Incapable de pousser ses projets

Interaction Qui ferme les livres

Amis depuis près de 50 ans, Alain Laroche... ((Photo le Quotidien, Laura Lévesque))

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Amis depuis près de 50 ans, Alain Laroche et Jocelyn Maltais ont confirmé hier, la fin d'Interaction Qui.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Après 35 ans de production, Interaction Qui d'Alma met fin à ses activités artistiques. La conjoncture économique et sociale a eu raison de l'enthousiasme du duo composé d'Alain Laroche et Jocelyn Maltais, connu pour avoir notamment créé dans les années 90 « La Grande Marche des Tacons-Sites », une oeuvre inachevée composées de 60 sculptures à l'effigie de ouananiches situées à tous les 5 km dans la région.

Le dernier projet du collectif, « L'horloge vivante sur l'Île emblématique », qui devaient au départ se réaliser dans le cadre du 150e anniversaire d'Alma, n'a finalement pas été retenu pour des questions techniques. Le duo a ensuite tenté de trouver un autre endroit pour accueillir ce projet, qui se voulait davantage un site touristique mettant en valeur des rumeurs et légendes de la région. Mais malgré la possibilité d'obtenir une importante aide d'Ottawa, les gens du milieu touristique rencontrés par Interaction Qui n'ont pas voulu se lancer dans cette aventure. Ce dernier échec a marqué le début de la fin pour l'organisation.

« Il y avait une opportunité avec L'île emblématique. Mais on voyait bien que le projet ne pourrait pas se concrétiser sur la rivière. Donc à partir de là, on s'est mis à chercher un autre site. On savait qu'il y avait un potentiel pour le financement en 2017 avec le gouvernement canadien. Et on cherchait un site touristique qui possédait déjà les infrastructures d'accueil », explique Alain Laroche.

« On a continué d'aller à la pêche, car on croyait au potentiel du projet. Mais ça s'est soldé par des échecs aussi », ajoute son comparse Jocelyn Maltais.

L'horloge vivante consistait à raconter l'histoire des 60 municipalités de la région (avant les fusions), à travers de petites sculptures représentant chacune une rumeur ou curiosité d'une localité. Les deux artistes rêvaient de voir des visiteurs sillonner cet espace public, sous les paroles d'un bon raconteur.

« Comment se fait-il que nos dirigeants ne soient pas capables d'avoir une ouverture d'esprit? Je pense que le milieu artistique pourrait être une ressource extraordinaire sur le plan économique. Nous avons des gens créateurs ici. La voie de l'avenir de la région devrait se tourner en partie vers le monde artistique. Quand je vois des projets avec autant de richesse, qui ne se réaliseront pas, je me dis qu'on est en retard », exprime l'Almatois Marc Lamirande, un collaborateur de l'organisation qui a agi, hier, en tant que responsable des communications pour les deux artistes.

Mais l'échec de ce dernier projet n'est pas la seule raison du démantèlement. Force est d'admettre que le temps était venu pour les deux hommes de mettre fin à ce projet.

« Lorsqu'on a débuté, l'art se résumait aux galeries, aux centres d'artiste. C'était en ghetto. Oui, on doit avoir des centres d'artistes. C'est essentiel. Mais si on ne fait que ça, ça ne fonctionnera pas. L'art, c'est ce qui fait la culture d'un territoire. Mais pour que ça devienne culture, il faut que la population se l'approprie.

Il faut aller vers la communauté. Et travailler avec des moyens qui ne sont pas nécessairement la peinture, la sculpture, les installations. On doit aller vers les gens et leur demander ce qu'ils font. S'intégrer à leur rythme. Par exemple, aller au festival de la gourgane et entrer dans leur parade », lance M. Laroche.

« Et là, ça fait 35 ans qu'on travaille dans notre laboratoire qu'est la région, le milieu. On s'est aperçu qu'on a abouti. Je sais comment l'art social fonctionne. Et on a une relève aussi », ajoute-t-il.

Ce dernier fait référence au collectif d'artistes La Corvée, qui a pour mission de créer un lien entre le milieu de l'art actuel et la population, de mettre en valeur la ville d'Alma et de manifester l'art à travers le quotidien et le moment présent.

« Dans les années 80, ça n'existait pas. Ce n'était même pas dans l'idée des artistes. On sait aujourd'hui à quel point l'art social est important pour les milieux. Et on met fin à nos activités en sachant qu'il y a une bonne relève dans ce domaine », termine M. Laroche, précisant que lui et M. Maltais continueront à s'adonner à leur art, mais de façon individuelle.

Démantèlement

Pour souligner en grand la fin de ses activités, Interaction Qui organisera un démantèlement pendant les Journées de la culture qui se tiendront du 25 au 27 septembre prochain. Le duo mettra en vente plusieurs oeuvres et curiosités qui ont été créées dans le cadre du projet de l'Horloge vivante. En hommage à ces deux artistes aux projets souvent démesurés, le collectif La Corvée offrira une action performative pendant ces journées célébrant la culture, à Alma.

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