L'homme derrière Franck Manseau

Franck Manseau mène celle qu'il considère comme sa... (Photo courtoisie Radio-Canada)

Agrandir

Franck Manseau mène celle qu'il considère comme sa bien-aimée, l'infortunée Andrée, d'une manière peu conventionnelle. Incarné par Stéphane Jacques, ce personnage du téléroman Mémoires vives est plongé dans une sordide histoire d'enlèvement.

Photo courtoisie Radio-Canada

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Coté
Le Quotidien

Le Chicoutimien le plus en vue ces temps-ci n'est pas le maire Jean Tremblay. Il s'agit d'un personnage fictif qu'un million de téléspectateurs voient sévir depuis quatre ans, le pédophile Franck Manseau. À la longue liste de ses forfaits s'est ajouté l'enlèvement d'une femme, une affaire engagée avant les Fêtes et dont le dénouement approche.

Dans l'univers troublé du téléroman Mémoires vives, c'est l'histoire la plus dense, à la fois riche en action et source de profondes interrogations. On vient de découvrir, entre autres informations, que le prisonnier évadé de fraîche date a un père qui l'appelle Fifille, un père qui ne souhaite rien tant que de le voir disparaître de sa vie.

Ça tombe mal parce que le fils vient de retontir, cherchant refuge dans la forêt où l'auteur de ses jours a fui la civilisation. Le vieil homme devine que la captive, Andrée, n'est pas vraiment sa belle-fille. Il insulte Franck Manseau une fois de trop, cependant, ce qui lui vaut un coup de couteau asséné à la fin du dernier épisode.

« Franck Manseau est un psychopathe en même temps qu'un type brillant. Il essaie de réparer une grave blessure d'enfance avec Andrée, mais perd les pédales à chaque fois qu'il la voit. Il réagit comme un enfant », a décrit Stéphane Jacques, celui qui le personnifie à l'écran, au cours d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Réactions hostiles

Incarner un pédophile comporte une part de risque, une réalité que le comédien a dû apprivoiser. Des gens lui jettent des regards noirs. Certains vont jusqu'à verbaliser leur mépris dans des lieux publics, comme cette femme qui, voyant se pointer ce visage familier dans un restaurant, a crié: « Voici le pédophile! »

« Une autre dame, elle, a figé en m'apercevant dans un commerce avant de se réfugier dans le "backstore". Je lui ai parlé un peu plus tard et elle s'est excusée en me disant que sur le coup, celui qu'elle avait vu était Franck Manseau », relate Stéphane Jacques, dont on peut apprécier le travail le mardi à 21 h, à l'antenne de Radio-Canada.

Conscient de ce qui lui pendait au bout du nez, le comédien a bien réfléchi avant d'accepter le rôle. Il a tenu à échanger avec l'auteure Chantal Cadieux pour savoir quel sort elle réservait à Franck Manseau. Ça lui a permis de trouver le ton juste afin de dépeindre un vilain qui dépasse le stade de la caricature.

« J'ai même consulté une psychologue spécialisée dans les comportements sexuels. Je lui ai raconté mon personnage et elle m'a briefé au niveau technique. Cet homme est un mésadapté social et, dans les prochains épisodes, on comprendra mieux pourquoi il a viré vers le crime et pourquoi il est amoureux d'Andrée », laisse entrevoir Stéphane Jacques.

Ce qui l'a convaincu d'embarquer dans cette aventure, c'est le défi d'interprétation que pose Franck Manseau. À quoi ressemble l'âme de ce « poqué » de la vie, cet homme qui, peut-être dans le but de tourmenter l'enquêteur affecté à son dossier, est allé jusqu'à dire que des pièces à conviction reposaient dans un « pit » de sable de son Chicoutimi natal?

On ignore si les prochains épisodes sont les derniers où apparaîtra ce personnage, mais qu'importe. L'essentiel est qu'en dépit des inconvénients évoqués plus tôt, le comédien se félicite d'avoir répondu oui à Mémoires vives. Lui qui fait carrière depuis un quart de siècle se sentait d'attaque pour assumer une telle responsabilité.

« J'avais le bagage nécessaire pour jouer ça et ce fut une expérience gratifiante. J'ai pris le temps de construire le personnage et aujourd'hui, je constate que les gens aiment m'haïr. La prochaine fois, par contre, ça me plairait de jouer un bon père de famille », lance Stéphane Jacques en riant.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer