Réjean Bouchard quitte le Côté-Cour

Réjean Bouchard était devenu indissociable du Côté-Cour, dont... (Archives Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Réjean Bouchard était devenu indissociable du Côté-Cour, dont il dirigeait les destinés depuis un peu moins de 20 ans. C'est pourquoi la nouvelle de son congédiement, confirmé la semaine dernière, mais rendu public hier, a provoqué l'étonnement.

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Daniel Coté
Le Quotidien

Réjean Bouchard ne montera plus sur la scène du Côté-Cour afin de présenter les artistes qui s'y produisent, un rituel que connaissent les habitués de la salle jonquiéroise. Celui qui fut directeur général et artistique de cette institution pendant un peu moins de 20 ans a été congédié, en effet, à la suite d'une décision prise par le conseil d'administration.

L'homme de spectacles a été avisé la semaine dernière et celle par qui la mauvaise nouvelle est arrivée, la présidente Claude Bouchard, reconnaît que ce ne fut pas une partie de plaisir. «Je le connais depuis mes 17 ans. Il s'agit d'un choix difficile, mais il a fallu taire ses émotions», a-t-elle mentionné hier, au cours d'une entrevue accordée au Quotidien.

Le problème, à ses yeux, tenait à l'incapacité de Réjean Bouchard de correspondre au nouveau profil de sa fonction, tel que défini à la suite d'une planification stratégique menée en 2014. Cette démarche avait été initiée dans la foulée des déficits générés par les saisons 2011-2012 et 2012-2013.

«On a ensuite équilibré les comptes, mais on traîne encore le déficit», rapporte Claude Bouchard, qui estime que la nécessité de modifier les pratiques au Côté-Cour était devenue impérative. Au-delà des questions d'argent, il fallait s'ouvrir davantage sur la communauté, tout en opérant d'une manière plus compatible avec l'époque actuelle.

«C'est dur de faire changer une personne qui a son style de gestion et ses goûts bien à elle. Le problème est que nous n'avions pas l'impression d'être arrivés en 2015 en ce qui touche la promotion et la programmation. Nous voulions aussi que les gens fréquentent la salle autrement que pour les spectacles de la fin de semaine», indique la présidente.

Exclusif et trop cher

Conscient du cachet exceptionnel du Côté-Cour, le conseil d'administration croit qu'il doit retrouver la dimension communautaire qui caractérise le bâtiment qui l'abrite depuis sa construction, il y a plus d'un siècle. Il souhaite créer des liens avec le Patro, favoriser le retour du théâtre et se rapprocher des étudiants du Cégep de Jonquière.

«C'est vrai qu'ils ont maintenant leur salle de spectacles, mais peut-être que nous ne proposons pas des choses susceptibles de les rejoindre. Je regarde ce que présente le Sous-Bois à Chicoutimi et je trouve qu'on se fait damer le pion», énonce Claude Bouchard.

Elle rapporte que l'image du Côté-Cour était en train devenir celle d'un club privé, une réalité illustrée par le coût de certains événements. «C'est dispendieux, 47$ pour voir Harry Manx», soutient la présidente, qui fait allusion au passage du guitariste dans la salle de la rue de la Fabrique, le 26 février.

La coordonnatrice Jade Beaudette demeure en poste et jouit de la confiance du conseil d'administration. C'est aussi le cas du directeur technique Louis Moisan, à qui il a confié la direction artistique. Quant à la fonction de directeur général, elle fera l'objet d'une remise à jour destinée à préparer le processus d'affichage lancé dans trois mois.

Côté spectacles, enfin, deux ajouts ont découlé du changement de régime. Le groupe Milk and Bone se produira au printemps, tout comme Betty Bonifassi, qui a chanté au Côté-Cour plus tôt cet automne. Elle reviendra avec un nouvel album sous le bras, une autre exploration du répertoire des «work songs».

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