Les sept dernières paroles du Christ à la cathédrale

Un moment de grâce signé Haydn

L'Ensemble Talisman a offert une interprétation sentie du... ((Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie))

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L'Ensemble Talisman a offert une interprétation sentie du chef-d'oeuvre de Haydn, Les sept dernières paroles du Christ, à l'occasion d'un concert tenu dans la chapelle de la cathédrale de Chicoutimi.

(Photo Le Quotidien-Rocket Lavoie)

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Daniel Coté
Le Quotidien

«Je vous souhaite une belle crucifixion», a lancé le violoniste Luc Beauchemin aux 200 personnes rassemblées dans la chapelle de la cathédrale de Chicoutimi, hier après-midi. Une touche d'humour avant d'aborder avec ses camarades Les sept dernières paroles du Christ, l'oeuvre de Haydn devenue indissociable de la Passion.

Il faisait chaud pour cette quatrième édition du concert donné le Vendredi saint par L'Ensemble Talisman. Complété par la violoniste Marie-Aude Turcotte, l'altiste Bruno Chabot et la violoncelliste Isabelle Harvey, le quatuor n'étrennait pas uniquement son nom. Ce rendez-vous marquait le lancement de son album consacré à la pièce qu'il s'apprêtait à revisiter.

Le public, qui ne comprenait pas que des têtes blanches, a été plongé au coeur du drame dès les premières secondes. Une attaque nerveuse, aux accents déchirants, a ramené à l'esprit les films sur la Passion que la télé diffusait jadis. Ce fut l'occasion d'apprécier l'acoustique de la chapelle, qui a aussi le mérite de garder les musiciens près des gens.

L'abbé Jean Gagné a ensuite lu le premier d'une série de textes relatant des paroles attribuées à Jésus. Il venait de parler des deux larrons lorsque le quatuor a laissé échapper des notes plus hautes qu'à l'ordinaire. On pouvait y voir une forme de transcendance à laquelle répondait le grondement inquiétant du violoncelle.

Telle une prière, la composition de Haydn a ainsi déroulé sa trame tantôt mélancolique, tantôt sereine, parfois très douce. Pas étonnant qu'au cours du quatrième mouvement, l'espace de quelques secondes, Luc Beauchemin ait esquissé un sourire. Il aurait fallu être sourd pour résister au frissonnement céleste que généraient les violons et l'alto.

Ceux qui croient que l'univers classique est empesé auraient dû assister au sixième mouvement, celui qu'annonce Jésus en disant: «J'ai soif». Après avoir résisté de toutes ses forces au besoin de tousser, Marie-Aude Turcotte a dû s'avouer vaincue, au point d'avaler quelques gorgées d'eau pour retrouver son erre d'aller.

Le groupe a alors cessé de jouer. Le public a applaudi spontanément et Luc Beauchemin a trouvé les mots qu'il fallait pour détendre l'atmosphère: «Au Conservatoire, on dit aux élèves: ''Vivez ce que vous jouez''. Marie-Aude a bien appris la leçon.»

Puis, c'est reparti comme si de rien n'était. La musique, toujours livrée avec finesse, est redevenue légère, sombre, enveloppante comme le soleil qui s'était insinué dans la chapelle en faisant mine d'ignorer que Pâques, c'était seulement dans deux jours. La preuve que même une vilaine toux ne saurait gâcher un moment de grâce.

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