L'avenir se conjugue au présent

Phil Roy, Fred Dubé, Katherine Levac, Pierre-Bruno Rivard... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Phil Roy, Fred Dubé, Katherine Levac, Pierre-Bruno Rivard et Virginie Fortin ont présenté un spectacle d'humour intitulé Les 5 prochains, hier soir, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.

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Daniel Coté
Le Quotidien

À quoi ressemble l'avenir? Au passé, mais en plus jeune, ainsi que l'ont constaté les 400 personnes rassemblées hier soir, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. Les 5 prochains, un spectacle réunissant des valeurs montantes de l'humour, était à l'affiche. Il a permis de constater que la relève est douée, digne des artistes qui lui ont montré la voie.

Prenez Katherine Levac, celle qui a provoqué les réactions les plus enthousiastes, sur un pied d'égalité avec Phil Roy. Ce n'est pas exactement la même chose, mais sa voix douce, son goût pour l'autodérision et cette manière qu'elle a de débiter des absurdités irrésistibles, l'air de rien, la situent dans le droit fil de Clémence Desrochers.

Ce qui est particulier, ce sont les moments où elle se met à chuchoter. On apprend vite à tendre l'oreille parce qu'il y a toujours un gag au bout, comme la fois où elle a parlé d'un ami qui est garde forestier. «Il garde la forêt (...) Au fond, il fait la même job qu'un hibou», a expliqué la jeune femme, dont l'intervention a été saluée par des cris bien sentis.

Un peu plus tôt, l'Ontarienne avait évoqué sa première visite dans un cégep, ce qui avait coïncidé avec la tenue d'un spectacle. «On n'a pas ça chez nous. C'est bien d'avoir deux ans pour décider de ce que tu vas faire dans la vie», a-t-elle énoncé d'un ton presque neutre.

Dans le cas de Phil Roy, on pense moins au mot neutre qu'à neutrons, comme dans bombe à neutrons. Costaud, paré d'une barbe de défricheur, ce garçon est arrivé le dernier pour exécuter son solo et on a vite compris pourquoi. Qui pourrait suivre un clown aussi torrentiel, aussi comique?

Comme Plume quand lui venait le goût de délirer, il prend le public à bras-le-corps et lui laisse juste assez de lousse pour que les fous rires ne l'étouffent pas. L'une de ses victimes fut un groupe d'étudiants en Art et technologie des médias présents dans la salle. «Il n'y a pas la moitié de vous autres qui vont travailler», leur a-t-il asséné joyeusement.

Guitare en mains, Phil Roy a fait du punk rock en chantant une toune sur le skateboard qui devait compter cinq mots, avant de cerner quelques travers des concurrents à La Voix. «Ils font des intros qui ne finissent plus et dédient leur chanson à du monde dont on se câlisse», a décrit l'humoriste.

Signe du statut qu'il occupe au sein des 5 prochains, c'est lui qui a conclu le spectacle en interprétant une composition à lui, Tourtière d'amour, en compagnie de ses camarades. Le public tapait des mains en riant, content d'assimiler un ver d'oreille qui lui rappellera que ce mercredi d'automne a vraiment bien fini.

Le ratoureux et la baveuse

L'avantage avec un collectif, c'est son côté buffet, la diversité qu'il permet d'apprécier. C'est ainsi que Fred Dubé a relevé un défi improbable, celui de recourir à l'humour pour faire réfléchir. D'aucuns jugeront cette idée absurde, comme si on juxtaposait les mots tofu et goûteux. Il y a de grands bouts, pourtant, où ça a fonctionné.

Parfois, un flash a suffi, comme celui que lui a inspiré le pendant québécois du musée Grévin. «Julie Snyder a sa statue à côté de celle de Gandhi et j'ai eu le même réflexe que vous, a relaté le grand frisé. Pour qui il se prend, cet osti d'Indien?»

Son humour est strident, mais aussi ratoureux, intelligent à la façon d'un Daniel Lemire. Après avoir abordé la politique d'information de TVA, ridiculisé les «vox pop» et carnavalisé l'industrie de l'humour, il a ciblé son propre camp: «Moi pis les gauchistes, on se fait des réunions pis si on est plus que dix, on arrête parce que c'est rendu trop commercial.»

Il est baveux, mais pas aussi grincheux que Virginie Fortin, qui n'aime pas les mises en scène, les cafés équitables et les produits bio. Néanmoins, c'est la fois où elle a dû reprendre un gag pour cause de «muffage» que le public s'est montré le plus chaleureux. «Comme vous êtes gentils, je vais vous parler de mon anus», a enchaîné la jolie sorcière.

Assumant le rôle le plus ingrat, celui d'ouvrir la soirée, Pierre-Bruno Rivard a été efficace, mais court en bouche, comme dit pour le vin. Les gags ont fusé. On a ri, mais au final, peu de souvenirs se sont incrustés dans la mémoire. Si les autres sont mûrs pour un solo, il n'a pas démontré la même capacité de tenir une salle dans le creux de sa main.

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