En visite chez son ami René GAgnon à l'Anse-de-roche

Claude Robinson revit dans la création

René Gagnon et Claude Robinson célèbrent leur amitié... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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René Gagnon et Claude Robinson célèbrent leur amitié face au fjord du Saguenay.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Roger Blackburn
Le Quotidien

Le dessinateur, auteur et créateur Claude Robinson s'est imprégné du fjord du Saguenay cette semaine en rendant visite à son ami le peintre René Gagnon dans son magnifique domaine artistique aménagé en surplomb sur les falaises de L'Anse-de-Roche à Sacré-Coeur. Les deux créateurs donnaient une classe de maître à l'occasion du Happening artistique de Tadoussac.

«Tourne-toi un peu que j'essaye ça de profil», lance le dessinateur au peintre alors qu'il tire son portrait à la craie dans l'atelier nouvellement aménagé en face du musée personnel de M. Gagnon. «Je revis ici. René, c'est la plus belle tête qu'y a pas au Québec et je me suis dit que ce serait une bonne idée de le dessiner pour cette journée. Ça libère drôlement de s'exprimer sur papier», lance Robinson, insistant pour qu'on le tutoie en entrevue.

Celui qu'on connaît pour sa célèbre saga judiciaire visant à faire reconnaître ses droits d'auteurs ne sort pas souvent ses crayons. «Cette histoire-là a détruit ma santé. Je souffre de polyarthrite rhumatoïde dans les doigts et c'est très douloureux au niveau des articulations et des muscles. Mais là ça me fait du bien; mes mains sont douloureuses, mais je sublime la douleur en faisant le portrait de René», dit-il.

«Tu as des mains en or», le complimente le peintre. «Il y a quelque chose d'agréable de retrouver le plaisir de barbouiller. Je cherche des émotions dans mes coups de crayon; je ne cherche plus à faire des dessins pour plaire aux autres. Je cherche des sentiments. J'ai changé mon approche pour retrouver du plaisir à m'exprimer, ça libère drôlement», témoigne Robinson qui en était à sa première visite chez son ami saguenéen.

La vie sur pause

«Je n'aurais pas pu venir avant. Ça m'a bloqué pendant 20 ans toute cette histoire de procès. Je n'acceptais plus d'invitation, j'étais obnubilé par ce litige» de confier le célèbre personnage âgé de 63 ans.

«Imagine un peu, je devais faire la preuve et déterminer le montant d'argent que ces gens-là avaient fait en plagiant mon oeuvre. J'ai dû faire l'inventaire des horaires télé de 165 pays pour trouver quel jour et à quelle heure était diffusé le dessin animé. C'est épouvantable tout le travail que j'ai mis là-dedans», raconte Claude Robinson, sans lever la tête du portrait qu'il complète.

René Gagnon saisit l'anecdote au passage pour ajouter que «Claude, c'est un homme bien organisé, il a un beau cerveau. Il le faut pour gagner devant la plus haute cour du Canada. Ça m'impressionne beaucoup, il a gagné l'impossible; même les miracles n'arrivent pas à ça».

Est-ce que Claude Robinson referait le même combat s'il fallait tout recommencer? «Quand ça m'est arrivé, c'était comme une brutalité. Je connaissais ces six personnes et je me trouvais imbécile de m'être fait avoir. J'ai mis 20 ans à reprendre du respect pour moi-même. Mon pire ennemi ce n'était pas mes adversaires, c'était moi. Au lieu d'être méchant, j'ai essayé de rétablir les faits. Là, je peux me regarder dans un miroir, là je peux recommencer à vivre. C'est pour ça que j'ai pris le temps de venir ici sur les rives du fjord. Maintenant je suis plus sélectif à l'égard des gens que je fréquente, ça me fait du bien de côtoyer du monde honnête», commente celui qui a reçu la médaille de l'Académie royale des arts du Canada ce printemps pour sa contribution exceptionnelle au développement des arts au Canada, et son action pour faire reconnaître l'importance des droits d'auteur.

L'auteur vient tout juste de terminer l'écriture d'un scénario de film, un long métrage de fiction de 110 minutes, La loi martiale, qui sera entièrement tourné aux Îles-de-la-Madeleine. Le comédien a bien apprécié son rôle d'itinérant dans 30 vies de Fabienne Larouche. Cette dernière produira également le film.

Claude Robinson continue son combat alors qu'il revient de Paris pour tenter de récupérer des montants d'argent de la firme Moonscoop (France animation), qui est sous la loi de la protection des faillites et qui refuse de le dédommager. «Mes adversaires ont dépensé 10 millions$ en frais d'avocat dans ce dossier et ils ne me payeront pas», lance le créateur de Robinson curiosité.

Rappelons que la Cour suprême du Canada a rendu un jugement unanime en faveur de Claude Robinson en 2013, ordonnant à un consortium de maisons de production de lui verser environ quatre millions de dollars pour avoir plagié son oeuvre qui est devenue Robinson Sucroë.

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