Sans aucune prétention

Martin Perizzolo et Simon Delisle... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

Agrandir

Martin Perizzolo et Simon Delisle

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Coté
Le Quotidien

C'est comme un laboratoire, mais avec des coupes et des verres d'une capacité de 20 onces au lieu d'un bec Bunsen et d'une collection d'éprouvettes. Le spectacle que les humoristes Simon Delisle et Martin Perizzolo ont livré hier soir, au Sous-Bois de Chicoutimi, conférait un sens très convivial à la notion d'expérience.

L'objectif consistait à tester des numéros et de jouer avec le «pacing» pour voir quelles séquences fonctionnent le mieux. Comme l'ont expliqué les deux amis à l'auteur de ces lignes, cette étape est la première du processus menant à la création d'un spectacle.

Tout jugement sur ce qui a été présenté devant une salle remplie au bouchon, très jeune et animée, serait donc prématuré. Ce soir, par exemple, lorsque le duo fera escale à la microbrasserie Le Coureur des Bois de Dolbeau-Mistassini - c'est complet, en passant - le contenu sera encore remanié.

Premier à se lancer, Martin Perizzolo est celui qui jouit de la plus grande notoriété en raison de son rôle dans Les beaux malaises. C'est en toute simplicité, cependant, que ce grand bonhomme aux cheveux grisonnants, prompt à s'exciter pour des riens, a occupé la minuscule scène du Sous-Bois.

Le cadre intime a mis en relief l'un de ses points forts: l'interaction avec le public. Une certaine Guylaine, employée à l'UQAC, a fait les frais de plusieurs saillies, dont celle-ci, qui a couronné leur premier échange: «Qu'est-ce que ça fait, une agente de bureau? Ça vérifie si les chaises ont quatre pattes?»

Sa mère aussi y a goûté, mais pas autant que la bouffe, celle des restos jusqu'à la salade mesclun, cette invention diabolique jumelant des variétés de salades n'ayant pas la même espérance de vie. Même le beurre d'arachides naturel s'est fait carnavaliser: «Il n'est pas comestible. La preuve, c'est que l'huile essaie de crisser son camp du pot».

L'humour de Martin Perizzolo, plutôt acidulé, a été bien reçu par les spectateurs. L'homme ne sortait pas un gag à chaque ligne et ce n'était pas important. Sa présence crée une complicité qui augure bien en vue de son one-man-show.

Simon Delisle, lui, affiche un style différent. Il parle souvent de lui, de son diabète, de sa calvitie, de son corps qui change. «Tout nu, je ressemble de plus en plus à un cachou. Il faut que je m'inscrive au gym», a lancé l'homme de 31 ans, qui était manifestement heureux de se produire chez lui.

Il n'a pas froid aux yeux, non plus, comme l'a montré son numéro le plus achevé. Après avoir évoqué la controverse provoquée par la blague de Mike Ward dont a pâti le petit Jérémie, le Saguenéen a offert un point de comparaison original en s'attaquant à l'émission de Jean Airoldi, Quel âge me donnez-vous?

Assimilant l'animateur à Satan, il a imaginé une femme laide exposée dans une cage de plexiglas un mardi après-midi, à Place du Saguenay. «Des gens passent en disant qu'elle a l'air de la momie de Toutankhamon. Sa confiance est violée, piétinée, quand Airoldi vient poser sa petite question: «On se sent pas bien, hein?» Crisse que je l'haïs!»

À ses yeux, cette émission est plus méchante qu'une farce de Mike Ward, mais l'autre chose que le public a retenue, c'est que ce numéro mérite de sortir du laboratoire. Parce que faire rire tout en provoquant une réflexion sur la condition humaine, ce n'est pas donné à tout le monde.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer