Projet du cinéaste Patrick Bouchard et l'Atelier d'arts plastiques de Jonquière

Des marionnettes et 12 images/seconde

Le cinéaste Patrick Bouchard affirme que le décor... ((Photo Rocket Lavoie))

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Le cinéaste Patrick Bouchard affirme que le décor avec lequel il travaillera, à compter d'aujourd'hui, lui permettra de jouer sur les atmosphères.

(Photo Rocket Lavoie)

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Daniel Coté
Le Quotidien

(ARVIDA) Les Ateliers d'arts plastiques de Jonquière avaient l'apparence d'une ruche, hier. Toute la journée, une dizaine d'adolescents inscrits dans un programme arts-études planchaient sur les personnages qui, à compter d'aujourd'hui, seront intégrés à un court métrage d'animation tourné en compagnie du cinéaste Patrick Bouchard.

Ce projet de médiation culturelle est financé par la ville de Saguenay. Il a été soumis par Regard sur le court métrage au Saguenay, qui diffusera le film au cours de l'édition 2015. « Pour la première fois, ces jeunes artistes présenteront une oeuvre à des gens qui ne font pas partie de leur entourage », fait valoir Sylvie Poisson, directrice du volet jeunesse au festival.

C'est une façon de stimuler leur imagination, ainsi que le désir de concevoir des projets plus personnels. Chacun des participants a été invité à concevoir un personnage, à la faveur de séances de travail étalées sur une semaine. Il y a eu des dessins, puis on est passé à l'étape de la fabrication, si bien qu'hier, il ne restait qu'à tailler les vêtements.

« Tout le monde a eu carte blanche et ç'a donné un genre de prêtre, une personne en fauteuil roulant, un barbier, un bûcheron et plein d'autres choses. Ces créations mesurent six pouces et sont formées de pièces en pin reliées par du fil de cuivre », décrit Frédéric Guay, professeur en arts visuels.

Même s'ils n'étaient pas prêts à « jouer » dans le film, qu'il restait des détails à peaufiner lors du passage de l'équipe de reportage du Quotidien à l'heure du midi, les personnages possédaient beaucoup de personnalité. Cela trahissait l'expérience acquise par les adolescents, habitués qu'ils sont à confectionner des marionnettes.

Un décor magnifique

Le tournage du court métrage, qui n'a pas encore de titre, aura lieu à la Salle Marguerite-Tellier de la Bibliothèque municipale de Chicoutimi. L'équipe y élira domicile pendant trois jours, à compter de ce matin, et gravitera autour d'une maquette représentant un espace urbain à la fois charmant et « magané ».

« Elle a été faite il y a cinq ou six ans en vue d'un autre tournage. On peut ouvrir les portes des bâtiments, soulever les toits pour filmer à l'intérieur », explique Frédéric Guay. « Ça devrait avoir de la gueule. Il existe une belle dynamique entre les édifices », ajoute Patrick Bouchard, qui a fait connaissance avec le décor il y a une semaine, par le biais d'une photographie.

Ceux qui sont familiers avec son travail, les courts métrages Dehors novembre, Bydlo, Les ramoneurs cérébraux et Révérence, ne seront pas étonnés d'apprendre que le film sera produit à l'aide de la technique du « stop motion ». Il s'agit de produire l'illusion du mouvement en photographiant des objets à répétition, après les avoir légèrement déplacés.

« Nous allons fonctionner à 12 images/secondes en utilisant une caméra normale, ainsi que le logiciel Dragon Frame. Il n'y a pas de scénario et mon rôle consistera à intégrer chacun des personnages, qui seront manipulés par leurs concepteurs. Puisque le décor est magnifique, on va l'exploiter au maximum. L'histoire se déroulera la nuit et je jouerai sur les atmosphères », énonce le cinéaste.

Les délais étant très courts, il a dû renoncer à quelques artifices, notamment la parole. « C'est trop compliqué. On entendra juste des sons et de la musique », révèle Patrick Bouchard. Il y a aussi le fait que dans un contexte professionnel, trois jours équivalent à dix ou 15 secondes de film, ce qui serait insuffisant pour rendre juste à un projet comme celui-ci.

Pour se rendre à deux minutes, ce qui représente le seuil minimal à ses yeux, le Saguenéen devra se montrer astucieux. « Il faudra suggérer des choses à travers l'action et les cadrages », donne-t-il en exemple. L'équipe sera très sollicitée, mais ça ne l'empêchera pas de recevoir le public demain, de 13 h à 16 h. Ce sera l'occasion de voir le film en gestation, en attendant la prochaine édition de Regard.

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