Marie-Michèle Bergeron à l'oeuvre de l'autre

Les séquences du quotidien

Marie-Michèle Bergeron tient l'un des livres animés qui... ((Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque))

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Marie-Michèle Bergeron tient l'un des livres animés qui font partie d'Un autre jour, l'exposition qu'elle présente jusqu'au 25 mars, à la galerie L'Oeuvre de l'Autre de l'UQAC. Il est trop gros pour qu'on puisse simuler le mouvement en tournant les pages.

(Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Daniel Coté
Le Quotidien

Les gestes du quotidien. Les séquences qui balisent la plupart des actions posées à l'intérieur de sa résidence, qu'il s'agisse du rituel du lever, de la préparation des repas ou du lavage de la vaisselle. Tels sont les ingrédients d'Un autre jour, une exposition de Marie-Michèle Bergeron proposée jusqu'au 25 mars à la galerie L'Oeuvre de l'Autre de l'UQAC.

La jeune femme, dont c'est le projet de fin de maîtrise, n'a pas eu besoin de chercher loin pour trouver l'inspiration. Mère de deux filles, dont la minuscule Augustine qui est âgée d'un mois à peine, elle connaît chaque repli de son logis de Saint-Prime.

Il était donc naturel que l'une des créations soumises à l'examen du public, depuis quelques jours, prenne la forme d'un vidéo tourné dans sa cuisine. Il montre l'étudiante de l'UQAC en train de faire la vaisselle. Elle y met tout le soin nécessaire, sauf qu'une fois sèches, les assiettes aboutissent sur le plancher où, bien sûr, elles se cassent.

Plus loin dans la salle, on remarque une table de salon trouée au milieu et posée en dessus d'une lampe suspendue. Celle-ci a l'air banale jusqu'au moment où un mécanisme la fait tourner de manière désordonnée. L'image est jolie, mais encore une fois, on réalise que quelque chose s'est défait en chemin.

«Le mouvement circulaire qu'effectue la lampe évoque la notion de répétition. Quant à la table altérée, elle symbolise le salon, un lieu où on socialise. J'ai ajouté un trou pour une question d'esthétique», a mentionné l'artiste au cours d'une entrevue accordée au journal.

Elle qui aime dérégler les choses, comme le faisait Chaplin en son temps, a poussé le bouchon encore plus loin avec ses livres animés. Il y en a cinq, dont un qui comprend 1161 photographies qu'on devrait faire tourner avec les doigts pour créer l'illusion du mouvement. Il faut dire devrait parce que l'objet est trop gros pour se prêter à un tel exercice.

«Il y a un côté sarcastique dans le fait de recourir à un procédé qui ne fonctionne pas. Ce projet constitue d'ailleurs le point de départ de l'exposition, puisqu'on voit une assiette en train de se recoller. Ça évoque le lavage de la vaisselle, l'intimité, la famille», décrit l'universitaire.

On comprend pourquoi la symbolique de la maison représente l'élément central de sa maîtrise en art. L'objectif consiste moins à contester qu'à susciter la réflexion. «Je souhaite que les gens passent un beau moment en explorant une part de mon intimité. Mes oeuvres sont des objets qui réalisent des performances», énonce Marie-Michèle Bergeron.

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