Cynthia Dinan-Mitchell à Espace Virtuel

Le stade ultime de la subversion

Cynthia Dinan-Mitchell a eu un coup de génie... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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Cynthia Dinan-Mitchell a eu un coup de génie en installant ce miroir. Il place le visiteur au coeur de son exposition présentée jusqu'au 17 avril, au centre d'art Espace Virtuel de Chicoutimi.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Daniel Coté
Le Quotidien

C'est le stade ultime de la subversion: rendre séduisantes, voire charmantes, des oeuvres au contenu équivoque. Gainsbourg l'avait fait en confiant la chanson Les sucettes à une France Gall à peine sortie de l'enfance et dans un registre différent, telle est la démarche explorée par Cynthia Dinan-Mitchell à la galerie Espace Virtuel, jusqu'au 17 avril.

Il suffit de pousser la porte de cette composante du Centre Bang nichée au coeur du Cégep de Chicoutimi, pas loin des bureaux de l'administration, pour succomber à la tentation. On entre alors au pays du bleu pâle, du noir et du blanc, dont on retrouve la trace doucereuse à l'intérieur d'un bol de céramique et sur un mur de papier peint.

Le dessin, très fin, fait penser aux motifs gravés sur les tasses de thé destinées aux collectionneurs. Sauf qu'il n'y a ni princesse, ni paysage bucolique sur lesquels on pourrait verser du Darjeeling. Des personnages évoluant dans un décor champêtre arborent des têtes d'animaux dont on ignore si ce sont des déguisements ou une partie de leur corps.

Une chaîne noire faite de tissu complète le portrait. C'est seulement dans la grande salle, de l'autre côté du mur de papier peint, qu'on en mesure l'importance. Elle traverse la pièce de part en part, en effet, créant un joli contraste par rapport aux oeuvres qui lui tiennent compagnie.

Une autre céramique, encore plus belle que la première, des papiers peints où cohabitent des chaînes et des papillons, des dessins encadrés reprenant le thème des humains aux têtes d'animaux: on baigne alors dans une drôle de félicité. Tout en admirant le travail de l'artiste, on se sent comme Alice dans son pays des merveilles. Un peu déstabilisé.

C'est déjà impressionnant, mais le coup de génie de Cynthia Dinan-Mitchell consiste en l'ajout d'un miroir bombé sur le mur du fond. Toute la pièce y est reflétée, mais aussi le visiteur, celui qu'on qualifie de regardeur dans le jargon des arts visuels. Du coup, il devient partie prenante du décor, par l'entremise de son image légèrement déformée.

L'artiste de Québec continue de manier l'ironie dans la dernière salle, plus petite et dans laquelle on aperçoit des céramiques représentant ses personnages fétiches. Puisqu'elle a placé ces oeuvres devant un mur de papier peint, il est intéressant de voir se tutoyer le 3D et le 2D, tout en se laissant gagner par le climat d'étrangeté qui émane de ce lieu.

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