Regard neuf sur des jeux d'hiver

Le moteur du long métrage étant les batailles... (Photo courtoisie)

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Le moteur du long métrage étant les batailles livrées jour après jour, chacune épousant un caractère différent de la précédente, la version 3D se révèle éminemment attrayante

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Daniel Coté
Le Quotidien

CRITIQUE / Les balles de neige semblent arriver plus vite dans la version 3D de La guerre des tuques. Si vous êtes assis dans les premières rangées, l'effet produit par la technologie est aussi saisissant que la beauté des images générées par l'équipe que dirigeait le réalisateur Jean-François Pouliot.

Le village où se déroule cette histoire célébrissime fait penser à une version idéalisée de Sainte-Rose-du-Nord. On voit de jolies maisons encastrées dans des replis montagneux, une neige cotonneuse d'une blancheur immaculée, ainsi qu'un fort autour duquel se déploie le génie militaire d'une bande d'enfants alternant entre les rôles d'attaquants et de défenseurs.

Pour ceux qui l'ignoreraient, rappelons qu'ils se rencontrent à l'aube du congé des Fêtes afin d'identifier la meilleure façon de tromper l'ennui. En ces temps d'avant les jeux électroniques et les ordinateurs, il fallait solliciter son imagination pour créer du divertissement à partir de rien. Disons que ces enfants n'en manquent pas.

Les personnages recoupent l'éventail de ce qu'on retrouve dans ces micro-sociétés que sont le village, le quartier ou la rue. Il y a, entre autres, le petit gros au cerveau surdimensionné, François les lunettes, le grand pas fin fin qu'est Chabot, une petite haïssable à l'humeur aussi incandescente que ses cheveux, ainsi qu'un chien que tout le monde aime.

Moins stéréotypés, les personnages principaux sont Luc et Sophie, qui dirigent des groupes rivaux, tout en apprenant à se connaître. Les deux sont «cute» et un peu plates, comparativement à leurs étranges compagnons. On voit tout de suite qu'à travers leurs échanges parfois verbaux, plus souvent sur fond de balles de neige, se dessine une histoire d'amour.

Le moteur du long métrage étant les batailles livrées jour après jour, chacune épousant un caractère différent de la précédente, la version 3D se révèle éminemment attrayante. Les péripéties sont montrées sous tous les angles, vu l'absence de contrainte technique.

On remarque aussi des passages où le film s'inscrit dans la riche tradition lancée par Buster Keaton et perpétuée dans les dessins animés de Tex Avery (les séries Droopy et The Screwy Squirrel, en particulier) et Wallace et Gromit: celle des poursuites. À l'évidence, les animateurs ont lâché leur fou au moment d'illustrer la fuite de deux enfants sur un rail.

Ce qui est intéressant, aussi, c'est de voir l'équilibre que tentent de maintenir les belligérants entre la détestation de l'autre gang et l'idée que ceci est un jeu. Pas plus brillants que les adultes (ceux qui cultivent la haine et, en mode mineur, ces descripteurs de hockey qui confondent les mots adversaire et ennemi), il leur arrive de franchir la ligne.

La guerre des tuques suscite la réflexion à ce sujet, surtout vers la fin, quand une victime «collatérale» provoque un deuil collectif. Par bonheur, cependant, l'histoire ne verse pas dans le prêche. Ce qui ressort, au final, c'est le charme de nos hivers si souvent décriés, ainsi que le potentiel de plaisir qui se cache derrière les journées promises à l'ennui.

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