Paul McKenzie et le Québec libre

Cet homme vous veut du bien. Portant kilt... ((Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie))

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Cet homme vous veut du bien. Portant kilt et lunettes, Paul McKenzie, le leader du groupe The Real McKenzies, a encouragé le public rassemblé hier soir, au centre-ville de Chicoutimi, à croire que le Québec peut vivre sans l'aide de personne. Il a fait cette déclaration au cours d'un spectacle présenté dans le cadre du Festival international des Rythmes du Monde.

(Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie)

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Daniel Coté
Le Quotidien

Ça remonte à quand, la dernière fois que vous avez entendu un artiste se prononcer en faveur de l'indépendance du Québec? Aux années 1990? À un spectacle de Paul Piché dans le temps qu'il était barbu? Ceux qui se trouvaient sur la rue Racine hier soir, aux alentours de 22h, auraient moins de peine à répondre à cette question.

Rassemblés devant la grande scène du Festival international des Rythmes du Monde, près de la cathédrale, ils ont vu le leader du groupe punk celtique de Vancouver, The Real McKenzies, exprimer de tels sentiments sans ironie aucune. En matière de politique, en effet, Paul McKenzie n'entend pas à rire.

«Il y a combien de séparatistes ici? Levez vos mains», a-t-il ordonné après une trentaine de minutes passées sur la scène, ce qui fut suffisant pour développer une certaine intimité, il faut croire. Voyant que son public était disposé à renoncer aux Rocheuses, le chanteur y est allé d'un conseil d'ami.

«Ne les laissez jamais vous convaincre du fait que vous ne pouvez pas vous faire vivre», a lancé Paul McKenzie avant de crier «Oui, oui, oui» dans la langue de ses hôtes. Il n'a pas poussé le zèle jusqu'à entonner Gens du pays après cette déclaration d'amour, cependant. Il fallait reprendre le fil du spectacle et ça n'aurait pas marché avec du Vigneault.

On l'a mentionné tantôt, le groupe The Real McKenzies, dont c'était la première apparition au festival, pratique une version extrême de l'horticulture musicale. Il a rempoté ses racines celtiques dans un terreau punk semblable à celui de ses copains de l'étiquette Fat Wreck Chords, le domicile de NOFX. Ça donne beaucoup de notes et encore plus de décibels.

Chacune de ses chansons dure à peu près deux minutes, l'une des rares exceptions étant Stephen's Green, qui parle d'un site ancien où des gens étaient pendus. C'est la pièce qui a été livrée juste avant le «coming out» souverainiste de Paul McKenzie.

Le cornemusier ayant troqué son instrument de prédilection pour la guitare, ils étaient deux à laminer les tympans du public pendant que le chanteur, dont la voix rauque charriait un torrent de mots, tapait du pied, le poing en l'air. Devant lui, une vingtaine de grands bonhommes slammaient allègrement sous l'oeil de quelques agents de sécurité.

C'était intense comme atmosphère, mais pas dangereux. Dix pieds plus loin, la foule était sage, bien moins grouillante qu'à l'autre bout de la rue Racine, où Dominique Hudson faisait son numéro latino devant des fans cordés serré. Elle prenait plaisir à apprivoiser ces drôles de zèbres qui, à leur façon, viennent de marquer la petite histoire du festival.

dcote@lequotidien.com

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