La culture des armes

Le cinéaste de Chicoutimi Nicolas Lévesque reprend contact avec les armes à feu... (Photo courtoisie)

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Roger Blackburn
Le Quotidien

Le cinéaste de Chicoutimi Nicolas Lévesque reprend contact avec les armes à feu dans le cadre d'un film documentaire d'une heure qui sera présenté le 18 janvier à Télé-Québec. Intitulé Culture des armes, le film a été coréalisé avec la scénariste Karina Marceau et trace un portrait des propriétaires d'armes au Québec.

Les armes à feu sont toujours un sujet brûlant d'actualité, notamment au Québec avec le dossier du registre national. Les mesures récentes annoncées par le président américain Barack Obama qui a souligné récemment la nécessité de «ressentir l'urgence» d'agir sur la question des armes à feu démontrent l'importance de ce phénomène dans la vie quotidienne.

«Le documentaire ne prend pas position pour ou contre les armes, il trace un portrait des propriétaires d'armes à feu au Québec; qui ils sont et qu'est-ce qui anime leur passion», explique Nicolas Lévesque auteur du court métrage In Guns We Trust réalisé aux États-Unis en 2013.

«Le reportage nous amène dans le monde des passionnés d'armes à feu. En plus de tracer le portrait de certains propriétaires d'arme, le document recèle aussi beaucoup d'informations sur les nombreux types d'armes à feu dans la province comme les armes d'épaule et les armes de poing. On explique les différentes législations entourant la possession d'armes à feu et les démarches nécessaires pour en faire l'acquisition», rend compte Nicolas Lévesque qui confie avoir fait des rencontres très intéressantes dans le cadre de ce documentaire.

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Les cinéastes ont réalisé des entrevues avec différents personnages qui ont des relations différentes avec les armes à feu. On y découvre un collectionneur, un tireur sportif de calibre olympique (Tommy Lapointe de Saguenay), des membres de club de tir, des chasseurs et des spécialistes.

«On constate que le rapport aux armes est très différent pour les gens vivant à la campagne et les gens de la ville. Pour ces derniers les armes sont associées aux crimes, à la guerre ou aux forces policières alors qu'en milieu rural l'arme à feu sert pour la chasse, pour éliminer la vermine ou les animaux sauvages menaçants», met en lumière le cinéaste saguenéen qui a tourné des images aux quatre coins du Québec pour ce documentaire qui a nécessité plusieurs mois de travail.

«Comme j'ai déjà fait un film sur les armes à feu, je connaissais le sujet, mais on voulait une approche différente qui traitait plus des gens que des armes. Dans un reportage d'une heure, on prend aussi le temps de poser des questions, ce n'est pas comme un reportage de dix minutes», commente le réalisateur satisfait du traitement du sujet.

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Tommy Lapointe, tireur d'élite en tir de précision, originaire de Métabetchouan fait partie du documentaire Culture des armes.

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Tommy Lapointe convaincu par le cinéaste

Les cinéastes ont réalisé des entrevues avec différents personnages qui ont des relations différentes avec les armes à feu. On y découvre un collectionneur, un tireur sportif de calibre olympique (Tommy Lapointe de Saguenay), des membres de club de tir, des chasseurs et des spécialistes.

«On constate que le rapport aux armes est très différent pour les gens vivant à la campagne et les gens de la ville. Pour ces derniers les armes sont associées aux crimes, à la guerre ou aux forces policières alors qu'en milieu rural l'arme à feu sert pour la chasse, pour éliminer la vermine ou les animaux sauvages menaçants», met en lumière le cinéaste saguenéen qui a tourné des images aux quatre coins du Québec pour ce documentaire qui a nécessité plusieurs mois de travail.

«Comme j'ai déjà fait un film sur les armes à feu, je connaissais le sujet, mais on voulait une approche différente qui traitait plus des gens que des armes. Dans un reportage d'une heure, on prend aussi le temps de poser des questions, ce n'est pas comme un reportage de dix minutes», commente le réalisateur satisfait du traitement du sujet.

Dur de trouver des intervenants

La coréalisatrice du documentaire Culture des armes, Karina Marceau, avoue avoir eu de la difficulté à trouver des gens pour parler de leur relation avec les armes à feu. «Les recherchistes ont contacté plusieurs personnes qui entretiennent une relation saine avec les armes à feu, mais qui ont refusé d'en parler devant la caméra en raison des préjugés défavorables de la population face à cet objet qui cause la mort», indique la cinéaste.

Le documentaire a été réalisé dans le cadre de la série Faut en parler à Télé-Québec où Karina Marceau expose divers sujets qui touchent la population de près ou de loin.

«Contrairement aux Américains, les Québécois ne possèdent pas d'arme dans le but de se défendre. Les armes servent principalement à pratiquer des activités comme la chasse, le tir de loisir ou pour les collectionner. Un des personnages que nous avons rencontré, Yanick Paquet, coordonnateur provincial de l'association National Firearms, affirme haut et fort que: ''Une personne armée, c'est un citoyen, une personne désarmée, c'est un esclave''».

Karina Marceau, scénariste et coréalisatrice avec Nicolas Lévesque... (Photo courtoisie) - image 5.0

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Karina Marceau, scénariste et coréalisatrice avec Nicolas Lévesque du documentaire Culture des armes présenté à Télé-Québec dans le cadre de la série Faut en parler.

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Un tabou

La réalisatrice reconnaît que les armes sont un sujet tabou au Québec. «C'est un sujet hypersensible, les armes à feu sont des objets associés à la mort. Même les gens qui ont un rapport sain avec les armes n'osent pas en parler. C'est un sujet très émotif», a constaté la cinéaste.

«Il y a un point tournant dans le rapport des Québécois avec les armes à feu et c'est la tragédie de Polytechnique», affirme Karina Marceau. «Depuis 1989, ceux qui n'ont pas d'armes sont devenus des opposants aux armes. C'est d'ailleurs à la suite des événements de l'école Polytechnique qu'un registre d'armes à feu a été instauré au Canada et que le débat continue d'être alimenté au Québec», dit-elle.

Chaque propriétaire d'arme a ses raisons de posséder ou de se passionner pour ses armes à feu. «C'est un sujet qui mérite d'être nuancé. Notre documentaire propose un éclairage supplémentaire dans ce dossier», fait valoir la réalisatrice.

Le documentaire Culture des armes, dans le cadre de la série Faut en parler, sera présenté le lundi 18 janvier 21h à Télé-Québec et en rediffusion le mardi 19 janvier minuit, mercredi 20 janvier 13h, jeudi 21 janvier 23h et dimanche 24 janvier 15h.

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