La culture pour contribuer à la communauté

La propriétaire de la Galerie Dépliée Anick Bouchard... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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La propriétaire de la Galerie Dépliée Anick Bouchard admire les oeuvres de l'artiste amérindienne Eruoma Awashish à La Baie.

Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Dominique Gobeil
Le Quotidien

L'artiste autochtone Eruoma Awashish, originaire d'Obedjiwan et qui a adopté la région après ses études, a choisi la culture pour contribuer à sa communauté. Ses oeuvres inspirées des traditions amérindiennes sont encore peu connues dans la région, mais rayonnent à Montréal.

«J'ai choisi l'art parce que c'est ma force pour faire avancer mon peuple, pour qu'il reprenne sa place dans la société et qu'il y ait moins de préjugés. Il y a encore beaucoup de travail à faire», estime la jeune femme de 34 ans.

Celle qui a son atelier à Saint-Félicien exposera au cours de l'année dans cinq maisons de la culture de la métropole pour une tournée du Conseil des arts de Montréal. Ses tableaux sont aussi mis en vente dans deux galeries montréalaises, à l'espace culturel Ashukan et à la Guilde canadienne des métiers d'art. On peut en voir trois à la Maison des Jésuites de Sillery à Québec et à la Galerie Dépliée de La Baie, dans la région.

La couleur rouge, les plumes d'oiseaux et le thème de la chasse sont récurrents dans les oeuvres de Eruoma Awashish. «Je mélange des matériaux organiques avec d'autres industriels. C'est une façon de ne rien gaspiller de la chasse et d'honorer les animaux en leur donnant une deuxième vie à travers l'art», explique-t-elle en entrevue téléphonique.

La tradition spirituelle autochtone est très présente dans sa démarche artistique. La chasse l'inspire dans ses projets en cours pour les aspects de la pérennité du corps physique et du don de soi des animaux pour nourrir une autre espèce. À La Baie, on peut justement observer un caribou, avec en fond une lune réalisée avec des imitations de feuilles d'or et une mire qui rappelle la technique de perlage amérindien.

Eruoma Awashish a terminé son baccalauréat interdisciplinaire en arts à l'Université du Québec de Chicoutimi en 2009. Sa maîtrise, qui aborde l'évolution de la culture autochtone, est en suspens. «J'avais besoin de produire des oeuvres sans avoir un cadre académique. Je serais bientôt mûre pour recommencer», avoue-t-elle.

L'artiste se considère chanceuse d'avoir grandi dans un milieu où l'art était beaucoup valorisé, avec une mère comédienne et un père musicien. Elle imagine qu'elle peut être considérée un peu comme un modèle pour sa communauté. «Ça me touche qu'on puisse le penser. Chaque personne est responsable de l'image qu'elle transmet et devient un ambassadeur. Moi-même j'ai eu des modèles et je suis contente de pouvoir redonner ce qu'on m'a offert.»

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