Un musicien aussi généreux que doué

Christian Gagnon laisse un grand vide

La région a perdu l'un de ses musiciens... ((Courtoisie))

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La région a perdu l'un de ses musiciens les plus appréciés à la suite du décès de Christian Gagnon, dimanche. Le claviériste a été associé à d'innombrables projets au fil de sa carrière, dont l'un des plus durables fut son association avec le chanteur Karl Roos.

(Courtoisie)

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Daniel Coté
Le Quotidien

(Chicoutimi) Le destin peut se montrer cruellement ironique. Le claviériste Christian Gagnon était l'un des piliers du spectacle bénéfice Des Bleuets et du coeur et justement, c'est ce coeur qu'il avait grand, ouvert à toutes les bonnes causes, qui lui a fait défaut dimanche.

Ce vétéran de la scène musicale est décédé à l'âge de 55 ans, dans sa résidence du lac Sébastien. Outre sa conjointe Josée Bourassa, il laisse dans le deuil une large communauté regroupant ceux qui ont partagé la scène avec lui, de même que le public qui l'a suivi dans ses différentes incarnations, de la chanson à texte au répertoire de Pink Floyd, en passant par le jazz.

« Christian a roulé à fond dans sa passion pour la musique. Tous ceux qui en font dans la région le connaissaient », a souligné Josée Bourassa hier, au cours d'une entrevue accordée au Quotidien. Présent à ses côtés, l'un des complices du disparu, Karl Roos, avait peine à contenir son émotion.

« Il était tout pour moi », a résumé le chanteur d'origine belge. Parmi les souvenirs qu'il chérira jusqu'à son dernier souffle, celui de leur première rencontre occupe une place de choix. C'était il y a 13 ans, alors que l'artiste se préparait à donner une première série de spectacles dans sa région d'adoption.

Un pianiste lui avait fait faux bond à quelques jours d'avis et on l'avait mis sur la piste de Christian Gagnon, dont les états de service comprenaient une formation d'organiste au Conservatoire de musique de Chicoutimi, une belle carrière sur le circuit des pianos-bars, ainsi que des collaborations au sein de différents groupes.

« Ça prenait un homme de coeur pour surmonter le choc culturel découlant de mes origines belges. Ma façon de demander quelque chose peut être différente, par exemple, mais jamais Christian ne s'est impatienté. Lui qui ne voulait plus faire de scène a appris 22 chansons, dont plusieurs compositions. Il a été un frère pour moi », confie Karl Roos.

L'expérience fut si gratifiante que le claviériste s'est associé à d'autres projets par la suite, qu'il s'agisse du groupe Black Side, spécialisé dans le répertoire de Pink Floyd, ou de la formation jazz dont faisait partie son collègue Denis Landry. En même temps, il accompagnait des chorales à tous les dimanches, à Saint-Honoré et Saint-David-de-Falardeau.

Karl Roos a bénéficié de ce réseau de contacts lorsqu'il a créé le spectacle Des Bleuets et du coeur, il y a sept ans. Cette initiative ayant pour but d'aider les démunis n'aurait pas vu le jour autrement. « Comme je n'étais pas connu, je n'avais aucune crédibilité lorsque j'ai fondé ça. C'est Christian qui m'a permis de démarrer la machine », relate son ami.

Leur ultime rencontre a eu lieu le 27 décembre, au lac Sébastien. Les deux hommes ont fait de la musique ensemble, accompagnés par leurs proches. « On s'est bien amusés », décrit Karl Roos, à qui il n'est jamais venu à l'esprit que cette séance improvisée tiendrait lieu de cérémonie des adieux.

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