Théâtre La Rubrique

Les leçons de Pinocchio

Pinocchio a maille à partir avec deux prédateurs... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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Pinocchio a maille à partir avec deux prédateurs épousant les traits d'un renard et d'un chat, ce qui crée de nombreux rebondissements que les amateurs de théâtre pourront apprécier une nouvelle fois cet après-midi, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Daniel Coté
Le Quotidien

On croit connaître Pinocchio parce qu'on sait que ce personnage est fait en bois, que son nez s'allonge à chaque fois qu'il ment et que son père, le vieux Gepetto, vit dans une misère abjecte. Ce qui est moins évident, c'est le caractère subversif de cette histoire qui sera racontée une dernière fois aujourd'hui, à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière.

Couronnant une série de représentations scolaires planifiées par le Théâtre La Rubrique, cette séance destinée au grand public, prévue pour 13h30, intéressera autant les adultes que le public âgé de six à dix ans auquel elle est destinée. Tous seront émerveillés par le décor et le jeu des comédiens, ainsi que par l'éternelle jeunesse du texte de Collodi.

Le spectacle conçu par le Théâtre Tout à Trac, avec la complicité de la Place des Arts et du Tennessee Arts Center, injecte d'abord une dose d'humour par l'entremise de Gepetto. Le pauvre homme peine à redresser l'affiche où son nom est inscrit, ce qui a amusé les élèves du primaire qui, hier avant-midi, formaient le gros du public. Ils ont trouvé bien drôle, aussi, l'apparition d'une bûche que l'homme a voulu faire brûler jusqu'au moment où elle a pris vie.

Quitte à geler plus longtemps, l'artisan dont personne n'achète les jouets épargne le bout de bois dans lequel se cache un pantin capricieux. Pinocchio n'est pas sympathique, en effet. Il crie, se plaint de n'avoir qu'une pomme à manger et refuse d'aller à l'école, un lieu incompatible avec sa conception du bonheur.

On aurait le goût d'en faire des cure-dents, mais Gepetto est trop bon pour se priver de celui qu'il appelle son compagnon de misère. Il pousse le dévouement jusqu'à solder son manteau pour lui acheter un manuel scolaire, un modeste patrimoine que l'autre, tête de linotte, se hâtera de dilapider.

Le voici qui devient chanteur, rêvant de gloire et d'argent sous l'impulsion d'un couple de parasites épousant les traits - jolis - d'un renard et d'un chat. Ils lui feront vivre une descente aux enfers dont l'épisode le plus éclairant survient lorsque Pinocchio gagne quelques pièces d'or en se donnant en spectacle.

Le pantin veut acheter un manteau à Gepetto, mais les prédateurs lui vendent l'idée qu'il deviendra millionnaire en confiant son pécule à la bourse. Comme dans la vraie vie, c'est un attrape-nigaud au même titre que le Champ des Miracles où, pour siphonner son dernier écu, le duo envoie Pinocchio, qui ambitionne de se transformer en être de chair et d'os.

Le plus beau de l'affaire est que ce conte moral constitue un divertissement de premier ordre. Le décor imposant, montrant l'atelier de Gepetto, mais aussi d'autres lieux habilement suggérés (le sauvetage en mer du vieil homme, par exemple), renferme des trouvailles comme ces têtes et ces pantalons qui bougent au rythme d'une chanson interprétée par le pantin.

Le jeu des comédiens est à l'avenant, très expressif, parfois proche de la caricature dans le cas des prédateurs, mais toujours juste. Pendant un peu plus d'une heure, ils donnent un coup de jeune à l'histoire de Pinocchio, montrent qu'il y a encore pas mal de sève dans sa tête de bois.

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