Isabelle Boulay à La Baie

Dans les pas de Serge Reggiani

Isabelle Boulay a mis ses pas dans ceux... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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Isabelle Boulay a mis ses pas dans ceux de Serge Reggiani, vendredi soir, au Théâtre du Palais municipal de La Baie. Le public a été séduit par cette rencontre au sommet entre deux interprètes d'exception.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Daniel Coté
Le Quotidien

À sa dernière incursion dans la région, à la fin de 2013, Isabelle Boulay avait causé une certaine perplexité au sein du public. Des gens grognaient en quittant le Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, jugeant cette sortie trop brève, s'étonnant que la voix ait laissé voir quelques fêlures. Ils ne reconnaissaient plus leur interprète favorite qui, pourtant, avait précisé qu'elle sortait d'un marathon d'enregistrements justifiés par sa participation à La Voix.

Depuis ce temps, un album est sorti, Merci Serge Reggiani. C'est aussi le titre du spectacle qui a été proposé vendredi soir, au Théâtre du Palais municipal de La Baie. Le répertoire est plus classique. Pas de titres country, ni d'excursions du côté du rock alternatif. Juste un piano et un violon auquel était parfois substituée une basse ou une guitare, voire un ukulélé.

Le défi était réel, puisque la grande chanson française n'est guère de saison. À part Brel et Aznavour, c'est comme si une chape de plomb était tombée dessus, d'où l'intérêt du projet piloté par Isabelle Boulay. Non seulement a-t-elle réussi à s'approprier le répertoire de Reggiani, mais la chanteuse avait retrouvé sa forme habituelle. On pouvait donc parler de doubles retrouvailles, ce qui a fait le bonheur de ses fans qui occupaient les trois quarts du parterre.

Pour montrer en quoi cette artiste est spéciale, mentionnons Le vieux couple, où la guitare de Marc Papillon-Ferland tenait compagnie au piano de Benoit Sarrasin. C'est bien Isabelle Boulay qui chantait, avec ses jolies inflexions, sa sensibilité, mais ceux qui étaient familiers avec la version originale pouvaient aussi la faire rouler dans leur tête, comme en surimpression. On aurait dit un duo, mais d'un genre inédit, mi-réel, mi-cosmique.

Il y a eu de belles réinventions, aussi, comme Il suffirait de presque rien où le violon faisait des pizzicati, tandis que le piano épousait des accents pop. C'était rafraîchissant, au même titre que la version de Sara où les musiciens ont tricoté un blues à percolation lente, toute basse dehors. Isabelle Boulay, qui en parlait comme d'un titre viril, a vite fait oublier ce détail en affichant une retenue de bon ton.

Elle a beaucoup insisté sur les textes, également, et celui de Ma fille, écrit par Eddy Marnay, lui a donné raison en illustrant le caractère intemporel du répertoire de Reggiani. «Cette chanson m'a aidée à comprendre mon père», a confié la Gaspésienne avant de la reprendre avec beaucoup de délicatesse et sans doute un brin d'affection. Ainsi a pris fin une soirée vraiment charmante, une rencontre au sommet entre deux interprètes d'exception.

Dcote@lequotidien.com

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