Les souvenirs de Reynolds Morissette

La belle histoire des Jaguars

On est loin de l'époque où Reynolds Morissette... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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On est loin de l'époque où Reynolds Morissette jouait sur une batterie conçue à l'aide d'un baril de vin. Le vétéran musicien, qui a vécu la belle aventure des Jaguars, a toujours bon pied, bon oeil, à 70 ans.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Daniel Coté
Le Quotidien

Reynolds Morissette parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, pour reprendre la formule d'Aznavour. Son histoire commence au début des années 1960, en ce jour historique - du moins dans les annales de la musique au Saguenay-Lac-Saint-Jean - où le grand Bill Haley a joué à la défunte salle Granada d'Arvida en compagnie de ses Comets.

Alors âgé de 16 ans, le jeune homme avait développé un goût immodéré pour la batterie. Il s'était même "gossé" un kit à lui en modifiant un baril de vin. C'est donc avec une ferveur comparable à celle d'un pèlerin à Lourdes que le musicien en herbe fut témoin du spectacle.

«Je n'avais pas l'âge, mais j'ai quand même vu l'orchestre et ça m'a donné la piqûre. Bill Haley avait son style à lui», a souligné Reynolds Morissette il y a quelques jours, à l'occasion d'une entrevue accordée au journal. De Rock Around The Clock aux Jaguars, le groupe qui allait faire vivre de belles aventures à l'Arvidien, le temps a filé bien vite.

Il s'est écoulé un an, deux au maximum, avant que naisse la formation en 1962. Le frère du batteur, Gilles, partageait le travail à la guitare avec un ex des Vampires, Jean-Guy Cossette. Pour compléter le quartette, on avait recruté un cousin, le bassiste Doris Thibeault.

Succès immédiat

La popularité est venue pas plus tard qu'en 1963, grâce à une ballade intitulée Mer morte. «C'est un beau slow. Il joue encore à la radio», note Reynolds Morissette. À une époque où les traductions dominaient le marché, les Saguenéens se faisaient un point d'honneur de composer 80% de leurs pièces. C'était le cas pour celle qui demeure leur plus grand succès.

L'industrie du disque avait des réflexes particulièrement aiguisés dans les années 1960. Dès qu'une chanson avait l'air de cartonner, c'était une question de jours avant que la machine ne s'emballe. C'est ainsi que les Jaguars ont abouti au petit écran.

Vêtus de leurs costumes aux accents fauves, ils ont joué - ou mimé, ce qui correspond davantage à la vérité - Mer morte à Télé-Métropole, ainsi que Radio-Canada. «On a fait Jeunesse d'aujourd'hui et Jeunesse oblige et après, il y a eu plein de spectacles dans des lieux comme le Café de l'Est, à Montréal, et le Colisée de Québec», se souvient Reynolds Morissette.

La belle aventure a pris fin en 1968, alors que pour une dernière fois, les Jaguars ont interprété leurs compositions instrumentales et leurs chansons au centre sportif de Baie-Comeau. Après six ans, l'heure de vérité avait sonné. La vie adulte réclamait son dû.

«On n'avait pas d'éducation et c'est pour ça qu'on s'est retrouvés à l'école à ce moment-là. Moi, je suis devenu électricien et j'ai fait ça pendant 35 ans. Par contre, je n'ai jamais arrêté la musique», fait observer le jeune septuagénaire, qui réside toujours dans la patrie du 548.

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