Marie-Ève Munger lance son premier album à la Salle Orphée

Un retour au centre du monde

Marie-Ève Munger était de retour parmi les siens,... ((Photo Jeannot Lévesque))

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Marie-Ève Munger était de retour parmi les siens, hier soir, afin de livrer des airs français que servent bien son expressivité, son sens du jeu et sa merveilleuse voix de colorature.

(Photo Jeannot Lévesque)

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Daniel Coté
Le Quotidien

(ARVIDA) D'une certaine manière, la Salle Orphée était le centre du monde, hier soir. De retour à Arvida, à l'endroit même où elle a suivi ses premiers cours de chant il y a 25 ans, la soprano Marie-Ève Munger a donné un récital intime afin de souligner le lancement de son premier album, Colorature, en compagnie de la pianiste Louise-Andrée Baril.

«Merci d'être là. C'est excitant de sortir un disque et je suis heureuse de revenir ici, à l'Atelier de musique de Jonquière», a confié la chanteuse au début du programme. Autour d'elle, des flocons de neige suspendus au plafond, de même qu'un arbre de Noël, faisaient écho au froid mordant qui régnait à l'extérieur. Ils étaient jolis, mais pas autant que les interprétations offertes par les deux complices.

De larges tranches de Colorature ont été servies, ce qui a permis de découvrir des oeuvres du répertoire français conçues expressément pour les voix de cette nature. Elles sont haut perchées, propices aux envolées, mais c'est moins leur dimension pyrotechnique que sa sensibilité, son sens de la nuance mis au service d'une grande expressivité, qu'a fait ressortir Marie-Ève Munger.

C'est ainsi qu'elle a abordé deux airs de Debussy, Coquetterie posthume et Regret, écrits pour une soprano qui était également son mécène. Beaucoup de passion, de romantisme exacerbé dans le premier, tandis que l'autre laissait filtrer une langueur émouvante. Comme l'a mentionné la chanteuse, en entendant ces compositions, il est difficile de croire que ces deux-là n'ont pas été des amants.

Un peu plus tard, Debussy est revenu à l'avant-plan grâce à une pièce retrouvée récemment dans un grenier parisien. Baptisée Les Elfes, elle possède un caractère épique, alors que l'interprète incarne tour à tour «des nymphes, des chevaliers, des fiancées mortes et des chevaux». Ce fut l'occasion d'apprécier son talent de comédienne, autant que ses attributs vocaux.

Une autre révélation fut le Concerto pour colorature, une oeuvre de Glière dont on a entendu l'Adagio. C'est particulier parce qu'il n'y a aucun mot, juste des vocalises portées par une musique séduisante. On pense à la mélancolie distillée jadis par Claude Léveillée, au Concerto pour une voix de Saint-Preux popularisé par Danielle Licari.

Marie-Ève Munger s'est à nouveau signalée par son extrême souplesse, conférant beaucoup de relief à cette composition où, peut-être en raison de l'absence de paroles, le jeu de Louise-Andrée Baril a semblé encore plus lumineux. Le public, impressionné, s'est levé d'un bloc afin de saluer cette performance.

Le moment était bien choisi pour entendre la pianiste, cette fois de vive voix. «C'est un répertoire inusité, merveilleux à découvrir. Ce sont aussi des plages difficiles à exécuter et je ne connais personne qui pourrait les enfiler avec autant de facilité", a-t-elle indiqué. Venant d'une dame qui a collaboré avec tant de chanteurs, sur des dizaines d'albums, ce fut l'équivalent d'un adoubement.

Quelques airs comiques ont ajouté une touche festive au concert, dont une curiosité de Poulenc, Les mamelles de Tirésias. «C'est la première pièce féministe», a précisé Marie-Ève Munger avant d'incarner une femme heureuse de perdre ses protubérances et de se voir pousser une barbe parce qu'elle rêve d'acquérir la liberté d'action dont jouissent les hommes.

La soprano était rayonnante sur la petite scène, fière de présenter son album et contente de chanter devant des visages familiers. Elle a quitté la région très tôt ce matin en direction de New York, mais sera de retour dimanche à 14h, à l'occasion d'un concert de Jeunesse en choeur au profit de la paroisse Sacré-Coeur de Chicoutimi. C'est sa mère, Gisèle Munger, qui assurera la direction musicale.

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