Un mariage toxique

«Si on prend l'exemple du Festival international des... (PHOTO PAWEL DWULIT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

Agrandir

«Si on prend l'exemple du Festival international des Rythmes du Monde, parce que l'auteur de ces lignes s'adonne à le couvrir depuis une dizaine d'années, il n'y a que les soirs d'orage qu'on échappe à cette plaie que constitue la cigarette», estime l'auteur.

PHOTO PAWEL DWULIT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Coté
Le Quotidien

Lorsqu'on assiste à un spectacle, la seule fumée visible devrait être celle qui sort de la scène. C'est une idée que la plupart des gens trouveront banale, normale, mais elle demeure une vue de l'esprit pour qui fréquente les festivals tenus à l'extérieur.

C'est encore le «free-for-all» et le gouvernement du Québec devrait profiter de la révision de la loi sur le tabac, adoptée en 2006, pour mettre fin à cet anachronisme. Cela s'inscrirait dans la même logique que sa volonté d'éliminer la boucane des terrasses, l'un des changements envisagés par la ministre déléguée à la Santé, Lucie Charlebois.

Il suffit de fréquenter les activités estivales pour constater qu'il existe un problème, en effet. Si on prend l'exemple du Festival international des Rythmes du Monde, parce que l'auteur de ces lignes s'adonne à le couvrir depuis une dizaine d'années, il n'y a que les soirs d'orage qu'on échappe à cette plaie que constitue la cigarette.

Il est impossible de passer ne serait-ce qu'un quart d'heure sur la voie publique, en face de la scène, sans être exposé à la fumée secondaire. Quand la foule est clairsemée, on a l'option de se tasser, mais il aurait été impossible d'adopter cette stratégie pendant la visite des Trois Accords ou celle de Marc Dupré, alors que le site était plein comme un oeuf.

La question posée est celle-ci: est-il légitime qu'à l'occasion d'événements qui reçoivent du financement de l'État et qui, de surcroît, se déroulent dans l'espace public, les non-fumeurs doivent composer avec des pratiques folkloriques remontant aux années 1990? La réponse est clairement non.

La réalité est que tant que ce ne sera pas interdit, des gens en profiteront pour allumer sous le nez de leurs voisins, qui n'auront pas le choix d'endurer. Peut-être que les fumeurs croient que l'absence d'un toit élimine leurs émanations toxiques, comme par magie. Comment expliquer, alors, l'odeur âcre qui s'incruste sur les vêtements?

Rappelons enfin que le gouvernement songe à interdire la fumée dans les véhicules où se trouvent des enfants.

Il s'agit d'une initiative louable, mais pourquoi s'arrêter en si bon chemin quand on sait que plein de jeunes assistent, eux aussi, à des spectacles en plein air?

Ce serait bête d'attendre la prochaine révision pour rendre la loi plus étanche.

Deux départs

Le hasard a voulu que le même jour, soit le 14 août, deux femmes proches du milieu des arts, tout en oeuvrant dans le monde des communications, ont dû faire le deuil de leur tribune. Il s'agit de Paule Therrien, qui travaillait à Radio-Canada, et de Marie-Christine Bernard, du réseau TVA.

La première a effectué son ultime intervention à la radio, juste avant les nouvelles de 18h. Très digne, l'animatrice a pris congé des auditeurs en précisant qu'elle ne faisait plus partie des plans de la société d'État. Elle quitte après 23 années pendant lesquelles son intérêt pour la scène culturelle, son désir de la faire rayonner, n'ont jamais défailli.

Quant à Marie-Christine Bernard, elle a été à la barre de La vie au Saguenay-Lac-Saint-Jean pendant un quart de siècle, à l'antenne de CJPM. Même si son mandat était extrêmement large, les artistes ont toujours été les bienvenus à son émission, qu'on vient de retirer de l'antenne. Elle l'a encore démontré en fermant les livres avec l'éditeur Jean-Claude Larouche.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer