L'Espace des possibles, à L'oeuvre de l'autre

Classe d'anciens

Cindy Dumais propose quelques sculptures, ainsi que des... ((Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie))

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Cindy Dumais propose quelques sculptures, ainsi que des tableaux, dans le cadre de l'exposition L'espace des possibles. Elle y poursuit son exploration du corps humain.

(Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie)

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Daniel Coté
Le Quotidien

Étudier en arts visuels peut donner le vertige, surtout lorsqu'on voit poindre le jour où il faudra quitter l'université pour amorcer une pratique individuelle. Ce phénomène est vrai de toute éternité, d'où la pertinence de L'espace des possibles, une exposition proposée jusqu'au 22 avril, à la galerie L'Oeuvre de l'Autre de l'UQAC.

Cinq anciens de cette institution ont été invités à montrer leur production récente: Jessy Bilodeau, Carl Bouchard, Cindy Dumais, Julien Boily et Jean-Marc E. Roy. Au-delà de l'intérêt suscité par leurs créations, le fait que ces gens oeuvrent à titre professionnel depuis des années, que leur travail soit apprécié, a valeur d'encouragement pour les recrues.

Prenez Jean-Marc E. Roy. Pour une rare fois, le cinéaste effectue une apparition en galerie avec Puisqu'il le faut. Tourné l'an dernier, pendant le festival Regard sur le court métrage au Saguenay, ce film fait voir des artisans du septième art lisant des poèmes de qualité variable, après avoir exécuté des mimiques qu'ils ne s'autorisent plus au cinéma.

«Un ami avec qui j'ai déjà travaillé, François Bernier, m'avait dit: ''T'es pas «game» de tourner quelque chose en fin de semaine''. L'idée m'est alors venue de susciter un questionnement sur ce qui est bon et mauvais à travers notre perception de la poésie», raconte Jean-Marc E. Roy.

L'ironie consiste à voir des gens connus habiter des textes pas toujours transcendants, leur conférer un surcroît de noblesse grâce à leur don pour la communication. «En parallèle, j'ai joué avec les codes qui sont branchés ces temps-ci, comme la désaturation et le plan épaules», précise le diplômé de la cuvée 2004.

Il existe une parenté entre son humour équivoque et celui du peintre Julien Boily, représenté par une toile format géant accrochée face à l'écran où est projeté Puisqu'il le faut. L'oeuvre en question, intitulée Nature morte de barquettes de styromousse, a l'air si réaliste que le visiteur distrait croira voir une photographie.

«J'ai eu recours à des objets contemporains pour recréer l'esprit des natures mortes. Ce tableau provient d'une exposition en solo tenue en 2012, à la galerie Langage Plus d'Alma. Il s'en dégage une atmosphère de mélancolie», estime l'artiste originaire du Lac-Saint-Jean.

Le saut dans l'inconnu

Depuis qu'elle a complété sa maîtrise en art en 2004, Cindy Dumais, a vécu les joies et misères inhérentes à la condition d'artiste. «En sortant de l'UQAC, j'ai passé quatre ans dans le vide, sans emploi stable. C'était dur», reconnaît celle qui, depuis quelques années, enseigne l'art au Cégep de Chicoutimi, tout en étant chargée de cours à l'université.

Elle se souvient des dossiers qui étaient refusés, de ceux qui ont reçu un meilleur accueil, et évoque l'importance de ne pas voir trop loin en avant. S'il reste difficile de concilier le travail et la création, son double emploi lui permet d'être plus sélective, de n'accepter que les projets qui la motivent.

«Il y a autre un avantage qui tient aux contraintes de la création. Le fait d'y est confrontée m'aide à guider les étudiants. Eux aussi vivent ces problématiques», fait valoir Cindy Dumais, dont la contribution à L'espace des possibles comprend des pièces récentes et d'autres plus anciennes.

La plus curieuse du lot est une sculpture taillée dans un bloc de cire posé sur un socle. «Au début, je voulais juste créer une forme, ce qui m'aurait permis de travailler sur l'idée du socle qui, lui-même, devient une oeuvre en se prolongeant dans la cire. Puis, j'ai voulu faire un sourire un peu sinistre», décrit l'artiste.

Les dents trouvées sur eBay ressortent de l'ensemble. On dirait une gargouille, tandis que l'aquarelle accrochée tout près, sur laquelle on remarque deux autoportraits, montre des corps qui semblent se défaire, comme si la peau s'était liquéfiée. C'est l'écho d'un thème récurrent chez elle.

«J'avais le goût de suggérer une confusion entre le corps et son intériorité, sans que ce soit de l'ordre de la blessure. Dans ce tableau-miroir, je me questionne sur l'art, sur la matière qui s'offre à moi, et l'aquarelle me donne plus de liberté en permettant la douceur», énonce Cindy Dumais.

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