Festival de la chanson de Tadoussac finit en beauté

De la diversité et de l'abondance

Les interprétations enjouées de Dany Placard ont été... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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Les interprétations enjouées de Dany Placard ont été appréciées du public, hier après-midi, à l'occasion du spectacle de clôture du Festival de la chanson de Tadoussac.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Daniel Coté
Le Quotidien

Les têtes d'affiche étaient retournées chez elles, mais ça n'a pas empêché le spectacle de clôture du Festival de la chanson de Tadoussac de représenter un grand cru. Tenu hier après-midi, à l'intérieur de l'église, cet événement aux airs de marathon - il a duré 3 heures 15, en incluant la pause - a montré à quel point la 32e édition fut généreuse en talents.

Comme on dit au hockey, il y avait de la profondeur sur le banc. En prime, les artistes invités à livrer deux pièces, comme le veut la formule, ont couvert un large éventail de sensibilités. Du rock, du hip-hop, du folk, du comique, des musiques du monde: il ne manquait que le chant de gorge inuit pour afficher complet.

C'est Éric Goulet qui a ouvert le bal avec Le trou de ma guitare, un air country qui lui serait venu en rêve. Il a ensuite accompagné l'Acadienne Sandra Le Couteur, première à faire lever le public, nombreux et très allumé, avec la chanson Anita.

Elle a aussi produit la réplique la plus drôle du jour lorsque l'animateur du spectacle, Xavier Lacouture, lui a demandé quelle était sa qualité préférée chez un homme. «Le silence», a répondu la dame, à qui Dany Placard a succédé avec Chanson populaire et Dix jours. À chaque fois le Laterrois a emprunté un ton enjoué auquel le public s'est montré sensible.

Son folk rugueux se situait à mille lieues des facéties de Sarah Olivier, qui campait une diva portée sur les vocalises à la Nina Hagen et dont l'humour physique est proche du vaudeville. Sur sa seconde pièce, qui lui a valu une ovation debout, elle a chanté, dessiné des cercles avec sa tête et marché sur les genoux pour fuir une supposée menace. Un joyeux délire.

Le phoque et la scie

La musique du Maghreb a fait partie du programme, par l'entremise d'Ayrad. Ce groupe qu'on reverra cet été, au Festival international des Rythmes du Monde, a proposé un air entraînant, couronné par un duo-duel entre le violon et la clarinette. Le second titre, lui, a été dominé par les percussions, ainsi que la voix joliment terreuse du chanteur.

Le rire a repris ses droits avec Benoit Paradis, qui a chanté et joué de la guitare en posant un pied sur le siège de sa chaise et l'autre sur le dossier. Ainsi perché, il s'est taillé un beau succès en déversant un déluge de mots sur le public dans T'as tu toute? .

C'était drôle et l'invité suivant, le Belge Nicolas Jules, a prolongé le plaisir en s'amusant aux dépens du Québécois. «Je viens d'écrire quelque chose pour lui, Chanson d'amour pour Benoit Paradis», a-t-il signalé. On a beaucoup ri, mais moins qu'avec Oint, où il est question du Diable qui se lave en secret dans l'eau de Lourdes. Ça lui a valu un «standing».

Le blues de Jordan Officer, sa virtuosité à la guitare, a aussi produit son effet, en particulier sur sa version de la chanson pop And Then He Kissed Me. Cet homme est un sorcier et on a appris, au cours de son entrevue, qu'il possédait une maison à Tadoussac. On envie ses voisins.

La touche hip-hop est venue de Clay And Friends, un groupe qui sait faire aimer ce genre musical avec ses arrangements touffus, ses chorégraphies et son attitude engageante. «Ça fait quatre minutes que je suis levé. J'ai laissé ma voix sur la plage», avait averti Clay, le chanteur. Vrai qu'il sonnait graveleux, mais ça lui allait plutôt bien.

Un autre groupe qui mérite le détour, Raton Lover, a impressionné avec Monsieur Right, une construction folk-rock qui avait quelque chose de Californien, tendance années 1970. C'était si bien parti qu'on aurait aimé étirer le plaisir, mais la fin du spectacle approchait.

L'imprévisible Xavier Lacouture a fermé les livres en jouant de la scie, prétextant que c'était pour communiquer avec les baleines. On a vite reconnu l'air de La complainte du phoque en Alaska, que le public a fredonné spontanément. Ce fut la dernière chanson entendue au cours de la 32e édition du festival.

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