Farandoles: de la grande visite croate

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Le Croate Zeljko Jergan est ici accompagné de la directrice générale et artistique des Farandoles, Ariane Blackburn (à sa gauche).

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Daniel Coté
Le Quotidien

Ariane Blackburn vient de faire l'expérience d'un plaisir différé. La directrice générale et artistique des Farandoles a reçu une sommité dans le monde de la danse folklorique, cette semaine, plus spécifiquement celle des Balkans. L'homme en question, le Croate Zeljko Jergan, est tellement sollicité qu'elle a dû se montrer persistante avant d'arriver à ses fins.

«Je l'ai rencontré il y a une vingtaine d'années, à l'occasion d'un atelier. Après cette activité, je lui ai souvent demandé de venir à notre école, mais c'est une personne qui voyage beaucoup», a souligné Ariane Blackburn jeudi, lors d'une entrevue accordée au Quotidien.

Son voeu s'est enfin concrétisé dans les derniers jours. Le professeur et chorégraphe, qui fut un danseur étoile dans l'ex-Yougoslavie, est arrivé mardi. Il a d'abord travaillé avec des élèves de secondaire 1 et 2 inscrits au programme Arts-études.

«En l'espace de trois heures, elles ont appris sept danses différentes», s'émerveille Ariane Blackburn. De son côté, Zeljko Jergan a été impressionné par la formation assimilée par le groupe. «Ces personnes sont bien entraînées. Elles ont vite maîtrisé une forme de danse qui ne leur était pas familière», a-t-il commenté en anglais, sa langue seconde.

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Le chorégraphe Zeljko Jergan est une sommité dans le monde de la danse folklorique.

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Une perspective originale

De mercredi à vendredi, l'invité des Farandoles a oeuvré auprès des élèves de secondaire 3, 4 et 5 du programme Arts-études. Cette fois, l'objectif était différent, puisqu'il était centré sur une chorégraphie de cinq ou six minutes que la classe devait mettre à sa main.

Le tout s'est fait dans la bonne humeur, comme l'a illustré le passage du photographe dans la salle de danse. Regroupés devant un tableau où quelqu'un a écrit Vive l'automne, filles et garçons pratiquaient l'art de la conversation avec enthousiasme jusqu'à ce que leur professeur réussisse à les mettre en rangs.

Zeljko Jergan était rayonnant, lui aussi. Son bref séjour chez les Farandoles lui a permis de constater que l'approche préconisée par cette école, dont on retrouve peu d'équivalents dans le monde, offre aux élèves un horizon beaucoup plus large.

«C'est bien d'enseigner plusieurs formes de danse au même endroit, une chose que j'ai rarement vue au cours de ma carrière, fait-il remarquer. En même temps, je suis impressionné par la qualité du personnel. J'ai travaillé avec de grosses écoles, mais les meilleurs formateurs se trouvent ici.»

Maintenant qu'il connaît les Farandoles, Zeljko Jergan aimerait revenir à Chicoutimi. En attendant, ceux qui souhaitent voir sa chorégraphie pourront le faire au printemps, à l'occasion du spectacle de fin d'année. Ils pourront aussi patienter jusqu'au grand événement qui soulignera les 50 ans de l'école, quelque part en 2016.

L'âge d'or de la danse folklorique

Rencontrer Zeljko Jergan, c'est faire un voyage dans le temps. On est transporté à l'époque où, jeune danseur étoile dans l'ex-Yougoslavie, le professeur et chorégraphe a connu l'âge d'or des ensembles folkloriques. Bénéficiant de l'appui indéfectible du régime communiste, ils jouissaient de moyens qui n'ont aucune mesure avec ce qui a cours aujourd'hui.

Vivant à Zagreb, l'une des plus belles villes des Balkans, il a fait ses débuts professionnels à l'âge de 18 ans, au sein de l'ensemble LADO. «Comme il s'agissait d'une formation nationale, on abordait le répertoire de toutes les communautés du pays, ce qui était bon pour moi. Je me suis familiarisé avec plein de cultures», raconte Zeljko Jergan.

Toujours à ses débuts, le jeune homme avait suffisamment de talent et d'énergie pour s'investir dans le ballet. Parmi ses souvenirs, il rapporte que dans une production du Lac des cygnes, 90 danseurs étaient réunis sur la scène. Une autre fois, un producteur de Lyon en a emmené quelques dizaines dans sa ville afin de présenter La veuve joyeuse.

Après l'éclatement de la Yougoslavie, le LADO s'est recentré sur la Croatie, sans toutefois porter d'oeillères. «J'ai travaillé en Hongrie, en Roumanie, en Slovaquie, en Autriche, partout où vivent des Croates», relate Zeljko Jergan. Il a ensuite déménagé à Pittsburgh, point d'ancrage d'une carrière dont la dimension internationale s'est encore appréciée.

Plusieurs écoles de la Californie ont recours à ses services. On le sollicite aussi en Europe et au Japon où, dans quelques jours, le professeur effectuera son dixième séjour. Même là-bas, la danse folklorique des Balkans suscite son lot de vocations et pas chez des expatriés. «J'enseigne à des Japonais», confirme Zeljko Jergan en esquissant un sourire.

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