L'Étoile de Chabrier

L'opérette qui charme et fait sourire

Voici l'une des belles chorégraphies imaginées par Dario... ((Photo Mariane L. St-Gelais))

Agrandir

Voici l'une des belles chorégraphies imaginées par Dario Larouche, le metteur en scène de L'Étoile. Les interprètes utilisent des pneus afin d'appuyer leur propos.

(Photo Mariane L. St-Gelais)

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Coté
Le Quotidien

(Chicoutimi) Demeurer en vie est une affaire compliquée dans les 36 Royaumes du roi Ouf. C'est encore plus vrai en cette période de l'année où le souverain cherche une victime parmi les siens, une personne qui, parce qu'elle se montre hostile au régime, sera empalée publiquement pour le plaisir du citoyen.

Drôle d'atmosphère. Atmosphère drôle aussi, alors que s'ouvre L'Étoile de Chabrier, l'opérette dont la première a eu lieu hier soir, au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi. Cette production de la Société d'art lyrique du Royaume, qui sera offerte à nouveau ce soir et demain (à 19h 30 et 14h), affiche rapidement ses couleurs.

Devant une structure métallique au-dessus de laquelle on distingue la silhouette d'un astronome, le peuple, incarné par le choeur, chante en empruntant le ton feutré qu'affectionnent les conspirateurs. Et déjà, tout est là: l'interprétation nuancée, la musique aussi légère et jolie, ainsi que l'humour exprimé par le roi, qui apparaît sous un déguisement.

Campé par le ténor Éric Thériault, dont le talent comique produira des tonnes de sourires tout au long de la soirée, il déboule presque, son corps massif penché vers l'avant. On dirait un obus avec des pattes, une caricature de tyran qui ne fait pas oublier qu'aujourd'hui encore, en maints endroits, le théâtre et la réalité se confondent.

L'histoire est relativement simple. Ouf s'apprête à rencontrer la princesse qui doit devenir son épouse. Un bonheur ne venant jamais seul, il trouve aussi un candidat au pal, un vendeur nommé Lazuli. Les problèmes commencent lorsque Sirocco, son astrologue, apprend au roi que son sort et lié à celui du jeune homme. Si celui-ci meurt, lui aussi périra.

La mort pour rire

Pendant deux heures, les péripéties se multiplient au son de l'orchestre dirigé par le chef Jean-Philippe Tremblay, qui fait bien ressortir la finesse de la partition. On voit défiler une galerie de personnages colorés: la princesse Laoula, l'ambassadeur Hérisson, son épouse Aloès et son secrétaire, dont l'interprète est le Jonquiérois Jean-Sébastien Turgeon.

Plusieurs de leurs interventions sont rehaussées par des trouvailles de mise en scène, gracieuseté de Dario Larouche. La scène du début, avec les parapluies ouverts, tout comme la chorégraphie de quatre solistes avec des pneus, ou celle des jupes suggérant des vagues, font partie des images qui risquent de s'incruster dans la mémoire du public.

Un charme équivalent est généré par les photographies projetées derrière la scène, une idée de Christian Roberge. Un lustre et des dorures font croire qu'on se trouve dans un palais, tandis qu'un mur de pierre ajoute une touche lugubre au moment où le roi sent venir sa dernière heure.

Ça a l'air dramatique, mais il ne faut pas se méprendre. La mort, omniprésente, ne constitue qu'un ressort comique dont les interprètes tirent toute la substance. La soprano Marianne Lambert, qui prête ses traits à Laoula, l'illustre fréquemment par l'entremise de son chant, d'une justesse remarquable, de ses cris et de sa gestuelle volontairement extravagante.

De son côté, la mezzo Maude Brunet rend bien la verve de Lazuli, tandis que le ténor Dion Mazerolle et la soprano Pascale Beaudin forment une paire agréablement dépareillée dans les rôles de l'ambassadeur colérique et de son épouse en mal d'affection. Le ton est très délié, parfois même coquin, ce qui a manifestement plu aux spectateurs.

Ceux qui étaient présents hier soir ont vu se perpétuer la riche tradition de l'opérette au Saguenay-Lac-Saint-Jean, tout en appréciant les efforts consentis depuis quelques années afin d'en renouveler la forme. Cette version de L'Étoile a beau se décliner sur trois actes, elle passe quasiment trop vite.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer