L'humour décalé des Hôtesses d'Hilaire

Les Hôtesses d'Hilaire viendront défendre leur nouvel album,... (Photo courtoisie)

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Les Hôtesses d'Hilaire viendront défendre leur nouvel album, Touche-moi pas là, au Sous-Bois de Chicoutimi. Ils s'y pointeront aujourd'hui, aux alentours de 22h.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Juste le nom du groupe en dit long sur sa personnalité. Souvent ratoureux, quelquefois «rough» sur les bords, le sens de l'humour des Hôtesses d'Hilaire montre que ces gars de Moncton jettent un regard décalé sur le monde qui les entoure. Des fois, ils se contentent de faire sourire, alors qu'à d'autres moments, leurs textes comportent une seconde couche de sens.

Pour le constater, il suffit d'écouter Fais faillite, un extrait de leur nouvel album intitulé Touche-moi pas là. Cette pièce qui sera sûrement interprétée ce soir, à l'occasion de leur retour au Sous-Bois de Chicoutimi, met en vedette un type qui vante sa méthode destinée à faire la belle vie, tout en échappant à ses obligations.

«C'est comme une infopub avec un gars qui a la recette parfaite. En plus, on a les Hay Babies qui font les voix sur le disque. Elles sont parfaites», a décrit le chanteur Serge Brideau il y a quelques jours, au cours d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

La consommation à outrance a rarement été évoquée avec autant d'allant, surtout que derrière le chanteur, il y a des musiciens capables de tricoter une mélodie électro pop aussi attrayante que celles qu'affectionnait Gainsbourg dans les années 1980. Ce n'est pas étonnant, puisque dans le camion de tournée, ses succès reviennent plus souvent qu'à leur tour.

«Chez nous, il arrive troisième après Zappa et Captain Beefheart», confirme Serge Brideau. Peut-être que la voix de l'autre Serge résonnera aujourd'hui, alors que le groupe partira de Montréal, troisième escale de la tournée, afin de porter la bonne nouvelle à Chicoutimi. Déjà, semble-t-il, le public affiche un surcroît d'intérêt.

«À Moncton, on a dû refuser une centaine de personnes au lancement. On vit une lente ascension vers le sommet et à Chicoutimi, les gens verront un vrai spectacle, assure Serge Brideau. On va mettre beaucoup d'énergie, y compris entre les tounes. Pour que ça reste intéressant, on aime se mettre en danger.»

Dans le genre givré, lui et ses camarades proposent Hilaire au Mexique, une caricature dont les «Tabarnacos» ne sortent pas indemnes, ainsi que Club Deauville où on apprivoise le demi-monde des bars de troisième ordre. À l'opposé, le groupe a créé La fin, un blues plumesque sur fond de décadence.

«Ça faisait longtemps que je voulais écrire ça. Je sens qu'on est la dernière génération qui vit dans l'abondance et la liberté. On voit que c'est en train de changer et que la planète se réchauffe. Pourtant, on fait des pipelines et on ne ''slacke'' pas sur la consommation. Un jour, ça va nous péter dans la face», énonce Serge Brideau.

On l'a évoqué tantôt, le quintette se distingue par sa créativité au plan musical. Il aime le son des années 1970, ainsi que les vieux instruments, ce qui comprend les claviers de Léandre Bourgeois, jamais pareils d'un titre à l'autre. «Les années 1970, c'est l'apogée de l'analogique dans l'art du rock'n roll», résume avec sagesse le chanteur des Hôtesses.

L'histoire de la chanson «C'est Glen qui l'a dit»

Comment naît une chanson? Il existe mille possibilités de réponses et parmi les plus intéressantes, il faut inclure celle de Serge Brideau à propos de C'est Glen qui l'a dit. Cet extrait du dernier album, Touche-moi pas là, s'étire sur dix minutes pendant lesquelles il est impossible de ne pas rire et même de réfléchir.

Sur ce titre, un homme à l'accent prononcé parle par-dessus une bande sonore étonnamment soyeuse, loin des accents rock'n roll que privilégie le quintette de Moncton. Il commence en délirant sur les méfaits du micro-ondes, avant de dénoncer tour à tour les politiciens menteurs, la pollution, l'engourdissement des esprits.

«Je viens du nord de la province, de Tracadie-Sheila, un coin qui est très Acadien. C'est l'accent au fond», raconte le chanteur des Hôtesses d'Hilaire. Bien qu'il puisse s'exprimer en français international, Serge Brideau a emprunté la voix de son patelin au moment d'enregistrer C'est Glen qui l'a dit. Daniel Côté

Ses camarades avaient déjà préparé la musique et après quelques tentatives infructueuses dans le but d'en tirer une chanson, il a réalisé une ultime expérience. «Je suis parti de quelque chose d'absurde, le micro-ondes, pour finir dans la politique. Comme rien n'avait marché avant, j'ai décidé d'improviser», mentionne-t-il.

Le résultat est étonnant, très drôle et vraiment pas bête. Il restait à voir comment C'est Glen qui l'a dit serait transposé sur scène, une énigme résolue depuis quelques jours. «Je commence encore avec la fascination du gars pour le micro-ondes. Après, comme je dis ce qui passe par la tête, ça peut changer chaque jour», fait observer Serge Brideau.

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