Souvenir d'une visite à Jonquière

CHRONIQUE/ Céline Dion, la tournée mondiale. (Archives La Presse)

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Daniel Coté
Le Quotidien

CHRONIQUE/ Céline Dion, la tournée mondiale.

C'est pour promouvoir ce spectacle qui devait être présenté du 1er au 3 décembre 1990, à la Salle François-Brassard de Jonquière, qu'une conférence de presse avait été convoquée par Producson, qui faisait office de diffuseur. La chanteuse et son imprésario, René Angélil, avaient accueilli les journalistes dans le lobby, en toute simplicité.

Elle était toute menue dans sa veste grise et ses bottes blanches à la mode, une impression renforcée par la poignée de main rituelle. La sienne était si fine que même un «pousseux de crayon» pas costaud pouvait craindre de lui briser les doigts en appliquant une pression minimale.

Quant à celui qui n'était pas encore son conjoint, il arborait une queue de cheval qui lui conférait un je-ne-sais-quoi d'artistique, comme pour maintenir un lien avec son passé de chanteur. En revanche, ses vêtements étaient sobres: une chemise blanche jumelée à un veston et des pantalons noirs. Le kit parfait de l'homme sérieux.

Sans préambule, René Angélil était entré dans le vif du sujet. La tournée québécoise comprenait 25 soirées au Saint-Denis, 17 au Grand Théâtre et deux à Drummondville. Les dates jonquiéroises avaient été casées entre Québec et Montréal et les billets étaient vendus 25$ (on pouvait s'en procurer chez Kébec Disques et Polysons).

«On peut organiser des spectacles d'ici au 15 février, mais pas après parce que le disque va bien aux États-Unis. Il devrait faire les radios de type Adulte Contemporain avant d'entrer dans le Top 40. La semaine prochaine, il sera à la position 80 du Billboard. C'est allé plus vite grâce à Johnny Carson», avait raconté l'imprésario.

Le disque en question, c'était Unison, le premier de Céline Dion en anglais. Lancé par CBS le 10 septembre 1990, il avait attiré l'attention de l'équipe du Tonight Show, alors animé par Carson. Deux fois, la chanteuse y avait été invitée et un troisième rendez-vous avait été pris pour janvier 1991. C'était parti en grande.

«Un engagement sérieux»

Céline avait ensuite abordé la série Des fleurs sur la neige, où elle campait le rôle de la Jeannoise Élisa T. «J'ai accepté parce que le sujet me touchait et pendant le tournage, j'ai eu besoin qu'Élisa soit présente. Ç'a été une expérience extraordinaire, mais elle m'a vidée au plan émotif», a confié l'artiste d'une voix légèrement éraillée.

L'auteur de ces lignes avait posé une question à propos des carrières qui, parfois, prennent fin prématurément. Le nom de Laura Brannigan, vedette de nombreux vidéoclips, grosse vendeuse de disques avant de tomber subitement dans l'oubli, avait été mentionné. René Angélil craignait-il qu'une telle malédiction s'abatte sur sa protégée?

«Le contrat signé avec CBS prévoit cinq disques. C'est un engagement sérieux de la part d'une compagnie qui regroupe 5000 artistes. Bientôt, Unison va sortir en Europe. On le retrouvera dans 18 pays», avait répondu l'impresario d'un ton neutre et néanmoins rassurant.

La rencontre a duré une heure et jamais on n'a perçu ne serait-ce qu'un atome d'agacement ou de lassitude de la part du duo. Elle a pris fin sur une note d'humour quand l'un des invités de Producson - le calepin ne mentionne pas lequel - a évoqué la visite précédente de la chanteuse.

«Ce sera le premier spectacle dans votre région depuis celui du 25 novembre», a-t-on lancé à la blague, histoire de réveiller le souvenir d'un certain tremblement de terre.

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