Regard: l'oeil numérique... sur grand écran

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Les cinéphiles étaient impatients de vivre l'expérience de regarder un film sur un appareil mobile dans une salle de projection individuelle.

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Roger Blackburn
Le Quotidien

Les cinéphiles de Regard étaient impatients de vivre l'expérience de L'oeil numérique, vendredi, à la salle Murdock du Centre socioculturel de Chicoutimi, pour visionner les trois films courts réalisés avec des téléphones cellulaires. L'événement a toutefois été victime de son succès, car un trop grand nombre de téléchargements de l'application a fait sauter le réseau et l'expérience a dû se vivre sur le grand écran, finalement.

Les cinéphiles ont gagné au change, car les trois films à l'affiche ont touché le public avec une bonne qualité d'images et des scénarios très originaux. Pourtant, tout se déroulait rondement. La soixantaine de spectateurs s'étaient présentés avec leur appareil mobile et avaient chargé l'application. Le message publicitaire de Regard tournait en boucle sur l'écran des téléphones et tablettes avant que le décompte tombe à zéro.

Le temps que les spécialistes en informatique tentent de rétablir le contact réseau, l'animateur Philippe Belley en a profité pour passer en entrevue les cinéastes qui ont commenté leur expérience de tourner un film avec la seule contrainte d'utiliser un cellulaire en guise de caméra, un projet piloté par la Bande Sonimage.

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La soixantaine de spectateurs s'étaient présentés avec leur appareil mobile et avaient chargé l'application.

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Les trois films, de trois univers différents, auraient pu faire partie de la programmation officielle. Vous ne pourrez pas vous empêcher de tomber en amour avec Nicole, barmaid depuis 35 ans au bar Maxi M Mom de Chibougamau, un personnage que ne pourrait imaginer un film de fiction. Les réalisateurs Samuel Pinel-Roy et Paul-Henri Callens se sont offert un plaisir fou à tourner pendant cinq jours dans ce bar, le plus kitsch qui puisse exister, pour tourner La veilleuse.

«On a poussé les limites au bout, c'était du cellulaire dans le tapis. Les gens savaient qu'on faisait un film, on a placé des micros partout et on a gardé la naïveté du cellulaire dans notre approche», a fait valoir Samuel Pinel-Roy.

Les cinéastes se sont permis quelques audaces en se déplaçant avec le cellulaire ou encore en le plaçant dans le réfrigérateur à bière pour capter des images inédites de la barmaid. Le scénario, le personnage principal et les personnages secondaires nous font oublier totalement le cellulaire.

Dans son film En gros, le directeur photo Jean-Philippe Archibald est retourné dans la peau d'un réalisateur avec un mélange de fiction et de documentaire. «J'ai voulu utiliser la contrainte du cellulaire comme un avantage et faire un film que je n'aurais pas pu faire avec une caméra traditionnelle. J'ai donc tourné mon scénario dans des endroits où on ne peut pas le faire», explique celui qui a fait des images à l'intérieur des magasins Costco, Winners et à la SAQ. Les personnages jouent leur rôle parmi le public et les employés, un projet très réussi. L'auteur vous réserve de belles surprises dans cette histoire de couple qui vit un drame.

La directrice de la Bande Sonimage, Claudia Chabot,... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 3.0

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La directrice de la Bande Sonimage, Claudia Chabot, au centre, est entourée des cinéastes Jean-Philippe Archibald, Boran Richard, Samuel Pinel-Roy et Paul-Henri Callens

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

Pour ce qui est du film Rouge cendre de Boran Richard, il nous amène dans une enquête mystérieuse sur un incendie survenu il y a plus de 40 ans et qui avait détruit la maison qu'il a achetée à Saint-Félicien où il travaille comme professeur de cinéma au cégep.

«J'ai commencé par interroger les voisins pour en savoir plus long sur ce feu survenu dans les années 70 et mes deux voisins ont des versions complètement différentes. L'enquête m'a amené sur une piste folle», fait savoir celui qui joue le rôle principal dans son film. Le cellulaire fait aussi partie de l'univers de l'enquête, la tension y était.

Les organisateurs de ce projet et les cinéphiles n'auront pas pu vivre l'expérience de regarder des films dans une salle où chacun a son propre écran et voir la réaction des gens assis en face d'eux. «Ça fait partie du risque d'essayer de nouvelles technologies», se console Claudia Chabot, directrice de la Bande Sonimage qui est à l'origine de ce projet. Les liens pour visionner ces films seront disponibles sur le site de Sonimage dans les prochains jours.

Une foule de plus de 100 personnes ont... (Photo collaboration spéciale, Florence Boucher) - image 4.0

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Une foule de plus de 100 personnes ont profité du confort des bottes de foin pour regarder la programmation Short and sweet présenté à la place du citoyen.

Photo collaboration spéciale, Florence Boucher

Des cinéphiles emmitouflés et comblés

On dirait que l'écran de la Place du Citoyen à Chicoutimi a été construit spécialement pour les besoins du festival Regard qui présentait, vendredi, un premier programme en plein air. Plus d'une centaine de personnes ont profité du confort des balles de foin avec un bon chocolat chaud pour découvrir dix courts films accessibles qui ont été appréciés des cinéphiles emmitouflés dans leurs chauds vêtements d'hiver.

Films d'animation, d'humour, de dérision, de fiction, il y en avait pour tous les goûts. C'est l'équipe de Pimp ma cabane qui a ouvert la soirée de projection pour présenter en première mondiale un court film de six minutes de leur projet télévisuel tourné cet hiver sur les glaces de La Baie. Inspirée par l'émission Pimp mon garage de Canal Vie, l'équipe a réalisé cinq jours de tournage pour transformer complètement une petite cabane à pêche un peu négligée en un petit chalet chouettement décoré dans le village de cabanes à pêche.

Les images sont vraiment réussies, le concept de l'émission conserve tout son charme et traite d'un sujet très bien connu des gens d'ici. 

La responsable de la transformation, Jennifer Brassard, de Décoration Brassard, a adoré l'expérience. «Tous les fournisseurs et partenaires que j'ai contactés ont embarqué dans le projet dès le premier coup de fil. On est prêts à recommencer et des cabanes à pêche, il y en a partout dans le monde», laisse tomber la femme d'affaires.

«Nous avons présenté notre projet à un diffuseur. Ils nous ont contactés pour nous dire qu'ils avaient visionné notre matériel en moins d'une semaine. Généralement, le retour est beaucoup plus long. Ils veulent maintenant voir notre ouverture et jusqu'où nous sommes prêts à aller. Ce serait un beau concept à mettre de l'avant», a commenté Yohan Gasse.

L'instigateur du projet, le cinéaste Philippe Belley, se dit prêt à revivre l'expérience. «L'aventure a connu un intérêt immédiat chez la population et les réactions ont été spontanées sur les réseaux sociaux. On a hâte de voir la réaction des gens lors de la projection», a indiqué le cinéaste qui agissait également à titre d'animateur à la Place du Citoyen.

Ne chasse pas mes rêves

La projection de la Place du Citoyen était également l'occasion pour la réalisatrice Stéphanie Gagné de la firme Jim&Jane Productions de présenter aussi, en première mondiale, son premier court métrage Ne chasse pas mes rêves, mettant en vedette Richard Robitaille, Rose-Coralie Audet, Jean-Pierre Bergeron et Claude Robinson.

Le film est très attachant, il nous amène là où on ne croyait pas. Une jeune fille part à la chasse avec son père pour une sortie monoparentale, mais elle a un concours de chant qu'elle ne veut pas manquer durant la fin de semaine. Le père et la fille croisent deux drôles de chasseurs (Claude Robinson et Jean-Pierre Bergeron) laissant croire qu'il pousse d'étranges choses dans cette forêt. Le matin, le père se réveille, et sa fille a disparu.

La petite Rose-Coralie Audet perce l'écran et vole la vedette de ce court film de 12 min 30, une très belle réalisation de Stéphanie Gagné. «Je suis très contente que mon film soit présenté dans le cadre du festival Regard», a commenté celle qui se dit fière du résultat.

La cinéaste a pris la parole devant les spectateurs rassemblés devant l'écran géant de la rue Racine et remercié toute son équipe et les membres de sa famille qui s'étaient déplacés en grand nombre pour cette projection.

Le programme Short&Sweet de la Place du Citoyen sera encore à l'affiche samedi soir à compter de 19h alors que l'écran du centre-ville diffusera sept films de conte dimanche après-midi dans la foulée du Week-end du conte qui se tient à Saguenay.

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