Louis-Jean Cormier

Très bon, trop court

Louis-Jean Cormier... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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Louis-Jean Cormier

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Daniel Coté
Le Quotidien

Tout allait bien jusqu'à ce que ça prenne fin.

La formule peut sembler étrange, mais décrit bien le sentiment de plusieurs personnes ayant assisté, hier soir, au spectacle de Louis-Jean Cormier donné à l'église de Tadoussac. De retour au Festival de la chanson dans le contexte d'une nouvelle tournée, celle de l'album Les grandes artères, il a offert une prestation relevée dont le principal défaut fut de durer 1h13.

«On a dépassé un peu notre temps», a précisé le chanteur avant d'offrir son unique rappel. Il a laissé entendre que la salle devait être préparée en vue de l'apparition de Pierre Flynn, mais n'empêche. Qu'on ne mesure pas une création artistique de la même manière qu'une corde de bois, on en convient. Sauf qu'à un tel degré de brièveté, on joue dans la même ligue que les pots de confiture à 10 $ qui ont la taille d'un dé à coudre.

C'est d'autant plus regrettable que le public avait du talent, une manière de dire qu'il était extrêmement réceptif. L'église était pleine et encore plus chaude que la veille, lors du passage de Juliette Gréco, et les gens n'ont pas eu besoin que Louis-Jean Cormier le demande deux fois pour qu'ils se lèvent au milieu du spectacle. «T'as qu'à bien te tenir. On va déterrer de vieilles histoires», a-t-il lancé avant d'ouvrir le grand et beau chantier que fut Bull's Eye

Trois percussionnistes, une foule qui bat des mains frénétiquement, et c'était parti. Il y avait un côté carnaval à l'affaire, une approche inventive qui a mené à un crescendo coiffé par la voix de l'artiste, plus aérienne que jamais. Livré dans la même foulée, Tout le monde en même temps a poussé la complicité à un autre stade lorsqu'une forêt de bras s'est dressée, ainsi que le suggère le texte.

La musique, elle, s'est alors promenée dans toutes sortes d'atmosphères, tantôt syncopée, tantôt en mode accéléré, jusqu'à ce que la chanson prenne une dimension épique, à la manière d'un hymne. «On joue au solitaire, tout le monde en même temps», dit le refrain, mais pendant ces précieuses minutes, la notion de solitude est devenue moins réelle. On se trouvait dans une église, après tout. C'était normal qu'il y ait communion.

La propension de Louis-Jean Cormier à concocter des arrangements sophistiqués, à ajouter quelques étages à la trame originale des chansons, a aussi embrassé Les grandes artères. À cet égard, l'une des belles réussites fut Deux saisons trois quarts, la pièce proposée à l'occasion du rappel.

«Elle s'appelle comme ça en hommage à ma région natale, la Côte-Nord», a souligné Louis-Jean Cormier. Alors que des images montrant un territoire peu habité étaient projetées au-dessus des musiciens, ceux-ci ont installé un climat onirique, enveloppant, où la guitare se faisait soyeuse, les percussions caressantes. C'est devenu planant, très joli, voire hypnotique, une vraie réussite qui, malheureusement, est demeurée sans suite.

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