50e anniversaire du Club de photo de Chicoutimi

Un art de plus en plus accessible

Il y a 50 ans, un groupe de... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Il y a 50 ans, un groupe de passionnés décide de former un club de photo à Chicoutimi.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

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Roger Blackburn
Le Quotidien

Le photographe n'a pas beaucoup changé en 50 ans d'histoire au Club de photo de Chicoutimi. À la base, c'est toujours quelqu'un qui tient un appareil photo entre ses mains, qui regarde dans un viseur et qui pèse sur le déclencheur pour saisir une image.

Il y aura toujours autant d'images qu'il y a de photographes pour un même sujet. Le regard artistique et les émotions demeurent encore au coeur de la photographie. Ce qui a changé, ce sont les supports technologiques, tant pour les appareils que pour les images.

Il y a 50 ans, un groupe de passionnés décide de former un club de photo à Chicoutimi. L'objectif était d'organiser des expositions, d'échanger des connaissances et d'intéresser le public à cet art qui devenait de plus en plus accessible.

«Les gens s'inscrivaient au club de photo pour apprendre des techniques et pour utiliser des équipements comme les acides servant au développement des films et des agrandisseurs pour développer des photos dans une chambre noire. C'était l'époque de l'argentique. On organisait des sorties les week-end et les membres revenaient dans les locaux du club pour développer les deux ou trois rouleaux de film qu'ils avaient pris lors de leur sortie», explique Robin Bouchard, responsable des fêtes du 50e anniversaire du club photo.

Impliqué au sein de l'organisme depuis les années 2000, Robin Bouchard a vu passer le chambardement de la photo qu'on dit argentique à la photo numérique, une révolution technologique qui a complètement chamboulé l'industrie de la photographie.

Gabriel Fortier, collectionneur, aux côtés de quelques appareils... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 2.0

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Gabriel Fortier, collectionneur, aux côtés de quelques appareils photo anciens.

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

«Même si quelques appareils numériques ont commencé à faire leur apparition dans la région vers 2002, c'est vraiment en 2005 que le changement s'est installé. Les gens sont arrivés aux rencontres du club de photo avec des appareils numériques et le changement technologique s'opérait», raconte Robin Bouchard.

Les amateurs n'ont pas eu le choix de s'adapter un peu comme cela s'est fait avec la musique, qui est passé des disques vinyles aux cassettes, aux CD et maintenant au numérique. Au début, les photographes captaient une image sur une pellicule qu'ils développaient dans des acides.

Une fois le négatif séché, il choisissait l'épreuve qu'ils allaient agrandir et imprimer en noir et blanc sur du papier photographique.

«L'arrivé de la photo couleur et des diapositives qu'on projetait sur écran a été une étape importante, mais n'a rien de comparable avec l'arrivée du numérique», fait valoir Robin Bouchard, qui vante la sensibilité et les performances des appareils sur le marché aujourd'hui.

«Il n'y a plus beaucoup de photographes qui impriment leurs photos. On imprime des images pour des expositions ou des projets particuliers, sinon, les images sont conservées sur des disques durs d'ordinateur, sur Internet ou sur des clés USB. De nos jours, on visionne les photos sur nos ordinateurs», dit-il.

La centaine de membres continuent de fréquenter l'organisme chaque année pour apprendre les techniques de base de la capture d'image et le fonctionnement des nouveaux appareils. «En 2010, nous avons transformé la chambre noire du club en studio de photo. La plupart des gens ont leur propre ordinateur à la maison pour choisir et traiter leurs photos. Nous accueillons de nouveaux membres d'année en année, car la photographie n'a jamais été aussi accessible», met en relief le responsable de la programmation des fêtes du 50e du club, Robin Bouchard.

La célèbre image du photographe de La Presse,... (Archives La Presse, Roger Saint-Jean) - image 3.0

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La célèbre image du photographe de La Presse, Roger Saint-Jean, prise en avril 1953, montre Elmer Lach et Maurice Richard, deux vedettes de la Punch Line du Canadien, qui se sautent dans les bras après le but de Lach.

Archives La Presse, Roger Saint-Jean

Gabriel Fortier, un vrai passionné

«On peut mettre beaucoup de photographes dans un même endroit et ils feront toujours des photos très différentes. Ils forment chacun leur manière de voir en fonction de leur histoire». Cette phrase est du photographe Sebastiao Salgado dans le film Le Sel de La Terre.

Un club de photo, même après 50 ans d'histoire, c'est encore un peu ça, mettre beaucoup de photographes dans un même endroit pour partager des points de vue, des connaissances, des discussions et une passion commune.

Gabriel Fortier, membre du club de photo et directeur du département des sciences de la santé et professeur de psychologie à l'Université du Québec à Chicoutimi, fait partie de ces passionnés de photographie. Avec les années, il a même fait l'acquisition d'une collection impressionnante de vieux appareils photo dont certains sont de véritables perles rares.

Le collectionneur donne parfois des conférences sur l'histoire de la photo et il en connaît long sur son art.

Il nous ramène en 1839 (décret à Paris) avec Louis Daguerre, qui correspond à l'arrivée de la photo, il nous parle de William Henry Fox Talbot qui a inventé le principe négatif positif, de la naissance de la compagnie Kodak (1881), de son fondateur George Eastman et de l'évolution des appareils photo. Il raconte aussi des anecdotes sur des photos célèbres et sur des photographes reconnus. Il identifie le premier photographe québécois comme étant Gaspard-Pierre-Gustave Joly de Lotbinière (son fils a été premier ministre du Québec), il était à paris en 1839 où il a acheté un appareil à Louis Daguerre pour son voyage en Grèce et en Égypte.

«Au début des années 1900, tout le monde n'avait pas un appareil photo, mais tout le monde voulait se faire prendre en photo. Avant, les appareils avaient des formats plus grands (4 x 5 pouces), comme ceux que les journalistes utilisaient dans les années 40 et 50, ce qui était la grandeur des photos publiées dans les journaux. Les agrandisseurs ont permis de prolonger cette technologie. Les années 60 ont fait disparaître ces vieux appareils avec l'arrivée de la couleur», raconte le passionné de photo.

«La fameuse photo du photographe de La Presse en avril 1953 quand Elmer Lach et Maurice Richard se sautent dans les bras sur la glace (après le but victorieux en prolongation contre les Bruins de Boston), c'est parce que le photographe (Roger Saint-Jean) avait la vue obstruée par les autres photographes dans le coin de la patinoire. Il a monté l'escalier pour mieux voir et le but a été marqué à ce moment. Il avait le dos tourné quand les photographes ont immortalisé ce but marqué en prolongation. Il était le seul avec un appareil chargé quand les joueurs se sont sautés dans les bras après le but», raconte le collectionneur qui possède plus de 125 appareils anciens et plus de 300 livres sur la photographie.

«À l'époque, on devait choisir si on voulait des photos en noir et blanc, des photos couleur ou des diapositives. Parfois, on avait deux appareils dans le cou. Aujourd'hui, on ne se pose pas ces questions, les photos se retrouvent dans l'ordinateur pour ensuite se retrouver sur les réseaux sociaux comme Instagram», indique le collectionneur. L'appareil photo est le prolongement de l'ordinateur et il se démode aussi rapidement qu'un ordinateur. Garder un appareil photo pendant 40 ans de nos jours, il faut oublier ça», image le photographe.

«Avec les appareils numériques, les photographes peuvent mitrailler une scène d'action et choisir la plus belle photo. À l'époque on ne pouvait pas carabiner et choisir, il fallait choisir et photographier», relate le membre du club photo de Chicoutimi.

Concours de photo du 50e

Dans le cadre de leur 50e anniversaire de fondation, le Club de photo de Chicoutimi organise un concours de photographies, d'hier à aujourd'hui.

Les amateurs de photo, à l'aide de leur cellulaire, leur tablette, ou leur caméra, sont invités à reproduire en date d'aujourd'hui, une ou des photos historiques de Chicoutimi qui sont disponibles sur le site du club de photo au clubphotochicoutimi.org/50e-anniversaire-concours.

Un comité de sélection choisira dix finalistes qui seront dévoilés lors du gala-bénéfice qui aura lieu le 5 décembre à la Pulperie de Chicoutimi.

Les participants à cette soirée choisiront le gagnant du concours.

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