Jayanta Guha, le musicien universel

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Daniel Coté
Le Quotidien

Jayanta Guha est porte-parole de la semaine Faites de la musique, une initiative destinée à encourager la pratique de cette activité dans la région. Le fondateur du groupe Mosaïque joint sa voix à celles de Marcellin Gbazai, Hélène O'Bomsawin, Pascal Bouchard et Marie-Claude Simard en ajoutant sa couleur à lui, le fils du Bengale devenu Saguenéen au début des années 1970.

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Jayanta Guha et Pascal Bouchard participeront à un événement le 21 février, à Chicoutimi.

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Fils d'un homme qui gagnait sa vie dans l'assurance, ce qui ne l'empêchait pas de pratiquer sérieusement la photographie, tout en possédant une riche bibliothèque qui lui était intimement familière, il dit avoir été initié à la culture par osmose. Enfant, par exemple, le petit Jayanta fut témoin des nombreuses visites d'un homme désargenté à qui ses parents offraient couvert et réconfort.

«Il s'agissait de Salil Chowdhury, qui est devenu directeur musical pour de nombreux films de type Bollywood. Il y a un air de lui qui est célèbre dans le pays et je me souviens de l'avoir entendu le fredonner chez nous, bien avant qu'il soit connu. J'étais présent lors de sa création», a raconté Jayanta Guha plus tôt cette semaine, à la faveur d'une entrevue accordée au Quotidien.

Langage universel

C'est à l'université de Bénarès, où il a complété son baccalauréat et sa maîtrise en géologie, que le futur enseignant a fait l'apprentissage de la musique par le truchement des percussions. «Il y a un lien avec la géologie, une science qui nous conduit à frapper sur des pierres pour voir quels sons elles produisent», fait observer Jayanta Guha en souriant.

Comme sa mère qui jouait de l'esraj, un instrument à cordes associé à la musique indienne de facture classique, il a développé un goût pour la pratique musicale qui ne l'a plus quitté. Très tôt, on l'a vu former un groupe en compagnie de ses camarades de classe. Ce fut l'amorce de longues et belles fréquentations qui ont culminé avec la fondation de Mosaïque en 1993, soit une vingtaine d'années après son arrivée au Saguenay, où il est devenu professeur à l'UQAC.

Parfois, Jayanta Guha a dû jouer en solitaire, histoire de ne pas perdre la main. Plus souvent qu'autrement, toutefois, la musique constitue pour lui le lieu de toutes les rencontres. La notion de langage universel, il l'a vérifiée en maintes occasions, notamment en Chine où, pendant une douzaine d'années, le géologue effectuait des séjours en tant que directeur de projets.

L'un de ses souvenirs les plus chers est survenu là-bas, dans un village relativement isolé. Il voulait prendre des photographies du groupe qui l'accompagnait, des gens qui se révélaient un peu méfiants. C'est seulement après avoir fait de la musique ensemble, pendant deux heures, que la glace a été brisée. Personne ne parlait la langue de l'autre, mais tous s'étaient compris et le visiteur a pu prendre autant de clichés que ça lui chantait.

La musique, un partage

Au Québec aussi, les percussions ont permis à Jayanta Guha d'apprivoiser ses semblables. Arrivé à Montréal en 1968, son lieu de résidence pendant deux ans, il a commencé par s'acheter des instruments pour jouer à la maison. C'est ainsi qu'ont été vécues ses premières années au Saguenay, jusqu'au moment où des étudiants de l'UQAC originaires de l'Afrique se sont mis à jammer en sa compagnie.

«Ça arrivait de temps en temps et c'est ainsi que j'ai fondé Mosaïque, à l'occasion de la Folko-Fête de Chicoutimi. Nous avons donné deux spectacles au cours de ce festival, dont un sur la grande scène de la Zone portuaire, en 1993. Notre objectif était de montrer la diversité culturelle», relate le musicien. L'événement a fait long feu, tandis que le groupe est plus vivant que jamais, comme en témoigne son nouvel album enregistré avec le Bengalais Surojit.

La musique, c'est bien, mais le mariage des cultures est encore mieux. C'est ainsi que dès 1994, Mosaïque a intégré un premier Québécois de souche, Claude Bergeron, puis Pascal Bouchard en 1995. Dans ses spectacles, la formation se promène de l'Inde à l'Afrique en passant par le terroir québécois. «J'aime tous les instruments. Chacun amène une couleur qui touche l'âme», note le porte-parole de Faites de la musique, une activité tenue du 13 au 21 février.

Il retrouvera d'ailleurs Pascal Bouchard le 21 février, tout comme Hélène O'Bomsawin et Marcellin Gbazai. À compter de 14h, à la salle Le Ménestrel du Cégep de Chicoutimi, ils donneront un spectacle gratuit baptisé Le train de la culture. «On va montrer aux gens qu'il existe une grande variété d'instruments et ils seront invités à participer. On a commencé à répéter et c'est magique», s'émerveille Jayanta Guha.

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