Le Petit Prince de Côté

Guillaume Côté prépare sa première chorégraphie d'un ballet... (Archives La Presse)

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Guillaume Côté prépare sa première chorégraphie d'un ballet complet. Elle se moule au classique de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, et verra le jour en juin prochain, à Toronto.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Guillaume Côté est engagé dans un projet à la fois ambitieux et fascinant: une adaptation du livre d'Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, dans le contexte d'un ballet de facture classique. Le danseur originaire de Lac-à-la-Croix, au Lac-Saint-Jean, signera la chorégraphie de cette production créée par le Ballet national du Canada.

La première série de représentations aura lieu du 4 au 12 juin à Toronto, plus précisément au Four Seasons Centre for the Performing Arts. On y entendra des musiques originales composées par Kevin Lau, tandis que le livret a été rédigé par Adam Gopnik, un auteur qui fait autorité pour tout ce qui touche Saint-Exupéry.

En incluant l'entracte, cette oeuvre s'étirera sur 2h30. Le soir de la première, Guillaume Côté ne dansera pas, un privilège qu'il s'accordera ultérieurement. On peut toutefois anticiper qu'un souvenir lui trottera dans la tête, ce jour-là, lequel remonte à ses années de formation à Saint-Bruno, au sein du Prisme culturel.

« J'ai fait Le Petit Prince à cette époque, une production du Prisme dont mon père (René Côté) avait fabriqué les décors. Cette expérience est restée dans ma tête et je voulais créer une version moderne. J'en ai parlé à Karen Kain (directrice artistique du Ballet national) et elle a aimé le concept », a confié l'artiste au Quotidien, il y a quelques jours.

C'est la première fois que Guillaume Côté agit comme chorégraphe pour un projet de cette envergure. Le fait que sa carrière de danseur ait été mise entre parenthèses dans les derniers mois, à la suite d'une blessure (voir autre texte), lui a donné plus de temps pour mûrir sa réflexion.

« Ça représente un beau défi parce qu'en danse, on ne peut pas se passer d'un script. La création d'un ballet complet, ça doit être structuré. Ça prend une vision. Ce qui est le fun, c'est que j'ai plein d'idées. Il reste à les exploiter de façon cohérente », énonce celui qui porte le titre de chorégraphe associé au Ballet national du Canada.

Une expérience gratifiante

Parmi les belles expériences que lui fait vivre Le Petit Prince, Guillaume Côté mentionne ses rencontres avec Adam Gopnik à Toronto, ainsi qu'à New York, où réside l'auteur et journaliste. Elles l'ont aidé à approfondir sa connaissance de l'oeuvre et du contexte où elle a vu le jour.

« Ce n'est pas facile à adapter parce qu'il s'agit d'un conte, d'une histoire à caractère philosophique. Dans ce cas-ci, la narration est moins importante, mais ce qui est bien avec la danse, c'est qu'elle permet d'exprimer les émotions, la chimie entre les personnages », indique le Jeannois.

Un autre avantage tient au fait que même dans le monde anglophone, la plupart des gens connaissent Le Petit Prince. Il n'est pas nécessaire de plaider en faveur de cette oeuvre, ce qui ne signifie pas que la production du Ballet national du Canada connaîtra du succès à l'extérieur du pays.

Il faudra trouver des partenaires, en effet, et c'est seulement après la naissance officielle du spectacle qu'ils se manifesteront si tel est leur désir. Ce qui anime Guillaume Côté, cependant, c'est moins la mise en marché d'un « blockbuster » que le souci du travail bien fait.

« J'espère que Le Petit Prince aura une belle vie, mais c'est le travail qui doit venir en premier, pas la recherche du succès, un défaut qui affecte bien des jeunes de nos jours. Dans tous les secteurs d'activité, le travail, ça reste la base », affirme le danseur et chorégraphe.

Un retour à la fois dur et doux

Mercredi dernier, à Toronto, Guillaume Côté a campé le rôle de Roméo dans le ballet Roméo et Juliette, une production du Ballet national du Canada. Ainsi a pris fin une convalescence de près d'un an, laquelle avait été provoquée par une déchirure du ligament croisé intérieur subie au cours d'une représentation de Casse-Noisette.

Il s'agissait de la deuxième pause de cette nature pour le danseur principal de la compagnie. La première fois, il avait raté six mois à la suite d'une fracture de stress. La différence, cette fois-ci, est qu'au lieu d'attendre que le mal se résorbe, le patient a dû s'imposer un chapelet de traitements et de séances d'entraînement.

« Le ligament a lâché et il y a 30 ans, cette blessure aurait mis fin à ma carrière de danseur, a souligné Guillaume Côté au cours d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien. Je viens de vivre l'un des moments les plus difficiles de ma vie et en même temps, ce fut l'un des plus beaux grâce à la naissance de ma fille Emma, maintenant âgée de dix mois. »

La guérison est une chose, tandis que la rééducation en est une autre. Après neuf mois de repos forcé, la jambe du danseur était atrophiée, en effet. Il fallait reconstruire les muscles, un processus qui a nécessité d'innombrables séances de travail.

«J'ai alors réalisé à quel point c'était beau, la danse. On travaille sur de la belle musique, avec plein de beau monde, ce qui est différent de la physio, des massages, des entraînements en gymnase à raison de cinq heures par jour. Disons que ça prend une bonne ''playlist''. Dans la mienne, il y avait du Metallica», raconte le Jeannois en riant.

Le fruit des tous ces efforts loin des projecteurs consiste en la remise en état de son outil de travail. L'homme âgé de 34 ans a le sentiment d'avoir retrouvé tous ses moyens, qui étaient considérables. «Je suis plus fort que jamais. J'ai renforcé mes jambes d'une manière que je qualifierais d'extrême», résume-t-il.

Étalé sur deux mois, son retour dans la salle de danse s'est effectué graduellement. Au début, Guillaume Côté ne pouvait pas s'investir pleinement pendant plus de 30 minutes. Puis, son corps lui a accordé une plus grande marge de manoeuvre, si bien qu'aujourd'hui, il se sent d'attaque pour amorcer une nouvelle phase de sa carrière d'interprète.

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