Grandeurs et misères de la parentalité

Dans le volet maternel du livre Il était... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Dans le volet maternel du livre Il était deux fois, celui qui a pour titre Maman pète les plombs, Nadia Bergeron évoque une expérience vécue, en l'occurrence une dépression qui l'a affligée après la naissance de ses jumeaux.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Daniel Coté
Le Quotidien

C'est ce qui s'appelle transformer le plomb en or. Hantée par le souvenir de la dépression générée par la naissance de ses jumeaux, il y a sept ans, Nadia Bergeron a trouvé une façon originale de transcender cette expérience. L'auteure originaire d'Alma s'en est inspirée au moment d'écrire le livre pour enfants Il était deux fois.

Cet ouvrage commercialisé par les Éditions Espoir en canne, une maison établie à Québec, comporte deux volets qui ont été placés tête-bêche. D'un côté, on découvre une histoire intitulée Papa est dans la lune, tandis que l'autre couverture est monopolisée par Maman pète les plombs.

Le dessin créé par Félix Girard montre une femme au bord du désespoir, tenant un bébé d'une main et donnant l'impression de s'arracher les cheveux avec l'autre. Ce n'est pas loin des émotions qui percolaient dans la tête de Nadia Bergeron, peu de temps après qu'elle soit devenue mère.

«J'avais eu une grossesse difficile et pendant plusieurs mois, après l'arrivée des garçons, j'ai fait une dépression post-partum. J'étais fatiguée. Je ressentais de la colère», a confié l'auteure au cours d'une entrevue téléphonique accordée au journal.

Le regard des enfants

Deux années s'étaient écoulées lorsque Nadia Bergeron, qui réside aujourd'hui à Stoneham, a eu l'idée de recycler sa tranche de vie pour en faire un livre au ton humoristique. Faute de temps pour s'atteler au projet, la jeune femme a laissé mûrir le concept avant d'explorer les deux faces de l'aventure parentale.

«Ce sont les enfants qui racontent les péripéties vécues par leurs parents, ce qui représente une façon de les désamorcer, indique l'auteure. Souvent, dans le cas de la mère, elles ne sont pas survenues au contact des enfants. Elle pète les plombs parce qu'un voisin scie un arbre, ce qui trouble son repos. Au cinéma, aussi, quand deux femmes placotent trop.»

Le père, lui, semble évoluer dans un univers parallèle. Il oublie un bébé à l'épicerie, dans le rayon des fruits et légumes, et change un petit de couche sans se rappeler qu'il venait de le faire. Lui aussi est à bout de forces, sauf que ça sort différemment.

«Je viens de participer au Salon du livre, au Saguenay, et j'ai eu droit à bien des sourires de la part des visiteurs, relate Nadia Bergeron. Ce que montre ma maman, ce n'est pas la perfection, mais la réalité, celle d'une femme couettée, débraillée, qui fait l'épicerie. Quand ça fait deux fois qu'on se lève en pleine nuit, on n'est pas à notre meilleur.»

Ses garçons connaissent l'existence du livre, même que l'un d'eux a lu un passage lors du lancement effectué à la bibliothèque municipale de Stoneham. Ils voient la chose avec l'innocence de l'enfance. «Les images les font rire. Par contre, ils ne font pas le lien avec moi et leur père», constate l'auteure d'Il était deux fois.

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