Du jazz, de la rousse et un peu de scotch

Un jeudi soir au Bar à Pitons

Guy Tremblay exécute un solo au saxophone pendant... ((Photo Jeannot Lévesque))

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Guy Tremblay exécute un solo au saxophone pendant le programme livré jeudi soir, au Bar à Pitons de Chicoutimi. C'était dans le cadre d'une soirée spéciale, la première de l'année, pendant laquelle le groupe maison a accueilli quelques invités, dont le guitariste Ovide Coudé (assis au pied de la scène).

(Photo Jeannot Lévesque)

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Daniel Coté
Le Quotidien

Jeudi soir, aux alentours de 22h30. Le stationnement est presque plein, ce qui est de bon augure pour la première activité spéciale de l'année dans le cadre des Soirées jazz et scotch du Bar à Pitons. Même si le temps est doux, quelques fumeurs et vapoteurs sont agglutinés près de l'entrée, comme pour récupérer un ou deux degrés supplémentaires.

Ils ont sacrifié un bout de musique, mais le groupe niché sur la modeste scène, mené par le saxophoniste Guy Tremblay, ne souffre pas de solitude. Une quarantaine de personnes l'écoutent dans un silence impressionnant. C'est à peine si on entend murmurer au-dessus des pintes de bière, nettement plus prisées que le scotch (la tendance est très rousse).

Assis sur un banc minuscule, au pied de la scène, le guitariste Ovide Coudé prend le relais du sax pendant quelques minutes. Son jeu fluide, très élégant, montre, si besoin était, que les Bleuets maîtrisent la note bleue. Derrière lui, la batterie et la contrebasse tricotent un beat enjoué, vaguement caribéen. L'hiver, soudain, n'existe plus.

Le public, qui regroupe autant de jeunes que d'amateurs aguerris, salue les efforts des uns et des autres par de brèves salves d'applaudissements, parfois des cris. Il est plus nombreux que d'habitude parce qu'en cette soirée spéciale, on a invité quelques interprètes à se joindre à la formation maison, celle qui reste fidèle au poste, 52 jeudis par année.

Ovide Coudé compte parmi les oiseaux de passage, tout comme le batteur Pierre-David Girard, ainsi que les saxophonistes Guillaume Tremblay et Andréa Doucet. Ils font du «in and out» aux côtés de Guy Tremblay, du contrebassiste Antoine Simard et du guitariste Jean-Sébastien Bordages. À titre exceptionnel, le batteur Pascal Beaulieu joue au maître de cérémonie.

«Les soirées spéciales ont été créées l'été dernier, grâce à une subvention du Conseil des arts de Saguenay. Elles nous ont permis d'amener plus de musiciens et de travailler davantage sur la publicité. De cette manière, on a élargi notre public», raconte la gérante du Bar à Pitons, Roxanne Landry.

Ni censure, ni limites

Quatre autres soirées spéciales auront lieu d'ici au 28 mai, soit celles consacrées à la relève (26 février), au percussionniste Pierre Tanguay (12 mars), aux compositions de Guy Tremblay (30 avril) et au légendaire Wayne Shorter (28 mai). Rencontré pendant la première pause, Guy Tremblay confirme la présence de nouvelles têtes dans la salle.

C'est ainsi que depuis quatre ans, les Soirées jazz et scotch se sont enracinées dans le paysage culturel, procurant une jolie tribune aux musiciens d'ici. «On joue dans un contexte qui n'est pas guindé et on ne subit aucune censure en ce qui touche l'approche, note le saxophoniste. On est libres d'aller dans le free, le be-bop, de jouer heavy si ça nous tente.»

Au retour de la pause, le groupe est tout de même demeuré consensuel, ce qui ne signifie pas qu'il était mou. Plusieurs interprétations ont donné lieu à des interventions senties de Guillaume Tremblay, parfois un brin torturées. Elles avaient la vigueur d'un Islay redoutablement phénolique, alors que les solos de Guy Tremblay épousaient la rondeur d'un Macallan.

Trève de scotcheries, cependant, il faut mentionner l'autre ingrédient qui contribue au succès des soirées: la salle qui abrite le Bar à Pitons. Ses murs de pierre sont plus vieux que le jazz, puisque la construction de la maison Price a été amorcée en 1860. Et elle est petite, si petite que le Côté-Cour de Jonquière pourrait l'avaler deux fois.

Dans ce lieu qui invite à la convivialité, on comprend que certains spectacles durent longtemps. «Des fois, l'été, ça se peut qu'on n'ait pas besoin d'allumer nos lumières de char en partant», lance Guy Tremblay avec humour. De quoi perpétuer la mystique du jazz, celle des limites constamment repoussées, celles de la musique, du temps et des lois.

Dcote@lequotidien.com

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