Des mots bien dits au Bar à pitons

Des slameurs inspirés

La slameuse québécoise Queen Ka.... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

La slameuse québécoise Queen Ka.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Roger Blackburn
Le Quotidien

Trop de mots pour une seule soirée. Les slameurs étaient inspirés hier soir au Bar à pitons de Chicoutimi pour la finale régionale où huit érudits des mots se sont mis en danger pour dire leur poésie, la rendre avec émotion, la rendre avec imagination.

Ils ont certes été inspirés par la présence de Queen Ka, la slameuse québécoise qui représente le Québec au micro des différents événements de slam au pays et ailleurs. Comme le Saguenay ne fait rien comme ailleurs, c'est elle qui a fait la première partie de la finale de la première saison de slam du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Dans une salle remplie à craquer par plus de 80 personnes alors qu'elle peut en contenir 50, Queen Ka, de son vrai nom Elkahana Tabli, s'est lancée sur la petite scène à peine plus grande qu'un panneau de 4x8 pour chauffer la salle qui suait déjà à grosses gouttes. Une dizaine de spectateurs avaient choisi d'assister au spectacle en regardant par la fenêtre qui faisait dos aux slameurs.

Queen Ka a offert en toute générosité cinq textes avec une théâtralité verbale qui nous suspend à ses mots. Mots au foyer, un poème écrit un soir où les mots lui manquaient. Elle raconte que ses mots se sont mis à vivre loin d'elle et qu'en raison de leur oisiveté ils avaient pris de l'embonpoint. Ses mots allongés de travers y ont perdu leur vers. Elle a séquestré les L, coupé la queue aux Q alors qu'ils la frappent à coup de points d'exclamation elle réplique à coups de poing d'interrogation. « Il ne faut jamais prendre ses mots pour acquis », conclut-elle.

Pétillante, colorée, rieuse, tendre et amoureuse, Queen K a laissé de la crédibilité et de la sensibilité à la finale régionale de slam, hier soir.

Finalistes

« La route a été longue avec six soirées de slam, une demi-finale, 40 slameurs, plus de 70 000 mots et des centaines de rimes », a lancé l'animatrice Marilyne Renaud en début de soirée, avant que les finalistes prennent la place.

Les quatre slameurs qui représenteront la région en finale provinciale, à Montréal, les 23 et 24 septembre, sont Guillaume Ouellet, Julie Bernier, Cyranez de Bergeronnes et Sophis Torris.

Les quatre slameurs ont livré une performance digne de professionnels. Sophis Torris a comparé les femmes québécoises et françaises dans une allégorie aux voitures. « La Québécoise ne se contente pas du siège du passager ». Guillaume Ouellet nous a parlé « des kids qui jouent aux poches et des vieilles qui jouent au X-Box ». Cyranez de Bergeronnes a rendu hommage aux gens de la Côte-Nord qui ont de l'eau salée dans les pores de la peau alors que Julie Bernier a défendu la pauvreté : « L'espoir s'accroche comme le chiendent chez l'infortuné ».

Une belle soirée remplie de mots bien dits.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer