Un bonheur qui a pour nom Harry Manx

Toujours pareil, toujours excellent, Harry Manx a ravi... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Toujours pareil, toujours excellent, Harry Manx a ravi les 135 personnes qui l'ont entendu hier soir, lors de son spectacle présenté au Côté-Cour de Jonquière.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Daniel Coté
Le Quotidien

Le Côté-Cour de Jonquière était plein à ras bords, vendredi soir, et pour une excellente raison. Qui de mieux que Harry Manx, en effet, pour oublier le froid cinglant qui paralysait la ville, l'actualité morose ou les petites blessures de la vie?

Il a suffi de le voir apparaître en compagnie de son complice, lequel se partageait entre l'orgue et l'accordéon avec un égal talent, pour que le plomb se transforme en or. Quelques traits de son instrument favori, le Mohan Veena, ont suffi pour éliminer toute trace de stress. On était ailleurs, quelque part entre l'Inde et l'île de Man où il est né.

Un peu plus tard, la même magie a opéré quand l'homme a joué Take This Hammer au banjo. Son compagnon, dont le nom s'est malheureusement perdu dans le nuage de brume qui enveloppait la scène, a ajouté un soupçon de mélancolie à l'accordéon. Les notes qu'il laissait échapper étaient si délicates. On aurait dit de la poussière de neige.

Sur Bring That Thing, on a retrouvé la même sérénité, mais avec un reste de légèreté amené par l'orgue. Il glissait avec tant d'élégance qu'on lui trouvait une parenté avec celui qui émaille tant d'enregistrements de Blue Rodeo. Pendant ce temps, s'accompagnant à la guitare, l'homme à la tuque chantait d'une voix doucement râpeuse.

Quand les éclairages se faisaient plus discrets, Harry Manx devenait quasiment invisible avec sa veste noire se moulant au rideau noir de la scène. Assis, comme toujours, économe de ses gestes, c'est à travers sa musique et sa voix qu'il envoûtait les spectateurs avec ses pièces aux accents hypnotiques.

Il y a aussi de l'humour chez cet homme, comme il l'a montré en faisant mine de regarder sa montre pendant que son compagnon exécutait un solo. Les gens ont également ri lorsqu'il a demandé s'il y avait un été par ici. La musique n'a jamais perdu ses droits, cependant, et plusieurs classiques ont été écoutés dans un silence presque religieux.

Parmi eux, mentionnons Make Way For The Living, une ballade folk maillant élégamment l'orgue et la guitare, ainsi que la légendaire Tijuana, proposée juste avant la pause. De l'intro indianisante jusqu'au crescendo débridé, légèrement oppressant, le duo a fait surgir plein d'images dans la tête du public.

Soudain, il faisait chaud. On n'était plus à Jonquière, ni en hiver, et c'était parfait comme ça.

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