Broue vue par des yeux nouveaux

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Le numéro d'ouverture de Broue met en vedette les deux comédiens les plus connus, soit Marc Messier et Michel Côté.

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Le Quotidien

Deux de nos jeunes journalistes on assisté à la première des trois représentations de Broue - la 3281e, très exactement -, mercredi, au Théâtre Banque Nationale. Ils voyaient pour la première fois cette pièce d'anthologie du théâtre québécois qui fêtera cette année son 37e anniversaire. Ils n'étaient toutefois pas les seuls dans cette situation, hier, puisque que plus de la moitié des spectateurs étaient dans le même cas, a-t-on pu apprendre lors d'un bref sondage à main levée effectué par l'organisation avant la pièce. Nos journalistes vous livrent ici leurs impressions.

Bon à ce point-là?

(Jonathan Hudon) - J'étais donc des « yeux nouveaux » pour voir le fameux spectacle Broue, véritable mythe de la scène québécoise. En me présentant au Théâtre Banque Nationale mercredi soir, les attentes étaient élevées, à tel point j'avais entendu de bons mots de cette comédie jouée par Michel Côté, Marc Messier et Marcel Gauthier.

Allons droit au but. Le verdict : deux heures et demi de plaisir... avec quelques petites réserves. Oui, les acteurs sont comme trois mousquetaires qui se complètent admirablement bien sur scène. Oui, la chimie qui perdure depuis plus de 35 ans se ressent jusque dans la foule. Oui, j'ai ri (fort) à plusieurs occasions.

Cependant, à quelques moments, je me suis demandé si j'assistais bel et bien au célèbre Broue, qui traverse le temps comme une paire de gougounes qui ne se démode pas. La foule, visiblement conquise d'avance, a définitivement été satisfaite. Toutefois, j'ai trouvé que la soirée peinait à prendre son envol, particulièrement pendant la première partie.

L'école de la taverne

C'est surtout après l'entracte que j'ai eu le sentiment que j'assistais à une pièce d'anthologie. Les numéros se sont succédés à un rythme effréné et, vous savez quoi, j'en ai même appris sur le merveilleux monde des tavernes d'autrefois, à une époque où ces endroits étaient exclusivement réservés aux hommes. Un lieu culte où monsieur pouvait « décrocher », pendant que madame attendait éperdument son homme qui noyait ses problèmes avec ses comparses.

Dans le numéro final, on fait un portrait, juste ou injuste c'est selon, du père de famille typique qui régnait à l'époque, soit celui qui jappe fort quand sa femme a le dos tourné, tout en sachant que, finalement, ce n'est pas lui qui porte les culottes.

Bref, malgré tout le côté absurde de la pièce, on fait un réel retour dans le temps dans les différents sketchs, ce qui est fort agréable.

Michel Côté, un vrai

La soirée de mercredi m'a également permis de constater que Michel Côté est un grand comédien. Ses mimiques, ses répliques, ses déplacements sur la scène; tout semblait si juste. On voit bien à la télévision qu'il est doué, mais sur la scène, il est tout simplement impressionnant. Il serait toutefois injuste de passer sous silence l'apport de Marc Messier et Marcel Gauthier. On connait bien, très bien même, le premier, mais le second mérite une excellente note, quoique moins connu.

Broue fait pratiquement partie de la culture québécoise et est sans aucun doute une pièce qui vieillit bien. Mais qui perdure depuis 1979? Je dois avouer que cela m'étonne un peu.

En terminant, je dois vous partager une question que je me suis posée toute la soirée : est-ce qu'ils ont utilisé de la vraie bière durant le spectacle? Si oui, il s'en est gaspillé du houblon au TBN!

L'amour du public québécois pour Michel Côté est... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 3.0

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L'amour du public québécois pour Michel Côté est bien connu. Mais le public régional a un attachement particulier à l'Almatois d'origine.

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Assister pour la première fois à Broue, c'est découvrir une période de l'histoire du Québec. Celle où les tavernes étaient un lieu de rassemblement populaire pour les ouvriers.

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Michel Côté donne le ton

(Myriam Gauthier) - Si plusieurs aiment voir et revoir Broue, ou souhaitent découvrir la pièce après en avoir entendu parler pendant plusieurs années, c'est certainement grâce à la performance de Michel Côté.

L'acteur n'a qu'à faire son entrée sur scène, sans avoir eu le temps de lancer une réplique, que le public se tord de rire en voyant apparaître son visage barbouillé de noir, en clochard déglingué... et déjà (ou encore?) saoul en matinée.

L'amour du public québécois pour Michel Côté est bien connu. Mais le public régional a un attachement particulier à l'Almatois d'origine.

Michel Côté lance le ton de Broue dès le premier sketch de cette comédie qui se déroule dans la taverne Chez Willy, quelque part dans les années 1960-1970. Il est excellent dans tous les personnages qu'il incarne (pompier, clochard, père), faisant rire par ses mimiques. Marc Messier ne donne pas sa place non plus, tandis qu'on sent Marcel Gauthier, autre Almatois d'origine, un peu plus effacé dans certains personnages.

Assister pour la première fois à Broue, c'est découvrir une période de l'histoire du Québec. Celle où les tavernes étaient un lieu de rassemblement populaire pour les ouvriers. Les femmes y étaient exclues, avant que les tavernes disparaissent pour faire place aux brasseries.

Difficile, pour quelqu'un qui a 25 ans, comme moi, de se rattacher à cette époque, que même nos parents n'ont à peu près pas connue. La radio, bien utilisée dans certains sketchs, permet toutefois de mieux situer la période pour un public plus jeune.

Dans cet univers d'homme, les propos sont souvent vulgaires. Les blagues de pet, de vomi, de sexe ou de gars qui s'échappe dans ses culottes se succèdent pendant la pièce. La comédie s'ouvre sur le bruit d'un homme qui urine. C'est tout dire. Mais après tout, à quoi s'attendre d'une pièce qui prend place dans une taverne?

Que dire des échanges entre un père et son fils un peu (beaucoup!) coincé, le père joué par Michel Côté, le fils par Marc Messier, qui essaient de passer un bon moment entre hommes, en s'échappant de l'autorité féminine de la maisonnée.

Comme à l'habitude, les représentations des prochains jours sont à guichets fermés, mais avis aux intéressés : des représentations sont déjà prévues l'an prochain, le 2 février 2017 à Alma, à la Salle Michel-Côté, et les 3 et 4 février à Chicoutimi, au Théâtre Banque Nationale.

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