Associée aux métiers d'art depuis 24 ans

Le dernier salon d'Hélène Boivin

Hélène Boivin prendra sa retraite au début de... ((Photo Michel Tremblay))

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Hélène Boivin prendra sa retraite au début de décembre, après 24 ans au service de la Corporation des métiers d'art du Saguenay-Lac-Saint-Jean. L'ancienne coordonnatrice, qui vit sa dernière édition du Salon des métiers d'art en tant qu'organisatrice, a vu cet événement émerger d'un creux de vague afin d'atteindre sa vitesse de croisière.

(Photo Michel Tremblay)

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Daniel Coté
Le Quotidien

(Chicoutimi) Après 24 ans de loyaux services, Hélène Boivin vit son dernier Salon des métiers d'art en tant qu'organisatrice. Celle qui a longtemps occupé la fonction de coordonnatrice au sein de la Corporation des métiers d'art du Saguenay-Lac-Saint-Jean prendra sa retraite le 5 décembre.

Plusieurs raisons justifient ce départ, notamment l'âge et le désir de fréquenter ses petits-enfants plus assidûment. Il faut ajouter la progression d'une maladie avec laquelle l'Arvidienne compose depuis 2000 : la sclérodermie. Malgré l'appui accordé par son mari Sarto Hébert, malgré la compréhension affichée par les membres du conseil d'administration, elle pose son lot d'obstacles.

« Mon corps produit trop de collagène, ce qui rend la peau dure et réduit ma dextérité. J'ai quand même travaillé parce que je suis une fonceuse et que je garde un bon moral, mais ça a nécessité un certain encadrement », a confié Hélène Boivin cette semaine, lors d'une entrevue réalisée à l'hôtel Le Montagnais de Chicoutimi.

Le Salon des métiers d'art était bien lancé. Même en après-midi, on peinait à circuler dans les allées, signe que la 34e édition, qui prendra fin demain, s'inscrira dans le droit fil des précédentes. Ceux qui fréquentent l'événement depuis quelques années seulement pourraient croire qu'il en a toujours été ainsi, mais ce serait une erreur.

« À mon arrivée en 1990, André Dallaire avait reçu le mandat de relancer la corporation à la suite d'une crise budgétaire. Il m'avait demandé un coup de main pour le salon tenu au Holiday Inn d'Arvida et on avait juste 15 membres actifs, comparativement à 78 aujourd'hui. Je m'étais juré que ce serait ma dernière édition, mais comme Dominique Michel, je suis revenue », rapporte Hélène Boivin en souriant.

L'effet mélamine

Parmi les facteurs qui plombaient le salon, Hélène Boivin identifie l'image des métiers d'art, légèrement passéiste, ainsi que l'engouement des Québécois pour la mélamine. Les choses ont progressé depuis ce temps, comme l'illustre l'apparition d'une nouvelle génération d'artisans soucieux de s'inscrire dans l'air du temps.

« C'est rendu que nous accueillons de 10 à 15 nouveaux membres à chaque année », se réjouit l'ancienne coordonnatrice, qui vient de céder son poste à Lana Pedneault. L'autre élément qui a favorisé la relance, à ses yeux, fut l'entente conclue avec Le Montagnais en 1995. Après deux ans, le nombre d'exposants avait tellement professé qu'on a occupé trois salles au lieu de deux.

Néanmoins, Hélène Boivin refuse de porter des lunettes roses. Elle qui est devenue l'amie de plusieurs artisans sait que derrière les trésors qu'ils offrent au public, derrière les kiosques toujours plus beaux, toujours plus invitants, se cache une dure réalité. « Faire d'autres salons les oblige à vivre dans leurs valises. Ça demande de l'organisation », fait-elle observer.

Ce qui la déçoit, c'est que leur statut n'est pas toujours reconnu à sa juste valeur. Quand on leur demande de participer à des festivals et qu'on n'offre aucune rémunération, par exemple, ça l'insulte : « Pourquoi les musiciens ont un cachet et pas eux? Ce sont des gens créatifs, en même temps que des gens sensibles », énonce Hélène Boivin.

Elle-même s'est investie dans les métiers d'art, en particulier lors de ses sept années passées à Schefferville. Cette ville lui a beaucoup plu, même si la vie dans le nord représentait « six mois d'huile à mouches et six mois d'huile à chauffage ». « Je cousais, je travaillais le cuir et je faisais des manteaux en laine bouillie pour les enfants », se souvient l'Arvidienne.

En dépit de la maladie, elle a la ferme intention de renouer avec la création dans les prochains mois. « Je vais me remettre à peindre et j'ai l'intention de faire quelque chose avec le bois de grève que je ramasse depuis quelques années, à Saint-Gédéon. Et c'est sûr que je reviendrai donner un coup de main au salon », promet la future retraitée.

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