Les Trois Accords au FIRM

Puissant concentré d'humanité

Accueillis en héros, les Trois Accords ont attiré... ((Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie))

Agrandir

Accueillis en héros, les Trois Accords ont attiré la plus grosse foule de la soirée, hier, sur le site du Festival international des Rythmes du Monde.

(Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Daniel Coté
Le Quotidien

Une éclaircie. C'est tout ce dont avait besoin le Festival international des Rythmes du Monde, hier soir, pour faire de la rue Racine un puissant concentré d'humanité. Épargnée par la pluie, la plus grande foule de la présente édition, mais aussi l'une des plus importantes de son histoire, a assisté aux spectacles proposés sur les deux scènes principales.

Accueillis en héros, les Trois Accords ont attiré... ((Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie)) - image 1.0

Agrandir

Accueillis en héros, les Trois Accords ont attiré la plus grosse foule de la soirée, hier, sur le site du Festival international des Rythmes du Monde.

(Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie)

Ce sont les Trois Accords, invités pour la première fois, qui ont provoqué le plus gros bouchon. Pour aboutir au pied de la scène où ils se sont pointés à 21h 30, celle voisine de la cathédrale, il fallait suivre un colosse ou se déguiser en courant d'air. On aurait dit que chaque pouce carré était occupé et ce, d'aussi loin que le restaurant Chez Georges.

Des enfants côtoyaient des adultes: des gars sur le party, des retraités, des filles pas toujours tranquilles. Quand le groupe est apparu, flanqué de deux percussionnistes surnuméraires, la réaction des fans a fait penser à un presto qui aurait chauffé trop longtemps. Ils se sont mis à crier de joie et à sauter, le poing levé.

Tout ceci pour Les amoureux qui s'aiment, un succès auquel les deux batteries ont conféré un petit côté carnaval, presque fanfare, ce qui était plutôt charmant. Les Trois Accords ont enchaîné avec Grand champion, lancé par des guitares nerveuses qui ont éliminé toute trace de gras dans les arrangements.

N'affichant aucune pitié, les musiciens ont sorti leur Satisfaction à eux, Hawaïenne, en se disant qu'ils trouveraient autre chose pour le rappel. Ceux qui jugent sévèrement les textes du groupe, qui sont souvent plus absurdes qu'un épisode de La petite vie, auraient été fort instruits par la réaction du public.

Même s'il prononçait les mots, en effet, on a senti que le message ne résidait pas là, mais dans l'énergie qu'ils aident à libérer. Ils constituent un exutoire, un prétexte pour communier en toute innocence, un phénomène qui a été illustré de manière encore plus éclatante sur Saskatchewan.

Le groupe a lancé la pièce a cappella, ou presque, pendant qu'une forêt de mains levées, avec ou sans cellulaire, se balançaient de gauche à droite. Un beau grand slow, le moment Hey Jude d'un spectacle qui, lors du départ de l'auteur de ces lignes, avait retrouvé ses accents rock sur l'air de Bamboula.

L'hommage à Marley

Une célébration d'un genre différent a eu lieu sur la même scène, en début de soirée. Elle a été animée par la légendaire Marcia Griffiths, partenaire de feu Bob Marley en sa qualité de choriste au sein des I Threes. On était dans le patrimoine, en somme, mais un patrimoine bien vivant, puisque cette dame incarne avec beaucoup de charme l'esprit du Rastaman.

Après avoir offert quelques chansons de son cru, à un moment où les gens arrivaient sur le site, la Jamaïcaine est entrée dans le vif du sujet. «Maintenant, je vais rendre hommage à notre Frère dont la musique a touché toutes les régions du globe», a-t-elle annoncé avant d'entonner No Woman No Cry.

C'était une belle version, pas trop maline et bien servie par sa voix légèrement granuleuse. Il était même émouvant de l'entendre, elle qui a participé à la création de cette immortelle. La foule, qui se densifiait à vue d'oeil, était aux anges, accompagnant l'interprète en dansant tout doucement.

Les musiciens ont haussé leur niveau d'intensité sur Buffalo Soldier et Marcia Griffiths n'a eu aucune peine à les suivre. Idem sur Could You Be Loved, une chanson agrémentée de jolies touches de saxophone, et sur Lively Up Yourself, qui a fermé les livres avant le rappel.

Plusieurs enfants dansaient et il est vrai que ces versions avaient quelque chose de consensuel, à mille lieues de la charge revendicatrice, presque révolutionnaire, qui nourrissait le reggae dans les années 1970. N'empêche que ce fut une belle rencontre qui a été couronnée par One Love, une sélection on ne peut plus appropriée dans les circonstances.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer