La région et Arvida au coeur de l'oeuvre

Une fois de plus, Samuel Archibald propose un récit où s'enchevêtrent le mythe... (Images tirées de Tommy l'enfant-loup)

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Images tirées de Tommy l'enfant-loup

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Une fois de plus, Samuel Archibald propose un récit où s'enchevêtrent le mythe et le réel. Les histoires d'enfants-loups en provenance d'Europe, rapportées maintes fois dans les livres et au cinéma, ont servi d'inspiration brute à l'auteur, que l'on sait fasciné par le paranormal et par l'horreur.

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Tommy l'enfant-loup relève aussi de l'autofiction. Samuel Archibald continue de puiser efficacement à même ses souvenirs pour camper ses repères visuels et ses personnages. L'école Notre-Dame-du-Sourire, les Lynx de Sainte-Thérèse et les Martres de Saint-Philippe, dans la Ligue de baseball des cinq paroisses, ne sont qu'un tout petit échantillon des parcelles arvidiennes glissées dans les pages du livre. Ces références à chez nous se déclinent en une panoplie de clins d'oeil qui provoquent un sourire et qui ne manquent pas de raviver l'esprit de clocher du lecteur, s'il s'adonne à être un fils ou une fille du coin.

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean demeure une nourriture riche pour l'esprit créatif de Samuel Archibald, qui est récemment passé à un cheveu de rafler le prestigieux prix Giller grâce à la version anglaise de son premier bouquin, baptisé en l'honneur de la cité du métal gris. Archibald confie d'ailleurs que le Royaume se trouve au coeur de ses «plans quinquennaux» d'écriture. Récemment, il s'est commis une première fois au théâtre en signant la pièce Saint-André-de-L'Épouvante. La petite localité du Lac-Saint-Jean est aussi citée dans Tommy l'enfant-loup. On peut maintenant parler d'un modus operandi pour celui qui construit son univers de romans en saupoudrant des fragments de ses oeuvres antérieures ici et là, au fur et à mesure que ses nouvelles histoires se déploient.

«Neuf fois sur dix, quand j'ai envie d'écrire, ça se passe chez nous. Je ne vois pas de moment où il n'y aura plus de choses qui se passeront au Saguenay-Lac-Saint-Jean», confie-t-il, en entrevue, ajoutant qu'il aime particulièrement recueillir les commentaires de ses compatriotes lorsqu'il arrive avec une nouvelle proposition littéraire.

Chronique locale

Mélanger la chronique locale avec l'histoire inventée est aussi devenu la marque de commerce d'Archibald. C'est donc sans grande surprise que l'on apprend que le héros de la nouvelle série jeunesse, Bill Bilodeau, existe vraiment.

Le personnage a été modelé à partir de Jean-Raymond Bilodeau, un ancien chimiste de l'Alcan qui a longtemps joué au golf avec Archibald père, et qui aimait beaucoup les animaux. Il vit toujours dans le secteur de la rue Neilson.

«C'est une sorte de ''vétérinaire clandestin'' qui a toutes sortes de bêtes chez lui. Évidemment, j'en ai fait quelque chose de 10 fois plus extraordinaire. Mais ce qui est le plus drôle là-dedans, c'est que mes filles, qui ne l'avaient jamais vu, l'ont reconnu quand elles sont allées se faire garder chez mon père. Il est passé en pick-up. Quand elles l'ont vu, elles ont dit: ''Hein, c'est-tu Bill Bilodeau ça? ''», raconte-t-il.

Un peu malgré elles, Alice et Sophie ont joué un rôle crucial dans la genèse de Tommy l'enfant-loup. Leur père a profité de la naïveté puérile que l'on attribue à l'enfance pour tester et peaufiner son produit.

«Ce que j'adore dans l'écriture pour les enfants, c'est que tu peux sortir tout ton sac à malice. Que ce soit vrai ou pas vrai, tout est bon. Tu peux te servir des 52 cartes du paquet et tu te rends compte par le fait même que tu es en train de leur apprendre à raconter des histoires».

Samuel Archibald planche présentement sur La nuit des bêtes puantes, le deuxième de la série des aventures de Bill Bilodeau. L'histoire se déroule pendant la grève des vidangeurs à Arvida, sur fond de film de zombies. Sa sortie est prévue pour l'été prochain.

Des illustrations magnifiques

J'ai lu Tommy L'enfant-loup avec ma fille de bientôt neuf ans. Si le récit lui a procuré quelques frissons et froncements de sourcils, les valeurs réconfortantes de l'entraide, de l'amitié et de l'ouverture sur les autres n'ont laissé aucune chance à la frousse. En prime : une petite leçon d'histoire régionale.

Au Quartanier, la fiche descriptive de Tommy l'enfant-loup signale que le bouquin est destiné aux enfants de huit ans et plus. Samuel Archibald n'a toutefois pas voulu estampiller la couverture d'une «classification parentale». Selon lui, le roman s'adresse autant au jeune d'une dizaine d'années qui peut le parcourir seul qu'au petit de cinq ou six ans pendu aux lèvres de son père ou de sa mère.

Le livre de 75 pages se lit d'un seul trait. Les talents de conteur d'Archibald y sont certes pour beaucoup, mais la qualité et l'efficacité du travail de l'artiste Julie Rocheleau, qui a mis des images sur ses mots, doivent être relevées. Les dessins sont en noir et blanc, mais le propos qu'ils servent à soutenir laisse filtrer de la lumière et de la couleur. L'allure BD du livre lui procure aussi un effet animé. Les pages deviennent soudainement de petits écrans.

«Julie est bonne en titi. Elle vient de l'animation et ses images sont toujours dans le mouvement. Il y a des bouts dans le livre où on a des séquences d'images sur cinq ou six pages. Ça devient muet et je ne raconte plus. Le parent est obligé de devenir le narrateur, parce que je ne dis plus rien», illustre Samuel Archibald. À enfouir dans le bas de Noël!

Le Quartanier, 14,95$

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