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L'opéra LeBarbier de Séville, synonyme de plaisir

Les interventions du choeur ont été fort appréciées,... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Les interventions du choeur ont été fort appréciées, vendredi soir, lors de la première des trois représentations de l'opéra Le Barbier de Séville.

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

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Daniel Coté
Le Quotidien

Faire revivre un classique comme Le Barbier de Séville relève de l'alchimie. Comment éviter d'en faire une pièce de musée? Comment lui conférer des accents de vérité? Vaste programme, défi étourdissant qu'a su relever la Société d'art lyrique du Royaume hier soir, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi.

Interprète du rôle de Figaro, le baryton Hugo... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay) - image 1.0

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Interprète du rôle de Figaro, le baryton Hugo Laporte a livré une version remarquable de l'air célèbre qui porte le nom de ce personnage. 

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

Il s'agissait de la première d'une série de trois représentations (c'est à 19h30 aujourd'hui, demain à 14h). Donnée devant une salle où les places libres étaient rarissimes, elle a permis de constater que la transition opérée par la compagnie, de l'opérette vers l'opéra par le truchement de Rossini, a été réalisée sans coup férir.

L'équipe dirigée par le metteur en scène Dario Larouche, lui-même épaulé par le chef d'orchestre Jean-Philippe Tremblay, a rendu leur humanité aux personnages, sans enlever ne serait-ce qu'un atome de leur potentiel comique. On rit beaucoup, en effet, dans cette production.

Lors des répétitions, l'une des préoccupations des solistes portait justement là-dessus. La version française, où le théâtre se mêle au chant, est moins jouée que l'italienne. Il fallait donc se la mettre en bouche, mais aussi l'intégrer dans son corps, à travers la gestuelle et les mimiques, sous peine de laisser échapper une part de magie.

S'il y avait encore des doutes hier, ils ont été effacés dès l'apparition de Hugo Laporte sous les traits de Figaro. Ce barbier ratoureux qui, moyennant rétribution, aide le comte Almaviva (Nils Brown) à arracher la belle Rosine (Rachèle Tremblay) des mains de son tuteur et possible époux, Don Bartholo (Robert Huard), est plus vrai que vrai.

Au moment de chanter l'air célèbre qui porte son nom, on l'a vu tour à tour fantasque, hâbleur, exempt de tout scrupule à la manière d'un «peddleur» d'huile de serpent. En prime, la performance vocale était impeccable, ce qui laissait augurer le meilleur pour la suite.

À vrai dire, tous les solistes ont été remarquables et la révélation de ce Figaro est assurément Rachèle Tremblay. Oui, la mezzo-soprano est originaire de Chambord, mais ce n'est pas ce qui justifie le bien qu'on peut en dire. Sa Rosine est tellement vibrante, un brin romantique, baveuse et aussi capricieuse. C'est un délice de la voir aller.

L'humour physique lui vient naturellement, comme on l'a remarqué lorsqu'elle s'est glissée à travers deux barreaux pour quitter le balcon où Don Bartholo la tenait prisonnière. Souvent, aussi, sa voix haut perchée l'a bien servie, notamment dans la tirade où, s'exprimant à la manière de Cléopâtre devant Astérix, Rosine maudit son destin.

Comme toujours à l'opéra, l'histoire relève du vaudeville et ça tombe bien, puisque le Don Bartholo de Robert Huard est aussi drôle que pitoyable. Même le comte est suavement ridicule sous ses déguisements censés berner son rival. On se croirait dans un épisode de La Ribouldingue lorsqu'il prétend donner une leçon de musique.

Tout ceci pour dire que ce Barbier de Séville procure beaucoup de plaisir et pas juste parce qu'il fait rire. L'orchestre rend bien les nuances de la partition, tandis que le choeur laisse filtrer la colère sourde du peuple, annonciatrice de la Révolution française. À l'évidence, les chicanes de riches ne suscitent guère sa sympathie.

C'est ainsi que cette production répond aux attentes des mélomanes et des profanes, qu'elle se taillera une place de choix dans le panthéon de la Société d'art lyrique du Royaume. Il reste quelques places pour les deux dernières représentations et les intéressés devraient faire diligence. Ils ne le regretteront pas.

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