Une cage, deux hommes et des tensions

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Voici à quoi ressemble la cage que le public aura sous les yeux ce soir, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. Elle constitue l'un des éléments importants de Bagne Recréation.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Deux hommes à l'intérieur d'une cage. Deux prisonniers politiques aux tempéraments différents, forcés de vivre un huis clos qui constitue la trame de Bagne Recréation, un spectacle présenté aujourd'hui à 20h, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.

On parle d'une recréation parce qu'il s'agit d'une nouvelle mouture élaborée par Pierre-Paul Savoie et Jeff Hall, ceux-là mêmes qui ont porté cette chorégraphie à la scène il y a plus de 20 ans. Elle avait eu un impact immédiat, durable, ce qui a justifié son retour par le truchement des compagnies Danse Danse et PPS Danse.

«Au moment d'ouvrir ce chantier, nous avons remis en question le sens du spectacle. Le scénario a été modifié et on a effectué des ajouts, tandis que les cinq dernières minutes ont été éliminées. La trame sonore a aussi été remplacée. Nous voulions qu'elle soit plus actuelle», a raconté Pierre-Paul Savoie lors d'une entrevue accordée au Quotidien.

Le public présent ce soir, à Jonquière, remarquera que les sons provenant de la cage sont parfaitement audibles. C'est le fruit d'une autre modification par rapport à la version originale. «La cage parle par elle-même, ce qui crée une atmosphère particulière», fait valoir le chorégraphe.

Une micro-société

Bagne Recréation met en scène deux hommes qui n'ont pas choisi de partager un espace aussi restreint qu'une cellule. Des tensions se manifestent, ainsi que le suggèrent les mouvements exécutés par les danseurs Lael Stellick et Milan Panet-Gigon.

«Ces deux êtres doivent créer une micro-société dans un environnement très masculin, un lieu où il y a beaucoup de testostérone. L'un d'eux aimerait se rapprocher, mais pas l'autre. Il y en a un qui est pris dans son passé, tandis que l'autre regarde vers l'avenir. Au fond, ces hommes sont complémentaires», avance Pierre-Paul Savoie.

Il attribue le succès du spectacle à la densité de l'histoire incarnée par les interprètes. À ses yeux, on assiste à une catharsis, en même temps qu'on vit une expérience immersive en raison des sons qui émanent de la cage et de la proximité du public.

«La cage constitue l'une des forces de Bagne Recréation, analyse Pierre-Paul Savoie. Il y a 20 ans, on avait d'ailleurs conçu le décor avant de produire les chorégraphies. Les contraintes d'espace avaient posé un défi intéressant, puisque les danseurs doivent être capables de jouer et de danser, tout en possédant une certaine force.»

À cet égard, il note la contribution de Jonathan Fortin, un artiste de la région issu du monde du cirque. Comme le spectacle emprunte à cette esthétique, il a été d'un précieux secours lors des répétitions. C'est aussi lui qui a le mandat de remplacer Milan Panet-Gignon, dans l'éventualité où celui-ci ne pourrait pas assumer ses fonctions.

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Hors-d'oeuvre signé Florence Fourcaudot

Des élèves de l'École Florence Fourcaudot de Chicoutimi participeront au spectacle Bagne Recréation. Dans la foulée d'un atelier animé par le chorégraphe Pierre-Paul Savoie, cet après-midi, ils produiront un numéro d'environ cinq minutes que le public aura la chance de voir ce soir, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.

«Ils ont déjà visionné une bande vidéo de la production et pendant notre rencontre, je les ferai travailler à l'intérieur de la cage où évoluent les interprètes, ce qui sera impressionnant. Je profiterai de cet exercice pour développer leur créativité», explique Pierre-Paul Savoie.

Ayant déjà visité l'école Florence Fourcaudot, il ne doute pas des capacités de ses jeunes danseurs. C'est pourquoi la petite chorégraphie sera livrée avant le programme principal, en guise de hors-d'oeuvre, pour reprendre son expression.

«Je ferai ressortir la qualité d'interprétation des danseurs, pas juste leurs qualités techniques. J'aime être associé à des démarches de cette nature parce que j'ai la passion de transmettre. Je suis un créateur ouvert vers le public», affirme le chorégraphe.

Bien sûr, les participants ne sont pas des professionnels, mais d'une certaine manière, ça ajoute au plaisir que procurera l'atelier. «On a tous la fibre créatrice et je suis touché par ce que font les artistes amateurs. Il ne faut jamais oublier que créer est une source de bonheur. C'est gratifiant», fait valoir Pierre-Paul Savoie.

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