Savoir se renouveler avec finesse

Coeur de Pirate était au Théâtre Banque Nationale... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Coeur de Pirate était au Théâtre Banque Nationale hier.

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

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Daniel Coté
Le Quotidien

Comment se renouveler tout en demeurant fidèle à ce que le public a appris à aimer? Tous les artistes sont confrontés à ce défi qui relève de la quadrature du cercle, mais ils sont rares, ceux qui y arrivent avec autant de finesse, autant d'intelligence, que Coeur de Pirate.

C'est ce qu'elle a démontré hier soir, dans un Théâtre Banque Nationale dont la plupart des sièges étaient occupés, y compris aux paliers supérieurs. Présenté devant la plus grosse salle de sa carrière dans la région, un fait que la chanteuse elle-même a relevé, son nouveau spectacle sera assurément l'un des meilleurs de la saison 2015-2016.

La part d'inédit, du moins en ce qui la concerne, tient à la fois aux arrangements et à la facture visuelle. Les percussions se trouvent fréquemment à l'avant-plan, lourdes, un brin dramatiques. Ceux qui apprécient Florence And The Machine n'ont pas été dépaysés. On peut juste regretter que parfois, la voix était perdue dans le mixage.

La mise en scène, elle, donne à penser que Coeur de Pirate est entrée dans sa période noire, comme on le dirait pour un peintre. Les images projetées sur la scène ont exploité toutes les nuances de cette couleur, parfois à partir de motifs géométriques, parfois à l'aide de photographies tellement modifiées qu'elles frôlaient l'abstraction.

L'effet le plus réussi, sur une nouvelle composition intitulée I Don't Want To Break Your Heart, s'est déployé lorsque la scène a été enveloppée par une nuée de points blancs sur fond noir. Cette ballade pop aux accents modernes, lancée par une guitare un brin spectrale, a été accueillie avec enthousiasme par le public à majorité nettement féminine (et jeune).

Coeur de Pirate a aussi contribué au rafraîchissement de la facture visuelle et pas juste en portant des vêtements de bon goût. Plusieurs fois, elle a quitté le piano pour chanter devant la foule, tout en exécutant des chorégraphies savamment étudiées, en particulier les mouvements des bras et des mains.

Si on parle d'un spectacle intelligent, c'est aussi en raison de l'amalgame de l'ancien et du nouveau matériel. Les chansons récentes, très arrangées, ont cohabité harmonieusement avec les premiers succès de l'artiste, livrés dans un cadre relativement dépouillé.

On pouvait apprécier Francis en version solo, sa légèreté, la voix de la chanteuse qui avait retrouvé les accents juvéniles de ses débuts, mais aussi Crier tout bas et ses percussions omniprésentes, sa finale intense aux claviers. Dans les deux cas, le public a manifesté son contentement avec un surcroît de vigueur qui était justifié.

Une autre surprise fut la reprise de Dead Flowers, l'un des titres les plus vénéneux des Rolling Stones. Coeur de Pirate l'a fait seule au piano, en mettant le country en sourdine et en chantant avec une infinie douceur. On pouvait aimer sa version autant que l'originale, signe que derrière l'auteure et compositrice se cache une redoutable interprète.

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