Un délire de correspondance

Diogène hameçonné

Correspondance, Les nouvelles lectures de Diogène est présentée... ((Photo Le Quotidien, Michel Tremblay))

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Correspondance, Les nouvelles lectures de Diogène est présentée à la Salle Murdock du Centre des arts et de la culture de Chicoutimi jusqu'au 28 février.

(Photo Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Roger Blackburn
Le Quotidien

(Chicoutimi) Les nouvelles lectures de Diogène sont un véritable délire de correspondance raconté à la manière du Capitaine Bonhomme avec des personnages qui font rebondir l'aventure à chaque courriel.

L'auteur Martin Giguère fait tremper son personnage Diogène, l'illustre clown noir intellectuel, dans une arnaque internet qui garde les spectateurs prisonniers des réponses et des courriels échangés jusqu'à la toute fin, dans un suspense plein de rebondissements.

La pièce de théâtre relate des faits vécus, on dirait du théâtre-réalité. L'histoire commence par la réception d'un pourriel que Diogène découvre dans sa boîte de courrier électronique le 16 octobre 2014. Une certaine Experanza de Rego, qui vit au Bénin (près de la Hollande précise la correspondance), gravement malade en phase terminale, l'interpelle. Elle a une fortune de 1 825 000 euros à donner. Pour recevoir l'argent, qui devra servir pour la bonne cause, Diogène doit faire parvenir la somme de 420$ dollars au notaire de la dame pour payer les frais d'administration afin que lui soit versé le magot de cette femme qui a travaillé dans le pétrole au Koweït à une certaine époque.

La correspondance entre le notaire et Diogène, qui écrit sous le pseudonyme de Fred Carton, un homme aussi gravement malade de Chicoutimi, durera un mois et demi. Au début les courriels du notaire sont de simples copier-coller de formules de courtoisie et d'information pour indiquer comment s'y prendre pour obtenir l'héritage de la vieille dame et l'importance de verser 420$ pour faire avancer le dossier.

Notre clown noir pousse son impertinence jusqu'à entreprendre un échange de correspondance avec le notaire en lui posant des questions précises en espérant que le fraudeur informatique se laisse embobiner. Surprise, l'arnaqueur du Bénin se met tout à coup à personnaliser ses réponses et à entreprendre des échanges d'informations avec Fred Carton qui est alité à l'hôpital.

C'est du vrai délire, les spectateurs sont surpris de courriel en courriel des réponses du notaire. Diogène ne sait plus quoi inventer pour continuer de correspondre avec l'arnaqueur sans avoir à verser les 420$ demandés. C'est là que l'auteur, dans un éclair de génie, invente d'autres personnages qui se joignent à l'aventure.

L'auteur fera dire à Diogène, plusieurs fois pendant les 90 minutes que dure la présentation, «je ne pensais jamais qu'on allait en arriver là». Au plus fort de l'échange, le notaire du Bénin doit répondre à quatre personnes différentes se laissant prendre au jeu des manipulations du clown noir qui se fait passer pour ces quatre personnes différentes avec chacune leur adresse courriel.

Pour que le spectateur suive bien l'échange de courriels, Diogène a installé des chaises sur la scène avec le nom des personnages qui interviennent et il lit les courriels en changeant de chaise pour que le spectateur puisse mieux suivre l'histoire et savoir qui dit quoi à qui. C'est par moment rocambolesque.

Seul sur scène, Martin Giguère effeuille la correspondance en la pimentant de commentaires. L'histoire se construit de courriel en courriel et la vingtaine de spectateurs présents mercredi soir ne demandaient qu'à savoir quelle serait la réponse de l'un et de l'autre. Le public attend le dénouement avec impatience.

Malgré une introduction un peu trop longue et pas vraiment nécessaire, le plaisir commence dès la première lecture des échanges entre l'hameçonneur et le clown imprévisible. De surprise en surprise, Martin Giguère rivalise d'imagination dans cette production originale présentée à la Salle Murdock du Centre des arts et de la culture jusqu'au 28 février du mercredi au samedi à 20h.

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