, Jean Sasseville a fait de la radio. Il a débuté dans la région, profitant des tribunes offertes par les stations CHRL de Roberval et CHOC FM de Jonquière, devenue CKAJ. Sa dernière fonction fut celle de morning-man pour le réseau COGECO, à Trois-Rivières. Le Jeannois l'a abandonnée pour se consacrer uniquement à son entreprise.

«J'étudiais en ATM au Cégep de Jonquière quand je suis entré à CHOC dans les années 1980. Moi et quelques amis, on avait vendu plein de cartes de membres en vue de l'assemblée générale annuelle. On avait tassé les granos», relate en riant l'homme de radio.

Il a le coeur moins léger en pensant à ce qu'est devenu son médium de prédilection. Les réseaux disposent de moyens de plus en plus limités pour couvrir l'actualité, ce qui finit par paraître en ondes. «Les journalistes sont surutilisés parce qu'on est en mode survie», constate Jean Sasseville.

Ce qui le désole tout autant, c'est la régression que laisse transparaître le contenu musical. Depuis la fin des années 1980, on a recours à une recette provenant des États-Unis, laquelle consiste à calibrer soigneusement le profil de chaque réseau.

«Moi-même, j'ai participé à l'implantation de ce système à Québec, à partir de 1988. Je travaillais alors à CHIC, une station qui est maintenant identifiée à Énergie. Ça avait été un projet le fun parce qu'on inventait quelque chose, alors qu'aujourd'hui, c'est tellement rodé que ça se fait tout seul», explique le Jeannois.

L'une des conséquences du formatage fut de rendre les réseaux frileux. Au lieu d'embaucher de grandes gueules à l'animation, des gens qui brassent vraiment, il est si commode de s'appuyer sur une formule procurant un contrôle absolu sur le contenu.

«Ces temps-ci, on sent un regain d'intérêt pour la radio parlée. Le problème, c'est que pour en faire, ça prend des gens de caractère au lieu du McDo que proposent les chaînes, cette façon de faire à laquelle j'ai consacré une partie de ma carrière», analyse Jean Sasseville.

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