La mosaïque de la résilience

L'incendie du pont Dubuc, qui a privé les automobilistes de l'arrondissement... (Jeannot Lévesque)

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Jeannot Lévesque

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Roger Blackburn
Le Quotidien

(CHICOUTIMI) L'incendie du pont Dubuc, qui a privé les automobilistes de l'arrondissement Chicoutimi du seul lien routier entre la rive nord et la rive sud du Saguenay il y a un an, a transformé le pont de Sainte-Anne en pont des sourires pour Samuel et Gaétan Taillon ainsi que pour Marie-Pier Houde.

Amateurs de photos, les trois résidants de Chicoutimi-Nord ont décidé d'immortaliser les sourires des gens qui traversaient le pont vert à pied pour gagner la rive nord. «Je leur disait montrez-moi votre sourire pendant que vous en avez encore un, parce que je savais que ça risquait d'être long», raconte Gaétan Taillon qui a réalisé une mosaïque de sourires le 11 décembre 2013.

C'est son fils Samuel qui a eu l'idée de faire des photos des gens en ce matin du 11 décembre. «J'ai dit à mon père qu'on devrait immortaliser les visages des gens qui traversaient tout souriants malgré le froid et les inconvénients de la fermeture du pont Dubuc. J'étais impressionné par le fait que la bonne humeur était au rendez-vous alors que les gens avaient toutes les raisons d'être contrariés», explique Samuel qui a réussi à convaincre son père et une amie de l'université d'embarquer dans ce projet de photos.

Le matin du 11 décembre, les trois photographes ont capté le sourire des piétons. «On s'est levé à 6 h du matin. Samuel et Marie-Pier arrêtaient les gens et leur demandait de sourire l'instant d'une photo, moi je restais en retrait et je photographiais les gens qui se laissait prendre», raconte Gaétan Taillon.

«Les gens de Chicoutimi-Nord ont un très fort sentiment d'appartenance à leur lieu de résidence. On leur disait à la blague qu'on faisait un reportage sur la migration des gens du nord vers le sud; ça les faisait rire», commente Marie-Pier Houde qui a en souvenir plusieurs anecdotes de ce matin froid. Les trois photographes ont pris pas moins de 1000 photos ce matin-là.

«J'intercepte trois personnes et je leur demande si je peux faire une photo d'amis. Ils m'ont dit qu'ils venaient juste de faire connaissance et que leur contact était dû à cette mésaventure de la fermeture du pont», raconte la photographe qui n'a que de bons souvenirs de cet épisode de pont fermé.

«Pour les gens qui vivent au nord de Chicoutimi, voir la rivière Saguenay matin et soir est comme un besoin vital. On a besoin d'une dose d'eau et de prendre cette dose quotidienne en marchant au-dessus de la rivière, ça faisait du bien. Je suis convaincu qu'aujourd'hui il y a des gens qui vont être fiers d'avoir fait partie de cet événement et qui vont se raconter comment ils l'ont vécu avec un grand sourire», estime Gaétan Taillon qui n'a pas vu de gens négatifs lors de la prise de photos.

Les amateurs de photos ne savaient pas ce qu'ils allaient faire avec tous ces clichés. «Je pensais en terme de reportage au début, mais les sourires nous ont inspiré une belle mosaïque», fait valoir Samuel Taillon qui a déjà enseigné la photo à l'UQAC.

Ce projet père et fils qui a aussi mobilisé Marie-Pier Houde se retrouve maintenant sur une mosaïque de 84 photos qui montre plus de 150 sourires de gens résilients qui ont su capitaliser et transformer un inconvénient majeur en adoptant une attitude positive. «Au final, estime Gaétan Taillon, ce fut une occasion pour les gens de montrer leur débrouillardise et leur solidarité".

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