Denis Lévesque se livre sans fard

Denis Lévesque a surpris bien des gens, peut-être... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Denis Lévesque a surpris bien des gens, peut-être même lui, en sortant un premier album.

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Daniel Coté
Le Quotidien

C'est l'histoire d'un gars qui voyait le temps filer, dont les doigts sont de plus en plus engourdis par l'arthrite. On le connaît pour son rôle d'animateur, d'abord à la radio, aujourd'hui à la télévision. Le voici dans la peau du chanteur et musicien que ses proches connaissent depuis longtemps et que le grand public découvre depuis quelques jours.

De passage au journal hier, Denis Lévesque affichait la mine satisfaite de l'homme qui vient de réussir un bon coup. Oui, quelques critiques l'ont attendu dans le détour, mais ceux qui écoutent sans a priori son premier album, Sous mes pas, n'ont pas le choix de reconnaître que c'est de la belle ouvrage, comme disaient les anciens.

La facture est soignée et le principal intéressé attribue le mérite à Michel Francoeur et Frédéric Darveau, responsables des arrangements. Quant à la voix, dans laquelle on décèle des accents à la Jacques Michel, elle porte joliment ses textes au ton très personnel.

«Je parle beaucoup de l'enfance et de la mort. J'imagine que ça vient avec l'âge où je suis rendu», avance Denis Lévesque du haut de ses 57 ans. Il aborde ses jeunes années à Roberval, notamment les blessures provoquées par des responsabilités assumées trop tôt, à un moment où ses parents traversaient une zone de turbulence.

C'est la trame de Comme si, une pièce qui a été enregistrée au rythme de deux lignes à la fois en raison des larmes qui lui montaient aux yeux. Pour comprendre, il faut savoir que cet épisode l'ayant amené à s'occuper de sa famille, à 17 ans, fut la source des crises d'anxiété qui l'ont conduit, beaucoup plus tard, à s'engager dans une thérapie.

«Avant d'effectuer cette démarche, j'avais trouvé une forme de résilience en me montrant baveux, comme dans le temps où je me chicanais avec Louis Champagne. Je me protégeais de cette façon», signale Denis Lévesque. Autre variante sur un thème similaire: Rester vivant trouve son origine dans l'infarctus qu'il a subi à l'âge de 43 ans.

C'est tôt pour vivre une telle expérience, mais dès que son coeur a flanché, elle lui est apparue dans toute sa réalité. «Ma mère aussi a fait un infarctus et elle m'avait décrit comment ça se passait. J'ai été 30 minutes entre la vie et la mort. Je ne pensais pas à mes cotes d'écoute, ni à mon salaire, mais à mes filles qui étaient très jeunes», raconte-t-il.

La jeunesse est également synonyme de fraternité, de plaisirs partagés comme ceux qui sont évoqués dans Jean-Pierre, clin d'oeil à un vieil ami perdu de vue, puis retrouvé au hasard d'une visite à Roberval, à l'occasion du traditionnel souper dans les rues. Cette fois, le plaisir partagé fut de réaliser que chacun avait trouvé sa version à lui du bonheur.

Une maîtresse exigeante

Un autre problème de santé a fait son chemin à l'intérieur de l'album: l'arthrite qui afflige Denis Lévesque depuis plusieurs années. Il lui laisse encore la liberté de jouer du piano et de la guitare, mais ses doigts sont raides, laissant entrevoir le jour où les musiques qui lui trottent dans la tête seront difficiles à interpréter.

C'est ce qu'illustre Si je pouvais où l'artiste parle de cette douleur qui lui fait peur, «une vieille maîtresse exigeante, arrogante, qui prend sans compter». Elle l'empêche de songer à une série de spectacles, même si les dernières semaines l'ont comblé au-delà de ses espérances. «Il faudrait qu'on répare mes doigts», mentionne-t-il.

Ce qu'on ne pourra pas lui enlever, c'est la joie d'avoir réalisé le rêve d'un gars pour qui la chanson était un hobby, un gars qui, à l'âge où d'autres planifient leur retraite, s'est payé un album créé dans des conditions optimales. En prime, il vient de montrer ce qui anime l'homme derrière la personnalité publique, une fois éteintes les lumières du studio.

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