Lobe et Côté-Cour : obligation de résultats

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Stéfanie Tremblay assume une fonction similaire à celle de l'ancien coordonnateur.

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Daniel Coté
Le Quotidien

CHRONIQUE / Quand une organisation montre la porte à des gens qui l'ont servie pendant longtemps et qui, de surcroît, ont réussi leur part de bons coups, elle s'impose une double responsabilité. Les personnes appelées à les remplacer doivent se montrer à la hauteur de ce que leurs prédécesseurs faisaient de bien, tout en répondant aux carences qui ont été identifiées.

Tel est le défi que doivent relever deux institutions culturelles de la région cette année: le centre d'artistes Le Lobe, établi à Chicoutimi, de même que le Côté-Cour de Jonquière. Le premier a largué le coordinateur Jean-Marc E. Roy au printemps, tandis que le diffuseur vient de congédier son directeur général et artistique, Réjean Bouchard.

Dans les deux cas, il faut préciser qu'aucune malversation n'a été invoquée pour justifier la décision prise par les conseils d'administration. Il a été question d'orientations nouvelles qu'on souhaitait voir incarnées par le responsable des opérations, de virages, de façons de faire différentes qu'il importait d'implanter.

Au Lobe, les choses se sont précisées récemment, tel que mentionné ailleurs dans ces pages. On a éliminé la notion de permanence en nommant la première d'une série de commissaires dont les mandats seront étalés sur deux ans. Stéfanie Tremblay, qui est appelée à briser la glace, assume une fonction similaire à celle de l'ancien coordonnateur.

En arts visuels, bien sûr, les paramètres du succès diffèrent de ceux d'une salle de spectacles. Le nombre d'entrées n'a pas la même importance. Ce qui prime, c'est le rayonnement de l'institution tel qu'illustré par le calibre des artistes invités, ainsi que la pertinence de leur travail.

Il est trop tôt pour porter un jugement sur la nouvelle ère, d'autant que la première série d'expositions, lancée le 6 novembre, comprend un projet lancé du temps de Jean-Marc E. Roy. Notons cependant qu'il y avait bien du monde au vernissage, ce qui est de bon augure pour la suite des choses.

Le départ de Réjean Bouchard

Au Côté-Cour, la situation est légèrement différente. D'abord, il y a la notoriété de Réjean Bouchard qui, après un peu moins de 20 ans dans le siège du conducteur, était devenu indissociable de la salle de spectacles de la rue de la Fabrique. Il en était le directeur et le porte-parole, de même que le présentateur officiel.

Ses airs grano, rappelaient l'époque où Jonquière abritait L'Arche, l'un des premiers centres d'artistes de la région, où CHOC assumait vaillamment sa mission de radio communautaire, où plein de spectacles alternatifs animaient les soirs d'été à la Place Nikitoutagan, un lieu bêtement remplacé par une boîte en métal. Bref, une époque où Jonquière était Jonquière.

Réjean Bouchard pouvait également revendiquer de bien jolies choses, comme la fois où Bori a chanté en montrant son visage, une première dans son cas, ou la série de spectacles en solo donnés par Pierre Lapointe à guichet fermé. Autres exemples de fidélité: les nombreuses visites de Mara Tremblay, Catherine Major, Bïa et Marie-Pierre Arthur.

On comprend le conseil d'administration d'avoir pris son temps avant de se séparer d'un grand pan de l'histoire du Côté-Cour. Les raisons invoquées semblent plausibles, notamment son désir d'effacer le déficit accumulé et, partant, de préserver l'indépendance du diffuseur. Il veut aussi rejoindre les jeunes, comme on le fait au Sous-Bois de Chicoutimi.

Même en admettant ceci et bien d'autres choses, cependant, la sentence infligée est brutale. C'est l'équivalent de la peine de mort et la pression que vient de s'imposer la direction est à l'avenant. Après avoir tassé une personne aussi imbriquée dans la vie du Côté-Cour, elle n'a plus droit à l'erreur. Il y a obligation de résultats.

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