Un miracle signé Dylan Perron et Elixir de Gumbo

Quand on peut slammer sur du Vigneault

Dylan Perron et Elixir de Gumbo ne font... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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Dylan Perron et Elixir de Gumbo ne font pas de quartier. Quand ils prennent une scène d'assaut, le public n'a pas le choix de s'abandonner, un phénomène qui se reproduira sans doute aujourd'hui.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Daniel Coté
Le Quotidien

Il faut veiller tard pour voir Dylan Perron et Élixir de Gumbo au Café du Fjord. Le quatuor abitibien n'apparaît qu'à minuit 30 sur la petite scène devant laquelle, ce soir encore, des dizaines de jeunes et moins jeunes vont se presser, parfois danser et parfois slammer, en se laissant porter par ses musiques pour lesquelles le mot adrénaline semble avoir été inventé.

Ce fut le cas dès la première apparition du groupe, dans la nuit de jeudi à vendredi. Même si le Festival de la chanson de Tadoussac n'avait pas encore atteint sa vitesse de croisière, il y avait foule quand ont retenti les premières notes d'un brûlot intitulé Les boulets aux pieds. Guitare, banjo, mandoline et contrebasse, en plus d'une touche d'harmonica à la fin: l'esprit était punk, mais avec un petit quelque chose de rural qui rehaussait le côté festif de l'affaire.

«Tabarnak, Tadoussac! J'vous tchèke la face, pis j'pense que vous voulez pas de ballades», a lancé Dylan Perron, leader charismatique de la formation, avant de faire monter la température de quelques degrés avec La danse de la poule. Pendant que ça slammait ferme, mais dans la bonne humeur, il a ajouté un grain de folie en grimpant sur les épaules du joueur de mandoline, tout en grattant frénétiquement les cordes de son banjo.

L'atmosphère ressemblait à celle d'un spectacle du Québec Redneck, en un peu moins alcoolique. Une autre différence est que les Abitibiens s'imposent un coefficient de difficulté élevé, ce qu'ont illustré les trois chansons de Gilles Vigneault livrées à un moment où le party était décollé. Le public ne s'est pas attiédi, pourtant, lorsqu'on lui a servi une version tonique de J'ai planté un chêne, puis Mettez votre parka et Au jardin de mon père. L'Église nomme des saints pour des miracles moins impressionnants que celui-là.

LE MEHDI CAYENNE CLUB

Le festival a le chic pour trouver des perles là on les attend pas. Ce fut le cas des Hôtesses d'Hilaire l'année dernière, ce groupe de Moncton au rock pesant, aux textes acides, et dans un genre on ne peut plus différent, c'est ce que démontrent les Ontariens du Mehdi Cayenne Club. Ils ont animé la première de leurs deux soirées jeudi, à l'Auberge de jeunesse, en laissant voir de bien belles choses.

Il s'agit d'un trio, mais il faut plutôt parler d'un one-man-show, celui du chanteur et guitariste Mehdi. Il est plutôt joli et a l'air de le savoir, adoptant des poses un brin narcissiques, ne ratant jamais l'occasion d'afficher sa superbe dentition. Ça peut agacer, mais pas au point de gommer l'essentiel: son jeu brillant à la guitare, ses pas de danse explosifs et sa manière de raconter les choses, proche de celle de Jean Leloup à ses débuts.

Brillant par bouts, complaisant à d'autres moments, Mehdi ressemble à un diamant brut à qui il ne manque qu'une direction claire, un minimum d'encadrement, pour électriser une scène musicale un peu trop raisonnable.

dcote@lequotidien.com

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